I.E MAL DU SIKCLE
Les deux jeunes filles se turent et regartltrenl, l'une demi-souriauto, l'autre tromblanio, l'homme i|ui gravissait le olitMnin avoc liàle, bien (|u'avec une visible lassitude. Il marchait toujours la télé penchée, et ne se doutait certainement pas qu'on l'épiait attentivement.
Ilientot il eût passé ilevant les jeunes filles sans les remarquer, si Trine ne lui eut crié :
— Kh ! Josse, mon gardon, où vas-tu si vite que tu ne connais j)lns les gens?
— Barbe ! s'écria Josse en pâlissant et en levant les mains au ciel, comme si l'apparition imprévue de la jeune lille l'eût frapi)é d'elTroi et de saisissement.
La jeune lille, muette, le regarda, tandis qu'il essuyait la sueur de son front ; mais alors elle ilétourna les yeux pour comprimer son émotion et chercht'r de la force contre le sentiment (|iii voulait s'emparer d'elle.
— D'où viens-tu, pour l'ammir de Dieu? demanda Trine en riant. Tu ressembles à un échappé de prison. Tes cheveux sont on désordre ; il y a un pouce de poussière sur tes épaules. On sont tes beaux habits l't ton chapeau avec un galiui d'or?
— .Xh ! ne ti- morpie pas de moi, Trine, je suis si malheureux! ditJossf d'une voix plainlive et en joignant des mains suppliantes. Tout est perdu; mes habits, le peu d'argent (jiie j'avais épargné, et jusqu'à mon linge! Je n'ai plus au monde que ce que j'ai sur b* corps: je suis |>auvrc et misérable comme nn ver.
— Est-ce (jne M. Daniel l'a chassé?
— Je n'ai pas encore vu M. Daniel depuis que je suis parti de Paris avec ce vaurien de Gomberl pour prendre le dernier argent au Widfhof.
— Le dernier argent? Hue dis-lu? Don vienstu? Tu n'es cependant pas tombé du ciel?
— C'est une terrible histoire. Nous devions aller avec l'argent à l'aris retrouver M. f/aniel ; mais le traître Gomberl me fit accroire qu'il devait aller à .Vnvers pour faire à la Dourse une affaire d'argent pour .M. Daniel. A Anvers, nnns restâmes quelques jours logés dans un grand hùlel. Un certain matin, M. Gomberl me fit babiller à la hâte, me donna une lettre cachetée et me dit que je devais immédiatement aller à Bruxelles pour remettre cette lettre à la personne même dont le nom se trouvait écrit dessus. D saute avec moi dans un omnibus; il prend à la station nn billet pour moi et reste à regarder jusqu'à ce que le cornet ail fait entendre le signal du départ. J'aurais du sentir rpi'on était en train de me trahir; mais je n'avais j.as plus de soupçon qu'un enfant qui vient de naiire. A Bruxelles, je cherche pendant tonte la journée; je cours de rue en rue, de montagne en montagne: je montre In lettre h cin-
(|uante personnes; on n'a jamais entendu parler de rindividii à qui la lettre est adressée. Je reviens à Anvers: j'arrive à l'hôtel, et pensez un peu combien je fus déconcerté et effrayé. On me dit que .M. Gomberl était parti le même jour avec le bateau à vapeur anglais pour Londres.
— Avec l'argent (le M. Daniel ? dit Trine étonnée en l'interrompant.
— Oui, avec tout l'argent, dit douloureusement Josse en soupirant, avec les malles, avec mon linge et avec le peu d'argent (pie j'avais épargné à si grand'peine.
Barbe avait relevé les yeux sur Josse et écoutait avec une pitié cachée ce qu'il disait.
— Je crus mourir de chagrin, reprit-il ; je m'arrachai les cheveux et me plaignis à Dieu de ma slu;>idité; mais mes larmes ne servirent de rien. A peine voulut-on m'héberger encore une nuit dans l'hôtel par compassion. Le lendemain, je courais la ville comme un fou. Qu'allais-je faire? J'avais vu à Bruxelles un grand nombre de laquais qui étaient vêtus comme moi, et je crus que je pourrais peul-étre y trouver une place. Dans cette pensée, je repartis vers le soir pour Bruxelles. Je m'oll'ris dans vingt grandes maisons au moins. Partout je fus refusé. Le peu d'argent que j'avais était dépensé; j'ai vendu mon chapeau et mon habit de livrée pour ne pas mourir de faim. Je suis venu à pied de Bruxelles par Ninove et Aiidenaerde, pres(|ne sans manger ni me reposer; et me voici l'aligné, malheureux et si désespéré, que je voudrais être mort.
Barbe tourna la lêle de côté, pour essuyer une larme de ses yeux.
— Mais quelles sottises sont-ce là? murmura Trine. Pourquoi partir pour Bruxelles, pour y chercher une place? Ta place est à Paris près de M. Daniel.
— Oui! oui! répondit Josse, avec une triste ironie : M. Daniel n'a plus besoin de domestiqu'es. Il est encore plus pauvre (|ue moi; car il ne possède plus nn centime et a, de plus, des dettes.
— Bah ! je crois (jue tu rêves. Kt le Wulfhof ?
— Chargé d'liypolh(''ques pour plus que sa valeur, le Wulfhof n'a|)partient [dus à M. Daniel.
— Ciel! ciel! quelles terribles choses sont-ce là? s'écria Trine avec nn profond élonnement. Estu bien sur de ce que tu dis?
— .M. Gombert m'a tout explitpié, pendant notre sé'jour à Anvers. Je savais déjà depuis longlemj)S que les affaires de notre jeune inaitre étaient en mauvais étal: car, dépenser comme cola l'argent à pleines mains, cela ne pouvait pas durer.
Il régna un instant de silence.
Josse s'a[»proclia timidement de Barbe et lui dit (In ton d'un pénible repentir :
LE MAL DU SIÈCLE
— Tu ne veux plus me regarder. Barbe. Oh ! tu as bien des raisons de me mépriser. J'ai cruellement agi vis-à-vis de toi; j'ai récompensé Ion pur amour par la moquerie et l'impudence. Lâche imbécile que j'étais! Pour singer le mauvais Gombert, j'ai, par orgueil, feint que je ne t'aimais plus... Et cependant tu étais toujours, toujours devant mes yeux : ne sois pas fâchée, Barbe; je ne dis pas cela dans l'espoir que tu puisses me pardonner encore. J'ai mérité mon sort et tu aurais grand tort si tu ne me haïssais et ne me méprisais pas toute ta vie.
La jeune fille était à demi tournée vers Josse, et cachait ainsi les larmes qui une à une coulaient de ses yeux. Ellle était profondément émue et luttait avec effort contre le sentiment d'amour qui la poussait à tout pardonner au malheureux Josse.
— Mais, dis donc, que vas-tu faire ? demanda Trine. Tu ne peux rester au Wulfhof. Depuis le soir où tu t'y es enivré, l'intendant est très fâché contre toi. Il te chassera.
— Je le sais bien, répondit Josse. Si je suis venu au Wulfhof, c'est uniquement pour faire connaître à l'intendant que Gonibert s'est enfui en Angleterre, avec l'argent. M. Daniel attend sans doute son ami avec chagrin et inquiétude; l'intendant verra comment notre maître doit être instruit de tout cela, et s'il peut lui envoyer quelque secours. Dès que j'aurai rempli ce dernier devoir, je pars d'ici pour ne plus jamais y revenir.
Il se dirigea de nouveau vers la jeune fille, et lui dit, d'une voix altérée :
— Adieu, Barbe ; je vais me faire soldat pour me punir du mal que je t'ai fait. 0 mon Dieu, quand je serai en sentinelle, je te verrai toujours passer devant mes yeux, et je n'aurai plus de repos en ce monde. Oublie le méchant lourdaud qui a méconnu ton amour, mais songe parfois au pauvre soldat dans les prières.
Il se mit les mains devant les yeux, laissa tomber sa tête sur sa poitrine et s'éloigna à pas lents.
Barbe resta encore quelque temps irrésolue et immobile ; mais comme si tout à coup elle avait succombé dans la lutte contre son sentiment, elle s'élança du bord du champ dans le chemin, et s'écria d'un ton douloureux en courant après lui :
— Josse ! Josse ! arrête !
Il parut ne pas l'entendre et accéléra encore son pas. Cependant la jeune fille l'eut bientôt rejoint. Elle marcha à côté de lui, comprima ses larmes, et demanda :
— Tu vas être soldat, dis-tu, Josse?
— Oui, oui, dit-il en sanglotant, soldat pour ma vie ! Je serai malheureux, mais je l'ai mérité.
— Pourquoi désespérer de mon affection, Josse ? Si je te pardonnais tout, ne resterais-tu pas ?
— Ah ! tais-toi. Barbe ; tu es la bonté même, je le sais bien; et peut-être serais-tu encore assez miséricordieuse pour vouloir me consoler; mais je dois être puni, je dois souffrir pour mon crime. Laisse-moi aller ; abandonne-moi à mon sort; je ne suis pas digne que tu me parles encore.
— Josse, demanda la jeune fille d'une voix presque inintelligible, n'as-tu pas, au milieu de tes moqueries et malgré ta feinte froideur, continué d'aimer un peu Barbe?
— Cette question me perce le cœur comme un couteau, dit Josse avec désespoir. Quel sot orgueil m'avait aveuglé ? Chaque fois que je te voyais, mon cœur commençait à battre; si j'étais seul avec mes chevaux, je te voyais devant moi; la nuit je me réveillais en sursaut, parce que je pensais que tu m'appelais par mon nom. Oh! c'est inconcevable ! Pour paraître grand et fort, pour imiter, comme un singe que j'étais, le moqueur Gombert, je feignais de l'aversion et de l'insensibilité ! Si je n'y renonçais pas pour le salut de mon âme, j'irais là bas, derrière la chapelle, me noyer dans le marais.
Barbe saisit sa main, et dit avec une douceur indicible dans la voix :
— Josse, si je voulais oublier quel chagrin j'ai souffert par toi; si je t'aimais encore comme autrefois et si nous remplissions la promesse que nous nous sommes faite avant ton départ pour Paris, serais-tu plus brave, plus travailleur et plus craignant Dieu ? Travaillerais-tu, remplirais-tu tes devoirs comme il convient à un sage père de famille? ne jureras-tu plus? ne boiras-tu plus? me respecteras-tu et m'aimeras-tu ?
— Oh ! Seigneur ! Seigneur ! s'écria Josse les larmes aux yeux, je succombe presque en entendant seulement ta douce voix. Si je ne devais pas commettre un nouveau crime pour accepter ton généreux pardon, si le bonheur était encore possible pour moi, je travaillerais à m'user les doigts ; je regarderais tes yeux pour deviner tes moindres vœux; je te respecterais comme mon ange gardien... Mais cela ne peut être. Laisse-moi aller. Barbe, je suis un scélérat, un lâche.
— Reste et écoute-moi, dit Barbe en le retenant par la main. La petite ferme derrière Knocke sera libre dans un mois. C'est une jolie demeure avec toute sorte d'attirails de labour et cinq bouniers de bonnes terres fertiles; et, avec cela, un fermage assez bon marché pour se tirer d'affaire tout doucement. Mon oncle est tellement convaincu qu'une pareille occasion ne se présentera pas deux fois, qu'il a irrévocablement résolu de me faire fermière de la petite ferme..., et il veut pour cela me marier avec François Kenkelaer, de Sweveghem.
— Il veut te marier, répéta Josse en faisant de
LE MAL DU SIÈCLE
douloureuses coulorsioiis, avec l'ranrois Kenkplaer?
Sa U'Ie rolomba sur sa poiliiiio, tandis (ju'il poussait un soupir et ninrniurail avec déroura-
— Ton oncle a raison; Traurois est un Imn garroii; tu seras heureuse avec lui, liarbe...
— \ eux-lu l'Ire le fermier de la petite ferme, Josse? demanda la jeune (ille.
— Moi, fermier de la pi-tile ferme? Si c'était possible, ton umle ne serait pas aussi [,'tMiéreux que toi.
— Mon oncle ne me forcera à rien, Josse. S il s'est aujourd'hui mis en tète (juc je dois me marier avec François Kenkelaer, c'est seulement parce que lu m'avais repoussiîe et que tu riais parti. Allons, Josse, que tout soil oublié; redeviens brave et craignant Dieu comme auparavant, cl remplissons la promesse que nous nous sommes faite là-bas devant la chapelle au pied de la croix.
Comme accablé par l'inlinie btmlé de rexcellenle fille, Josse demeurait muet devant elle.
— Oh ! Josse, nous serons si heureux ! dit Barbe avec joie; tout ce que nous avons rêvé autrefois sera encore vérité; tu travailleras dans leschamps, je soi;,Mi('rai le bétail. Nous sommes forts et bien portanis, Dieu bénira notre Iravail; nous en sortirons tout doucement et nous épargnerons pour le temps où le ménage s'augmentera. Il y aura toujours de la joie; nous travaillerons et lemercierons le ciel de sa bonté. Ah ! il me semble que je te vois déjà après le travail, assis à côté de moi au coin de la cheminée, avec la pipe à la bouche et aussi content et aussi joyeux qu'un roi dans so:i palais... Voilà ma main, Jos>e, tout t'est j)ardouné. Dis oui, et, avant (|ue six semaines se passent, nous ôerons devant l'autel comme mari et femme.
Josse tomba à genoux dans le sable du chemin, et, tandis qu'un torrent de lai mes inondait ses joues, il levait, muet, les bras vers la jeune (ille.
Barbe lui prit les mains et voulul le relever, mais il résista à ses efforts et dit eu sanglotant :
— Oh ! laisse-moi te remercier à genoux ! Barbe, ll.irbe, lu serais un ange du ciel (|ue lu ne pourrais avoir un meilleur cœur. Je n'ai pas beaucoup d'cs|irit, je le sais bien, mais je sens pourtant et comprends avec clarté que je ne suis |ias digne de baiser le sable où tu as |)osé ton pied.
Klle réussit à le faire lever; il semblait épuisé et restait muet, comme si la force lui manquait pour parler.
— Eh bien, Josse, demanda la jeune (ille, es-tu content? Veux-tu être mon mari?
— Je serai lou douie>ti(|UP, ton domestirjue soumis pendinl toute ma vie' dit io-sc en sfuipirant.
— aNoii, non : mon ami, mon com|iagnon, mon
époux, lléjouis-loi, Josse; au lieu d'èlre soldat, tu seras fermier et maître de la plus belle petite ferme qu'il y ait à cinq lieues à la ronde. Et, si tu restes travailleur et brave, Barbe te respectera et l'aimera coiuiiie si jamais il ne s'était rien passé.
— .\h ! si je puis encore faire du bien dans le inonde, et je l'essayerai, — puisse le bon Dieu en reporter sur toi tous les mérites. Barbe !
— Tu parles si tristenient, murmura la jeune (ille d'un ton de reproche. I*our(|uoi ne lis-tu pas?
— Cela m'est impossible, Barbe; je dois pleurer, beaucoup pleurer; les larmes m'élouffenl, mais c'est de reconnaissance, de tro|) de joie, d'excès de bonheur !
— Ecoule, Josse, dit la jeune fille : je ne puis rester plus longtemps ici avec loi, l'ouvrage doit être fait, sans cela l'intendaiil serait fùclié. Ce soir, je lui demanderai la permission d'aller avec toi à Swevegliein. Il ne me le refusera pas. Demain, de très bonne heure, nous serons chez mon oncle et lui demanderons son consenlemenl. Ne crains rien, je suis sûre d'avance de ce consentement. Alhns, donne-moi a main, Josse, et sois courageux et tranquille jusqu'à ce que je vienne au Wnlfhof. A (jualre heures, nous aurons (ini ici. A tout à l'heure, Josse, à tout à l'heure !
— Qut; Dieu te bénisse, murmura Josse, tandis que Barbe retournait à pas lenls vers le chant de carottes.
Trim; était restée assise au bord du chemin à regarder sa compagne et Josse.
— Tu es restée bien longtemps là-bas, Itarbe, dit-elle. Je le comprends, un élcrnel adieu, n'estpas ? Cet imbécile ne mérite pas grande pitié, et cependant son malheur me fait peine. Devenir soldat pour la vie ! mais lu semblés toute joyeuse?
— Josse ne sera pas soldat, répondit Barbe avec un sourire de bonheur.
— .\li ! tu lui a mis cette idée hors de la tète.
— Il sera mon mari, et, dans deux mois, le fermier de la belle petite ferme derrière knockeî s'écria la jeune fille.
— Et Erançois Kenkelaer?
— Cela me fait peine, je suis reconnaissante, Miai> il n'habitera pas la petite ferme.
— Tu vas le marier avec Josse? avec un stiipide bavard (jui jure et qui boit ?
— A tout péché miséricorde, Trine; tu ne connais pas Josse; au fond, c'est un brave et bon gar- j çon. Viens un peu voir dans deux ans s'il ne sait pas cultiver f(unme le meilleur fermier... Continuons vite notre travail; et regagnons le temps perdu. Tout en travaillant nous pourrons encore |)arler un peu de ces étranges événements.
Allends un peu, dit Trine en reteiiani >a
compagne. Vois un peu là-bas ! Josse est encore
LE MAL DU SIÈCLE
dans le chemin ; madame de Berg et mademoiselle Céleste parlent avec lui.
— Il leur raconte sans doute comment M. (lombert s'est enfui en Angleterre avec l'argent de notre maître.
— Je crois plutôt qu'il est à se vanter parce qu'il va se marier.
— Tant mieux; c'est un signe qu'il est content.
— Fa'S attention, Barbe, ne te semhle-t-il pas que madame de Berg est fâchée? elle remue si fortement les bras ! si je ne me trompe, elle piétine dans le sable à faire voler la poussière autour d'elle.
— En effet, Trine, elle paraît fâchée. Qui est-ce qui peut l'émouvoir ainsi?
Elles restèrent longtemps, muettes et surprises, à épier les gestes de madame de Berg.
— Vois, vois, murmura Trine, mademoiselle Céleste porte un mouchoir blanc à ses yeux ! Pleurerait-elle?
— Oui, elle pleure !
— Madame de Berg savait-elle que notre jeune maître a dépensé tout son argent, et que le Wulfhof ne lui appartient plus?
— Non, el!e ne savait rien, Tr ine ; sans cela, la vieille servante m'en eût dit quelque chose.
— Oh ! ce stupide Josse ! je parie qu'il est en train de leur raconter ces belles choses tout au long... Vois, madame de Berg prend mademoiselle Céleste par le bras et l'entraîne dans le sentier. Josse continue son chemin.
— Allons ne perdons plus un instant. A l'ouvrage, et vile ! dit Barbe,
Toutes deux s'agenouillèrent au milieu des carottes et commencèrent un nouveau sillon.