F.n Trançais: Mariolte Fleur de seigle
UNE DETTE DE CŒL'H
Ils se mirent en marche. (Page -4.)
— Oh ! Dieu, cher monsieur, que cela sera bon. Si mon père pouvait être avec nous!
— Où est votre père ?
La voix de l'enfant changea tout à fait d'accent, elle répondit d'un ton plein de tristesse :
— Mon père est mort.
— Depuis longtemps?
La petite fille compta sur ses doigts amaigris et murmura.
— Un, deux, trois, quatre... cinq jours, monsieur.
Pas plus de cinq jours!... Hélas! le père de cette misérable famille avait-il été victime de la famineV
Le jeune homme n'osa pas adresser cette question à la petite fille, il tourna la tête vers la mère, et vit qu'elle était de quelques pas en arrière, et qu'elle avançait avec peine, et en chancelant, à côté de Franz.
Il s'approcha d'elle et lui dit :
— Femme, cet enfant est trop lourd pour vous. Ne saurait-il marcher un peu?
— Le pauvre agneau dort, monsieur, réponditelle. 11 est un peu malade... de fatigue. JNous sommes en route depuis l'aube de cette longue et rude journée.
— Venez, donnez-moi l'enfant; je suis fort, je le porterai, s'écria Victor.
Et, malgré sa résistance, il lui prit son cher fardeau.
Le petit garçon n'ouvrit pas les yeux, et, croyant sans doute que c'était toujours sa mère qui le portait, il jeta les bras autour du cou de Victor, et le tint étroitement serré.
Un sentiment de (ierté singulière faisait battre le cœur du jeune homme. Il avait la conscience d'accomplir une noble tâche, et cela le rendait heureux comme un roi.