I.E MAI, IJL SIÈCLE
avec un muel respect, en liaissaiil le> yeux pnur ne pas lais>er vttir (ju'elle avait pleuré.
Mais Daniel s'avança vers elle et lui dit eu souriant avec alTabilité :
— Nï'tes-vous pas la petite Barhe? IJarhe, la petite jjardeuse de \aclies du Wulfhol? U mon Dieu ! comme cint| uu six ans chanijent les gens î Vuus voilà une femme toute laite 1
— Oui ! monsieur Daniel, répondit l.i paysanne, je suis Barbe, vutrc servante.
— VÀi ! eh ! s'écria le jeune homme en s'abaudonnanl tout à l'ait à son sentiment, vous mppelezvous encore comme j'aimais à aller avec vous dans la prairie? comme nous cuisions en cachette des pommes de terre sur un petit feu? Personne ne devait le savoir; mais nous étions bien heureux de noire gentille cuisine, n'est-ce pas?
— C'est une bonté de monsieur de se rappeler tes temps-là, dit Barbe d'une voix respectueuse. Nous étions enfants, monsieur; alors on ne sait pas bien la place ([u'on occupe dans le monde. Maintenant, vous êtes le maître de Wulfhof, et Barbe est votre humble vachère.
— Oui, vous demeurez encore au Yullhol, cela me lait plaisir. En vous voyant, je me rappelle les plu.> belles aimées de ma vie. Dites donc. Barbe, vous avez pleuré, je crois? Vous n'avez pourtant pas de chagrin, n'est-ce pas?
— Pas de chaiirin? répéta la jeune lille d'une voix sourde avec de nouvelles larmes dans les yeux. Pas de chagrin? On ne peut pas désirer la mort ; mais si je pouvais mourir !...
— Pauvre Barbe! dit Daniel d'un ton de pitié. Qu'est-ce (ju'il y a? dites-le moi; je serai heureux si je [mis vous venir en aide.
— Vous ne le pouvez |ias, nmnsieur, répondit la jeune hlle d'une voix découragée.
— tst-ce par hasard une afl'aire d'anmur?En effet, je me rappelle : il y avait quelque connaissance entre toi et mon domestique Josse; mais il y a cinq ans de cela.
— Oui, oui, c'est Josse qui me rend malhouleuM-, dit Barbe d'une voix plaintive; mais il y a quelque chose là dedans i|ue vous ne connaissez pas, monsieur. Lorsqu'il allait partir pour Paris, nous nous soinmes promis l'un à l'autre de nous marier aussitôt (|ue vous reviendriez. Ce i|ue Josse me dit alors, et comment il me sujtplia de lui rester tidele, je ne le répéterai pas. Pendant cinq longues années, je ne suis allée à aucune kermesse; je suis toujours restée à la maison en mi'moirc de lui, et, tous le> jeudis, comme maintenant, je suis venue devant la croix prier Dieu de le garder de tout mal. Je n'ai pensé qu'à lui seul. J'ai éparu'ué et amassé ainsi une as>e/ belle somme; mon oncle veut venir à notre aide, louer pour nous une pe-
tite terme sous Swevejihem et nous mettre en ménage. J'étais si heureuse, lorsque j'ai appris que vous alliez revenir, monsieur; je révais nuit et jour de ma ferme, et il me semblait (|ue j'aurais pu travailler pour vingt; je voyais devant mes yeux des vaches grasses, des champs verts, la bénédiction de Dieu, et le boidieur enfin dans ma petite ferme, et, au milieu de tout cela, Josse.
Elle se mit à pleurer tout haut et porta son tablier à ses yeux pour essuyer les larmes (|ui coulaient sur ses joues.
Daniel, ému à la vue de la sincère douleur de la jeune hlle, lui prit la main et dit :
— Calmez-vous, Barbe; dites-moi la cause de votre chagrin : peut-être pourrai-je faire quehjue chose pour vous aider.
— Ah! vous êtes bien bon, monsieur, dit la paysanne en soupirant, de vouloir bien avoir pitié d'une vachère ! Pensez un peu, j'ai attendu cinq ans... et, lorsque je cours au-devant de lui, dans la pensée qu'il va me revoir avec des larmes,... voilà qu'il se met à se nmquer de moi, à m'appekr sotte paysanne, et à crier qu'il ne se mariera jamais ! Oui, il a osé dire qu'à Paris il n'avait pas pensé une seule fois à moi ! ainsi sont les hommes; ils partent, ils s'amusent, ils vivent bien, et, quand ils reviennent, ils ont oublié ceux (ju'ils ont laissés la tristesse dans le cœur, et, pour toute récompense, ils ne leur rapportent (|ue l'insensibilité et la mo(iuerie !
Daniel parut embarrassé, ou honteux, des paroles de la jeune paysanne, comme s'il eût été le coupable qu'elle accusait. Peut-être une rédexion relative à sa propre situation lui passait-elle par l'esprit; peut-être reconnaissait-il entre Baibe et certaine autre jeune fille une ressemblance (|ui témoignait contie lui.
Quoi (juil en fut, il chassa cette pensée de son esprit et dit avec une douce alfabilité :
— Betournez consolée à la maison. Barbe. Je ramènerai Josse à de meilleurs senlimenls, rien n'est perdu.
— Non, nmnsieur, c'est inutile, répondit la jeune (illc, je n'en veux plus.
— Pourquoi, s'il veut tenir sa |)romesse?
— .\i>n,imn, ce n'est plus le Josse (|uej'ai aimé pour mon malheur. Il était bon, simple, pieux ; mainlenanl, il e>t fier, il boil, il jure et il ose se mo(iuer des choses (|ii'un chrétien doit respecter. Non, je n'en veux pins!
— Ce n'est pas tout à fait comme vous le dites, Barbe, dit le jemie homme d'un ton de douce plaisanterie. Vous avez prié trop ardemment au pied de la cru x . Je sais bien ce que vous demandiez à Dieu.
— Peut-ôlre, monsieur, répcnidit la jeune lille. i Je ne \eu\ plus de Josse pour mon mari; mais le
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Tous deux ili.~i>arureal dans le clieinin creux. (Page 3-.)
véritable amour ne s'éteint pas en un jour. J'étais venue ici prier Dieu pour Josse, et le supplier de ne pas permettre que l'âme de celui que j'ai aimé soit perdue. Je vous remercie mille fois de votre bonté ; mon chagrin se passera et se dissipera peu à peu.
Eu disant ces mots, la paysanne affligée reprit le sentier et s'éloigna de Dauiel.
— Mais Barbe, lui cria celui-ci, si Josse revenait à vous? s'il promettait d'être brave et bon et de vous aimer loyalement?
La jeune tille s'arrêta, leva les yeux au ciel, et répondit avec un profond soupir :
— Ah! il me semble que je pourrais encore tout lui pardonner!
Et, sans prendre garde davantage aux encourageantes paroles du jeune homme, et sans doiile honteuse de l'aveu qu'elle lui avait fait, elle poursuivit son chemin d'un pas rapide.
Daniel la suivit un instant des yeux et murmura en lui-même :
— Pure image de l'amour désintéressé ! l'aimer cinq ans! avoir vécu dans la solitude, esclave d'un sentiment; se voir trompée, raillée, insultée; et prier pour l'infuléle qui lui a déchiré le cœur! êlre déjà prête à tout pardonner à la première bonne parole! Quel trésor d'attachement renferme le cœur de cette naïve paysanne ! Nous, hommes du grand monde, qui nous estimons doués de sentiments délicais et raffinés, de science, de sens de la poésie, comme nous sommes impuissants en comparaison de celte innocente enfant des champs! Serait-ce que le vide se fait dans notre âme, à mesure que notre tête se remplit? mais pourquoi toujours raisonner, demander, examiner? Depuis une heure, il coule du baume sur mon cœur; à tort on a raison, j'ai cru un instant au bien. Si c est une illusion, pourquoi la repousser, puis-
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(|u"elle agit sur moi coiniiu' une coiisolanle visil»'?
Il fut (oui à coup Iwv lie sa piroccupalion par une voix qui, de loin, l'appelait par son nom. (i'i'tail <oii ami Gomliorl (|ui se liàta de le joindre et murmura d'un ton à demi méconlenl :
— Ah ça! je croyais que tu t'étais enfui seul à Paris! Depuis une demi-lienre, je suisà la rcclierclie. As-tu Itieii dormi D.initd/Ouaiità moi, je n'ai pour ainsi dire pu fermer l'œil de toute la nuit. Je crois que le vieux coquin a voulu se venger : j'ai entendu des vaches heujiler, des cochons gioirner et des chevaux frapper du pied, comme si j'eusse été couché au milieu d'une écurie... .Mais tu n'écoutes pas, je crois? Pour l'amour de Dieu, sois un peu |dus homme aujourd'hui. Sur ma parole, si tu continues ainsi, lu rentreras en enfance ou tu deviendras fou!
— Non, non, je me sens |)arfailement hieti, répondit le jeune homme; je ne donnerais ma promenade du matin pour rien au monde.
— Comment! qu'est-ce que? dit Gomhort en le regardant dans les yeux et en rianl. J'ai rencontré là une petite paysanne. Lorsque je lui demandai si elle ne t'avait pas vu, elle me regarda houche béante et les yeux eiïarés, et se sauva de moi comme si j'allais la dévorer? Elle avait pleuré; pourquoi?
— Cesse ces plaisanteries, dit Daniel. Voyons, promenons-nous un peu; je te raconterai, chemin faisant, ce (|ui a ranimé mon âme comnie par une force magique et rempli mon creur d'un doux contentement.
— .Mais je venais te prendre pour recevoir les comptes de l'intendant; pour la forme, naturellement: c'est moi qui les recevrai et les examinerai.
— Cela ne presse pas; nous reviendrons là parderrière, au WiiKhof.
Tout en marchant, le jeune homme commenra à raconter à Gomhert sa visite à la maisonnette de Jean le tisserand et à peindre «'là vanter, l'émolimi dans la voix, le nohie courage de la pauvre femme.
Son compagnon avait, de temps en temps, fait entendre un incrédule: * Ah hah! » ou lâché une plaisanterie. Son penchant à railler parut enciU'e grandir <|uand Daniel lui raconta son aventure avec la jeune paysanne, en peignant, sous de somhres couh'urs, la cruauté de son domr'stique Josse.
A la fin de son récit, le jeune homme dit :
— Il est possihle, Gomhert, (|ue les vertus désintéressées et les senlimenls purs ne se renronlrenl que chez les gens simples el naïfs; mais il suKit rju'il existent quelque part pour consoler l'homme et lui permetlre d'espérer. Tu ris?Doules-tu donc de la loyale -«incéritéderes pauvres gens innocents?
— Tu en doutes toi-même, dit Gomberl d'un ton railleur.
— l'our(iuoi me tromperaient-ils?
— Peut-être était-ce en effet leur secrète intention; uïais, en tout cas, ils se trompent euxmêmes
— Kl la preuve?
— Tu dois être aveugle, Daniel, pour ne pas le comprendre. La femnu; (|ui tissait à la place de son frère, elle était servante chez un fermier; elle devait obéir comme une esclave et travailler du matin au soir pour un morceau de pain amer. Arrive un accident, elle y voit le moyen d'entrer, comme maîtresse, dans une maisonnette où tout est prêt et qui lui offre, porte ouverte, la liberté et l'indépendance. Poun|uoi refuserail-elle? Travailler? .N'a-t-elle pas travaillé toute sa vie; et que ce soit au bénéfice d'un fermier ou de ses neveux, cela ne revient-il pas au même? ne gagnet-elle pas au change la (pialilé de maîtresse el l'indépendance?
— Pour l'amour de Dieu, tais-toi, murmura Daniel. Si je me suis trompé, laisse-moi ma consolante erreur!
— Kncore plus beau! maintenant tu voudrais être aveugle pour ne plus voir la lumière. Il est peut-être triste de ne pouvoir trouver le monde enchanté qu'on a rêvé dans ses années d'enfance; cependant, si on ne pouvait le rencontrer que chez les paysans, des rustres grossiers el des vachères, elle perdrait, j'imagine, bientôt le faux lustre dont la décore notre imagination. Allons, allons, il serait par trop étrange que le bon ne put exister que là où habilenl la stupidité et l'ignorance.
Daniel hocha la tête avec un triste doute; et, soit (ju'il ne sut rien répondre aux vives raisons de son ami, soit (ju'il fût courbé sous le découragement, il ne dit pas un mot.
— Et la jeune fille aux joues rouges? reprit Gomhert. Cette question est plus simple encore. Toutes les jeunes (illes veulent se marier; c'est un désir qui dure jus(|u'à ce (ju'il soit satisfait, dussent-elles altendrejusqu'à ce que leur cheveux grisonnent sur leur tête. La vachère a cru que son vœu de ciruj ans allait se réaliser; elle pleure parce qu'elle s'est trompée et qu'elle devra attendre de nouveau, Dieu sait combien de temps. (Jn'elle aime notre domesti(|ue roux et slupide, cela n'a rien d'étonnant : les femmes ont une prédilection particulière pour les hommes imbéciles el faibles. C'est par un secret égoisme, dont ellesmêmes n'ont souvent pas conscience, mais qui |)arle dans le cœur humain. Hien ne flatte plus la vanité des femmes que de pouvoir régner sur un homme. La vachère n'est pas si sollc, et elle a senti, dans ce sens, qu'elle ne pouvait avoir de
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meilleur mari que Josse; et elle l'a aimé parce que l'amour élait tout à son avantage... i'ouiquoi soupirer, Daniel? En quoi t'intéresse la vachère et que t'importe sa déception?
— Ne parlons plus de ces choses! dit Daniel du ton d'un douloureux découragement. Je ne sais, Gombert, mais il me semble que ta parole me verse du poison dans l'âme; et tu ne pourrais assurément mieux remplir la mission quand même tu serais le démon du désenchantement lui-même.
— Ah! ah! dit Gombert en riant, c'est là une amicale comparaison. J'aime cependant mieux te voir faire de l'esprit à mes dépens que livré à une attaque de nerfs. Le désires-tu, Daniel? Par condescendance pour toi, je me laisserai tromper par ciiaque apparence. Mais cela m'ennuierait cependant de courber volontairement la tête sous l'erreur,comme si j'étais trop lâche pour regarder en face la vérité de la vie.
Gombert devait exercer une domination sans bornes sur l'esprit de Daniel ; car, sous l'inlluence de ses paroles, il s'était fait un revirement complet dans l'expression du visage du jeune homme et dans toute son attitude. Ses yeux étaient devenus ternes et sans éclat, sur ses lèvres grimaçait le ricanement ironique du désespoir, sa tête était penchée sur sa poitrine, et, de temps en temps, un mystérieux frisson parcourait ses membres.
Son ami jeta sur lui un regard d'espion et dit :
— Pauvre philosophe, qui assure chercher la réalité et la vérité et qui tremble au moindre rayon qui essaie d'éclairer la nuit de ses illusions!... 11 me semble que tu commences de nouveau à te tordre les bras et à avoir des frissons. Parlons d'autre chose. J'ai vu tout à l'heure l'intendant. Ses livres sont prêts, et il nous attend pour nous exposer ses comptes. Vois à ne pas me contrarier dans mes efforts par une sensibilité mal placée. Il va de soi que le vieil avare tiendra les deux mains sur le sac. Laisse-moi faire, je le forcerai bien â la loyauté; il croit nous tromper, mais il a compté sans son hôte. J'ai jeté un regard aux alentours, et me suis fait montrer les propriétés par Josse du haut du balcon. Sois certain, Daniel, que le tout, pris ensemble, doit valoir quatre ou cinq cent mille francs. Quand les lettres de change que nous avons signées à Paris seront payées, il nous restera encore deux cent cinquante à trois cent mille francs; avec cela, nous pourrons reprendre sans souci notre ancien train de vie. J'ai un projet en tête. Si nous cherchions à fonder une maison de banque? C'est un commerce dans lequel je n'étais pas inexpérimenté autrefois. Je serais le directeur, nous pourrions en même temps jouer dans les fonds. 11 y en a de bien plus sots que nous qui ont trouvé à la Dourse une mine d'or; et ce
ne serait assurément pas un miracle si nos trois cent mille francs se multipliaient jusqu'à quelques millions...
11 était évident (|ue Daniel n'avait pas prêté la moindre attention aux paroles de son ami. Dans une sorle d'inconscience, le jeune homme avançait, et ne semblait pas même remarquer que Gombert avait cessé de parler.
Celui-ci tint un instant en silence sur lui un regard inquisiteur, lui frappa sur l'épaule avec violence, et dit en plaisantant :
— Quelque rêve enchanteur, n'est-ce pas, te ravit au troisième ciel? Comme tu me regardes, bouche béante ! Tu ressembles à un homme qui s'éveille en sursaut d'un profond sommeil. Et, cependant, je parie que je sais à qui ou à quoi tu penses.
— Impossible, murmura Daniel.
— Impossible ? Ah ! ah ! tu penses à Céleste !
Le rouge de l'embarras colora le front de Daniel, et il resta muet comme un accusé qu'on a contraint à l'aveu d'un crime.
Gombert parut accueillir celte révélation avec un sentiment de dépit et de colère; mais il comprima son émotion, s'approcha plus près de son ami et dit en marchant avec un calme remarquable dans la voix :
— En effet, Daniel, cette Céleste n'est pas laide, elle a de beaux yeux bleus et un front qu'on dirait taillé dans l'albâtre. C'est dommage que l'ensemble de ses traits soit immobile comme le visage d'un spectre et que cela fasse présumer que son cœur doit être froid et insensible comme un bloc de glace. Je ne voudrais pas me voir condamné â passer ma vie avec un telle statue de marbre.
Un soupir étouffé échappa au jeune homme. Son ami sourit mystérieusement et reprit :
— H parait que mes paroles t'attristent, Daniel? Il est si doux de croire qu'on est aimé, n'est-ce pas? même quand on ne sent pas d'amour réciproque! Pauvre rêveur, ne vois-tu pas que cet amour n'est qu'un piège que l'intendant a tendu sous tes pas? une duperie toute fondée sur l'égoïsme?
— Gombert, Gombert, tu calomnies ! s'écria le jeune homme. Je n'aime pas Céleste, mais je rends hommage à la loyauté, à la naïveté, au désintéressement de son penchant pour moi.
— Soit, Daniel ! tu es bien heureux que Dieu ait permis un miracle en ta faveur, et ait créé pour toi une femme qui ne soit pas comme les autres, une fdle de notre égoïste mère Eve. Et cette perle précieuse serait perdue dans ce désert? Allons, allons, élève ton esprit au-dessus de ce puéril espoir. Si tu n'avais ([ue tes qualités personnelles, assurément une demoiselle Céleste n'aurait pas gardé pendant cinq ans son cœur à ton service. La femme