LE F II EUE
Tiens, chère sœur, voici deux baisers.
LA S(EUU.
Adieu, frère; dis à ma mère (|u'elle vienne bientôt; ne tarde pas non plus : je retrouverai indre père dans le ciel... El (|uand vmis serez venus tous deux, nous chaulerons enseinhle devant le trùne du Seigneur. Adieu, l'ange déploie ses ailes; — je monte avec lui vers la roule de lumière!
LE FUKIIE.
Morte \
r I N II K A N (; Y. y t ii f. h o n
Vers le milieu du mois de janvier 1831, deux compagnies du second régiment de chasseurs étaient campées à MoU, village important de la Campine, situé à deux lieues de distance environ de Gheel. A l'une de ces compagnies appartenaient le sergent-major et le fourrier qui, à Lichtaert, avaient tant contribué au bonheur de Frans Houtman et Lise Noppe.
Ils étaient logés au Cygne, une auberge située au milieu du village, et c'est là que les hommes de la compagnie allaient chercher leur viande et leur pain tous les deux jours, et leur solde tous les cinq jours.
Lorsqu'on considère, aujourd'hui, qu'à cette époque le moindre soldat belge recevait une paie
journalière de 52 centimes (25 cents de Hollande) et que, par conséquent, au bout de cinq jours, son prêt s'élevait à 2 fr. 60, qu'il ne pouvait dépenser pour ainsi dire qu'à boire, on comprendra quelles dépenses se faisaient dans le cabaret du Cygne, où les cent hommes de la compagnie venaient attendre, quatre fois au moins par semaine, la distribution de leurs provisions de bouche ou de leur paie.
Aussi le propriétaire de ce cabaret était on ne peut plus reconnaissant aux sous-officiers, dont la présence*lui valait des bénéfices si considérables. Pour leur prouver sa reconnaissance, il n'avait pas d'autre moyen que de leur servir les menus les plus alléchants et les mets les mieux préparés;