I.A MAISON IILEIE
menarant, parce que j'ai parlé aver mépris d'Isidore l'oinnuMlepiii.
La femim' lloniis se mil à verser aussi d'abondantes larmes, et elle dit en levant les veux au eiel:
— Pauvre Simon, mon malheureux (ils!
— Pauvre Simon ! pauvre Simon ! s'écria Annetle sans ciMUprendre exactement ce i\h\ ajjitait si lort sa mère.
— kale, 4^ Kate, s'écria la vieille femme, pourrais-tu consentir à ce mariai,'e? Pourrais-tu donner le coup de la mort à ce pauvre Simon ?
— Consentir? Oh ! non, jamais, jamais! .Mais je ne sais pas ce (|ui se passe; mon père n'est plus reconnaissable ; il prévoyait ma résistance, et cepemiant il parait prêt à faire un malheur si je continue à reluser. El ma n)ère aussi est aveuijlée par la colère. Hélas! s'ils me conlraijinaient à épouser Isidore le vilain boiteux, que je hais, <|ue je déteste, soyez sure, mère Horms, que la cloche ne tarderait pas à sonner le j^las funèbre pour la pauvre Kaic...
— Et crois-tu que Simon n'en mourrait |)as de chaj,'rin?
Un sourire per<;a à travers les larmes de la jeune nile.
— Oli ! si l'on voulait alors nous mettre l'un à côté de l'autre au cimelièr»' ! murmura-t-ellc.
— Tais-toi, tais-toi, Kate, tu me brises lecteur! dit la nu'îre Simon qui luttait contie sa propre anxiété. O mariage n'est pas encore fait. Peul-élre tout espoir n'est-il pas perdu. Tu lésais: ton père est un homme emp(»rlé, mais il chani^e assez facilement d'avis.
— .Mais celte fois il n'en changera pas, di' la jeune fille en sou[)irant, et ma mère encore bien moins.
— Oui, nmn enfant, aujourd'hui les hommes sont terriblement portés pour l'arj,'ent. L'apothicaire, qui est très riche, a ébloui vos parents par ses belles promesses.
— Non, mère Horms, ce n'est |)as cela.
— (Juoi donc, alors?
— .le ne puis pas le dire.
— (Jue>l-ce (|ue cela signihe? P.irle fianchement. Kate. Voudrais-tu me cacher quelf|uc chose, lorsqu'il y va du bonheur et peul-élre de la vie de mon pauvre Simon?
— Je n'ose |ias; d'ailleurs, c'est inutile. Il y eut un moment de silence.
— Voyons, je t'en prie, je t'en supplie, Kate, dit la vieille letnme. Ne me cache pas les motif» de la rruaule de ton père.
— Serez-vous forte et resterez-vous calme? car ce ne sont que des paroles aux(|uelles aucune suite ne [leut être donnée.
— .le te le promets, Kate.
— Pensez donc, mère Horms, me» parents pn'-
lendenl que, si je me mariais avec Simon, je serais votre servante toute ma vie.
— Ma servante!
— Ils se liiiurent que vous garderez longtemps celle faiblesse dans les jambes, et ils disent qu'une fennne |)ercluse a besoin des soins constants d'une i,'arde-malade. Comme si je ne me sentais pas heureuse, mère Simon, de vous donner cetle |>reuve d'aiïectioii.
— Oh! mon Dieu! soupira la vieille femme avec de nouvelles larmes, ma maladie est donc la cause de la dureté de ton père envers Simon? Ah! cela me perce le cœur! Moi la cause du maliieur de mon lils?... Que ne puis-je mourir pour lui ! Quel n;oyen de le sauver?... Aucun sacrilice ne me coûterait trop cher... Si nous vendions notre petite maison, Kale?... Avec le produit delà vente, nous pourrions tenir une servante jusqu'à ce que Simon gagne assez d'argent.
— J'ai dit cela à mes parents, mais ils ne veulent pas en entendre parler. Ils ont une; autre idée; une vilaine, une aiïreuse idée. Si nous pouvions satisfaire en cela leur désir, alors mon père consentirait au mariage de Simon, à ce (|u'il dit; mais je crois que mes parents ne sont pas sincères, car ce qu'ils exigent est barbare et impossible.
— Dis-le-moi, Kate, je veux et dois le savoir, s'écria la mère de Simon.
— \ condition que vous ne le prendrez pas au sérieux, car ce n'est qu'un moyen inventé par mes parents, pour excuser leur changement de résolution. Ils savent aussi bien (jue nous qu'il est ridicule de parler de pareille chose.
— Mais de ([iioi ? Tu me rends malade d'impatience!
— Savez-vous, mère Horms, ce que mon père a dit hier au soir à Simon? Il lui a dit: « Tu peux épouser notre Kate à une condition : c'est que tu enverras la mère à l'hospice ».
— A l'hospice! ô ciel! moi, à l'hospice! s'écria la femme Horms en pâlissant.
— Mais pour(|u<»i vous effrayer ainsi? Qui de nous i)ourrail croire (|ue pareille chose serait possible.
- A l'hospice!.,, .à l'hospice! répéta la vieille femme en meiiant ses mains sur ses yeux. Ah! l'horrible idée!
Annetle avait pris sa main. Ses joues étaient humides de larmes.
— .Ne pleurez pas, chère mère, dit-elle, j'irai avec vous; je ne vous quitterai jamais.
La mère Horms serra l'enfant sur son cmnr sans rien dire. Son regard vague llotlait dans l'espace, et elle n'écoutait même plus les ( on»olations que lui prodiguait (Catherine. Klle parassait plongé dans de proloiides réllexions.