‹ [Œuvres complètes de Henri ConscienceChapitre 27 sur 225 · I. t.iiliillc (|p t:.i\iilri'n · texte numérisé non relu

I. t.iiliillc (|p t:.i\iilri'n

LA FA>II LLE DIf MAIWN.

Elle éleva les mains vers le crucifix. (Page 28.)

montagne si haute, si haute, qu'ils ont pu se laver les mains dans les nuages. Ils étaient parvenus très près de ia lune, et ils avaient l'intention de grimper encore plus haut pour voir un peu ce qui se passe là dedans. Mais il commença à faire si bigrement... holà! — si terriblement froid, veuxje dire — qu'ils furent obligés de redescendre au plus vite, car le bout de leur nez et le bord de leurs oreilles étaient déjà gelés.

— Bah! bah! Ce Jacob plaisante, dit la veuve en riant. Les matelots savent raconter un tas de choses dont il ne faut pas croire un mot.

— Cela ne serait pas vrai, mère? Mais il Ta vu lui-même : il y était. Et ce n'est rien encore : il a

bien d'autres aventures qui vous feraient dresser les cheveux sur la tête si vous les lui entendiez raconter.

— Oh! Jean, dis-nous-eu quelques-unes, demanda Mariette.

— Je t'en prie, Jean, je te donnerai demain matin la moitié de ma tartine, ajouta Rosette.

— Eh bien, petites sœurs, ouvrez vos oreilles toutes grandes, et écoutez, reprit Jean en gesticulant vivement. Jacob était sur mer avec son navire. Il y avait eu une furieuse tempête, les vagues ballottaient le bâtiment deçà et delà, comme s'il allait à chaque instant s'abîmer dans le gouffre; ils avaient, avec deux autres navires, perdu leur chemin, et ne savaient plus où ils étaient. Depuis trois somaifles ils n'avaient plus rien vu que l'eau et les nuages. Bon. — Mais tout à coup ils aperçurent une grande île; ils y abordent avec une chaloupe, et parcourent pendant quelque teniits les côtes pour chercher un endroit propre à amarrer leur vaisseau. Ils apportent un câble au rivage avec un long pieu, et se mettent à frapper à tour de bras sur ce pieu avec un lourd marteau de fer. Leur étonnement va croissant lorsqu'ils voient que le

LA FAMILLE DU MARIN

pieu s'enluiut' ilaiis le sol Odiiiinc dans du IitMiir<'... Mais, ù ci«'l, au dixii'UU' couii df niarleau, l'ilc poussi' uu cri terrible qui lail treuibler le ciel, el le sol ctunuience à se mouvoir el à se secouer taut et si hieu que Jacnl) el ses coui|iajiU()U> sout culbutés seus dessus dessous, el qu'ils soûl liucés eu uu clin-d'œil par les Ilots de la nier; car ce uu'ils avaieul pris |)our uru* lie était uu poisson louji de plusieurs mille pieds; uu poisson uouimé krak ou kr.ikin, je ne sais plus trop bieu...

— Aie! aie! aïe. soupira Uosetli' toute tremblaule. Kt Jacob elail-il mort?

— Pas encore, pelile sœur; il nageait av.-c ses camarades vers le cauol; mais il était le dernier, et les autres, (|ui atteignirent le canot les premiers rabandounèreiil dans leau et voguèrent vers le bateau.

— iMéchanles gens! murmma Maiiette.

— Oui, petite s(eur, mais Dieu les cliàlia bieulùl. A peine lurent-ils sur le bateau, (|ue le kraken, — (|ui voulait se venger du pieu (|u'ils lui avaient enloncé dans le corps, — revint sous le na\ire, et donna uu si furieux coup de sa queue contre la (juille, (jue le vaisseau vola en l'air et lit au moins qualn- tours sur lui-même avant de retomber dans l'eau.

— Pauvres malheureux matelots! dit Koselle, ils lurent tous noyés, n'est-ce pas, Jean?

— Vous allez l'appremlre. Jacob était encore en train de se débattre dans la mer. Il aperçoit tout à coup le kraken qui nage vers lui en ouvrant une gueule grande comme la porte de Borgerbout, et des dents! des dents comme des hachettes! Jacob l'ait le signe de la croix et dit une prière; mais cela ne lui servit guère, car le poisson l'avala comme nous Taisons d'une moule fraîche.

La petite lîoselle se mit à |deurer.

— Et comment est-il sorti de lii?demanda-t-elle.

— C'est cela qui est le plus extraordinaire, reprit le conteur. L'intérieur de ce poisson était très spacieux, et Jacob pouvait s'y tenir assis ou debout, à sa guise. Après avoir examiné ce imuveau séjour, il ne tanla pas à s'ennuyer terriblement, lorsqu'il se souvint qu'il avait du tabac et une |»ipe dans sa poche, ainsi que des allumettes pho'^pboriques. Il en prit une, alluma >on brùle-gueule, el se mit à fumrr comme la cbemim''e d'une usine à vapeur. Jamais le tabac ne lui avait (ail plu- de jdaisir. — Hun. — Mais il n'avait pas songé (|ue le poisson Il .L-iit piul-élre pas habitué au tabac, et (|ue la luni.r rinron )derait. Kn effet, le kraken commença à se n-muer, à sauter et à se démeiier, en faisant de violents efforts comme une personne (|ui souffre de crampes d'eslomac. Jacoh roula pendant quelque temps deçà delà dans le ventre du monstre, jusi|u'à ce qu'enfin il fui lancé en l'air rommt- une

bombe hms de la gMcule d'un canon. Il m' trouva (|u'il relondia iusiement sur le grand mât de son vaisseau, el il se lïil inrailliblenient rompu le cou, si l'un de ses pieds ne s'était engagé tians les Ctu"dages, ce (|ui lait qu'il y demeura suspendu, la lèle en bas. Ses camar.ules.. .

La parole ex|>ira sur les lèvres du jeune garçon, et il legarda avec surprise du côté de la porte, où venait d'apparaître ui\ visiteur, (^etle visite inattendue ne (levait pas être agréable à la veuve ni à ses enfants, car tous paraissaient frappés île tristesse et d'ell'roi.

L'homme était très pauvrement vêtu, il avait l'air d'un vieux matelot. Il n'avait qu'un bras. La manche droite de sa veste était repliée contre son épaule.

Lorsqu'il entra, ses yeux brillaient et ses lèvres trend)laient île colère. Il s'arrêta à deux pas de la veuve et lui cria d'un ton brutal :

— Ah çii, femme IJoots, c'est lini, i-ntcndezvous. Vous vous êtes jouée de moi assez longtemps, et vous allez me payer, me payer tout de suite, ou demain malin je vous fais jeter sur la rue avec vos eli(iues el vos claques. Oui, oui, vous pouvez étendre vos mains et crier : « Seigneur Dieu! a et miséricorde tant ([u'il vous plaira, je suis sourd, inexorable, dur comme une iiierre. De l'argent, il me faut de l'argent.

— Ah! cher homme, attendez encore une semaine, dit la veuve sup|)liaiite. Dans deux ou trois jours je pourrai aller vendre int;s moules, et .soyez sur que ce que je gagnerai sera p(»ur vous, jusqu'au dernier sou.

— Voilà six semaines ipie vous me chantez la même chanson, s'écria le |)ropriét<iire en frappant du pied avec colère. Vendre des moules? )Liis, pauvre femme, comment poiivez-vous parler ainsi? Avant d'arriver au coin de la rue, vous t(miberez de faiblesse. Tout ça, ce sont des mots. Vous allez me donner de l'argent, des espèces sonnantes, ce soir, où le diable tiendra la chandelle. Vous volez sur la rue, vous dis-je!

— Pour l'amour de Dieu, maître, ne parlez pas si diiirmciil. Voyez donc comme vous faites trembler mes pauvres enfants!... Hosetlene pleure pas si l'on... Kt loi. Jean, pourquoi fais-tu de si vilaine^^ griman-s? Tiens-loi tran(|uille.

— Il esl heureux que je ne sois pas encore assez grand, grommela i'uleiiii-voix le jeune garçon, sans cela je ne l.iis-erais pas faire à ma mère de si cruels alfronts. Je lui arracherais, sacrebleii ! sa seconde aile.

— T. lis-loi, iiM'Chant garçon.

— (lui, mère, si cela |>eul vous (aire plaisir; vous savez bien, n'est-ce pas?... mais, mais!... mainleiiant je suis muet lumnie un poisson.

LA FAMir.LE DU MAIUN.

■ — Tout cela no sii;i)ine i-ien, rcpril le propriétaire. Les larmes et les prières sont inutiles, 11 me faut de l'argent.

— Mais vous êtes un cliréitien comme nous, maître, dit la veuve enjoignant les mains. Puis-jc aller coucher sur l^^, pavé, avec mes pauvres innocents petits enfants, el. malade comme je suis? Prenez patience encore une semaine. Vous savez que je suis honnête. Il y a dix ans que je demeure dans votre maison. Ne vous ai-je pas toujours exactement payé?

— Et les six dernières semaines? Et la nouvelle semaine?

— Je parviendrai bien aussi à les payer avec le temps. Considérez que, depuis la mort malheureuse de mon mari, j'ai travaillé comme une esclave pour élever mes enfants, et soyez un peu pitoyable pour une pauvre mère.

L'homme paraissait louché par les instantes prières de la veuve, et secouait la tête d'un air incertain; mais tout à coup il se raidit contre sa propre émotion et s'écria :

— Non, pas de pitié; payez, ou déménagez demain matin!... Oui, femme Boots, je sais bien que vous êtes malheureuse; mais je ne puis pas le savoir, et je dois fermer mon cœur à la pitié. Suisje riche? J'ai douze francs de revenu par semaine; moins que le salaire d'un ouvrier. Ma femme est diofe el percluse; je suis infirme et incapable de travailler. Depuis quinze jours, nous mangeons du pain sec parce que vous ne nous payez pas. Cela ne se peut pas, non... Non, femme Boots, quand vous vous traîneriez à mes genoux, je ne vous écouterais pas; car ma pauvre femme, hélas! est encore plus malheureuse que vous.

— Nom de nom! s'écria le jeune garçon en se levant tout à coup avec vivacité; il y a assez longtemps que cela dure ! Dussé-je être mille fois dévoré par les poissons, vous allez cesser de tourmenter ma mère, ou..-.

Et il courut en agitant les bras jusque tout près du propriétaire, devant lequel il se campa dans une attitude comiquement menaçante, et dit :

— Ainsi, mon maître, vous oseriez nous faire jeter à la porte?,.. Laissez-moi faire, manière... Eh bien, non, nous ne déménagerons pas.

— Va te coucher, méchant gamin, grommela le propriétaire avec mépris. Comment m'empêcherais-tu de vous faire déguerpir?

— Comment? je vous payerai!... Et qu'auriczvous encore à dire, alors?

— Toi, me payer? de mieux en mieux ! ricana le baas. En l'an un, quand les hiboux prêcheront, sans doute.

— Non, non, ce soir même, ou demain matin au plus tard. Le vapeur anglais est précisément

à la côte. Je deviens aide-cuisiniei' ; Adrien m'a promis dix francs d'à-compte, el jetouehf Ions les mois...

La veuve, qui, avec la plus profonde anxiété, avait pénétré l'intention de son fils, s'était levée et lui mit la main sur la bouche.

Il se démenait pour pouvoii- parler, et s'écria à mots entrecoupés :

— Oui, mère, c'est fini maintenant; je vais sur mer, et je gagnerai de l'argent... pour vous et pour cet homme brutal qui est là, et...

— Fi, Jean! tais-toi, tais-toi 1 dit Anneinie : cet homme est dans son plein droit; tu perds la tête, malheureux enfant!

— C'est égal, mère, je vais sur mer, vous dis je encore une fois ; et dussé-je y périr, ça m'est égal, j'y vais tout de même. C'est pour ma mère que je veux le risquer. Oui, saperlipopette! demain je suis garçon de cambuse sur le steamer d'Adrien.

La veuve serra son fils sur son cœur avec un cri d'angoisse.

— Oh! mon cher Jean, répondit-elle en gémissant, ne me fais pas mourir de peur! songe à ton père et à sa maliieureuse fin. Vois mes larmes. Viens, sois brave, aie pitié de ta mère malade; allons, rassieds- toi sur la chaise et reste tranquille, je t'en prie.

Le jeune garçon, vaincu i)ar l'agitation de sa mère, retourna lentement vers la table, en murmurant à voix basse :

— Quand cela vous fera plaisir, vous savez bien, n'est-ce pas!... si j'étais seulement un peu plus grand !

Annemie se tourna vers le maître de la maison et demanda pardon pour toutes les hardiesses de son fils ; l'homme avail les larmes aux yeux, et répondit sans colère :

— Je ne suis pas fâché contre votre garçon, Annemie. Il y a un bon cœur dans celte poitrine : je voudrais qu'il fût mon fils... Mais tout cela n'y fait rien. La nécessité, la dure nécessité me contraint... Je ne peux pas faire autrement. De l'argent, ou demain sur le pavé.

La veuve le considéra un instant avec inquiétude.

— Eh bien, soit, dit-elle, en poussant un profond soupir. Le sort cruel m'enlève mon dernier gage! — Attendez, maître, je vais vous donner un à-compte.

Et elle alla dans la chambre voisine et revint bientôt avec une bague d'or ({u'elle lui tendit, en disant, les larmes aux yeux.

— Tenez, voilà ma bague de mariage, la seule chose que je possède sur la terre. Plutôt que de sacrifier ce souvenir, je vous eusse donné mon sang en payement; mais vous êtes malheureux

LA FAMILLE DT RIAUIN

aii>>i, Vi'iulf/l;i l';ii:ii(' ; cl le vaut hii-ii lui il Iraiifs... El, la semaine prochaine, je vous rciiit-ttiai ce qiit' ji* peux i:aj;ner à vendre des crevelles.

L'IuMnnu' secoua la lèle el demeuia un nionicnt silencieux.

— Prenez la lia.unc, llioninie, ilil la veuve 1res caltne cl très dccidt'f en .Tpparence. Cela vous pfi int'tlia de nie doniuT encore un petit délai.

.Mais riionniic repoussa sa main en disant d'une voix attendrie :

— Annemie, chère lemme, vous croyez que j'ai un mauvais cceni-, hein? Oui, j'étais venu ici avec la ferme résfdulion de ne |)lus rien entendre, mais rien, rien. .Mais quant à voire hafine de mariai;e, je n'en veux pas. Faites-nn)i une promesse : je vous acctude encore une semaine, — quand je devrais sonllrir la l'aim — mais assnrez-nuji alors sincèrenn-nt (jue vous délojrerez sans résistance, à moins que vous iM' puissiez me; donner an moins cin(| francs d'à-compte.

— Oui, je vous le pronn-ls.

— I5(Misoir, alors, .\nnemie; j'espère que Dieu aura pitié de vous el de nous.

— Merci, merci, hrave homme ! Nous plierons poui- vous.

La veuve, dt'divrée de la frayeur ({u'elle avait éprouvée pendant quelques jours, s'assit près de la table el se remit à filer; elle consola ses petites filles et i;ronda Jean avec des paroles qui Irahissaienl l'amour el l'admiration |)lus que la colère.

— Oui, nn's enfants, dit-elle enlin; je me sens forte. Demaiti je commencerai à faire mon tour, el je }raf;nerai de l'argent comme auparavant.

— l'oiirrai-je allei' avec vous alors, mère? demanda .Mariette; je vous aiderai.

— Et nnn aus>i, hein, mère ? demanda Rosette.

— Oui, mes enfanis, vous pouirez venir avec moi toutes les deux; ce sera une promenade pour vous. Et maintenant, si vous alliez vous coucher?

— Oh ! chère mère, il est encore de honne heure, murmura Maiiette. Encore une j)etite histoire, uim' toute petile.

— Non, pas unt; |)etite, une longue, répoiulit Kosette. Allons, Jean, raconte-nous l'histoire de la petite paysanne *le la nnmtagrie des Farfadets.

— .Mais f|U*est-il adveini plus lard de Jacoli CuIolle-de-Poix? demanda l'ainée des petites (illcs. Il est resté pendu au mal de son bâtiment, la tète en bas?

Jean s'installa commodément sur iia chaise et répondit :

— Eh bien, >e> camarades vinrent le délivriîr, î el avec cela ce fut Uni; — mais si vous croyez que

Jacob n'a pas vu fl'aulres cboses étonnantes dans sa vie, vous vous trompez. — Ecoutez bien : Jacob

était un jour en mer sur le mènn' bàlinn-nt, loin, bien loin d'ici, lorsqu'un grand bateau à vapeur se jeta sur lui dans le brouillard de la nuit, el il en résulta une collision si violente que le navire de Jact»b coul.i immédiatement. Lorsque <-elui-ci revint sur l'eau, il ne vil plus lien ([u'iine cage à poulets qui lloltait à la surface. Il se mit à cheval dessus, (>t il vogua ainsi sur la mer six semaines durant, sans manger antre chose que les poulets nu)i'ts dans la cage, qu'il devait avaler avec |)lumes el pattes, pour ne pas nnnirir de faim. — Hou. — iMais voilà qu'une belle nuit... il faisait beau temps, et il venait justement d'allumer sa pipe pour tirer quelques bouffées, lorsqu'il vil tout à coup, à trois ou (pialre pas de sa cage à [loulets, une sirène sortir de l'eau.

— Une silène? Qu'est-ce (|ne c'est (pie cette bêtelà, Jean? interrom|)it la |>elite Rosette.

— C'est une femme des eaux, Rosette, avec des cheveux verls et uneijueue de poisson... Et elle se mit à chanter si bien el si gentiment, que Jacob faillit s'évanouir. Si elle parvenait à l'endormir, il était perdu. Jacob W savait bien; mais il eut beau se donner des coups de poing sui- le front et se l>incer les jambes pour rester éveillé, il s'endormit tout de nn'-me.

— Malheun.'ux Jacob! dit l'une des petites tilles avec un sourire. Le voilà mort, bien sûr.

— Il faut se taire, Roselte. Laisse-moi continuer, ou je n'en finii'ai pas. Savez-vous où était Jacob lors(iu'il se réveilla? Il était dans les bras de la sirène, (pii lui tenait sous le nez un (lacon de vinaigre, pour le faire revenir à lui. El il était sous la mer, dans un grand palais tout entier en or, en cristal el en diamants. La sirène lui dit (|u'elLo était fdle d'un roi, cnscncelée, et qu'elle était prèle à épouser Jacob, s'il jxmvait vaincre son gardien el la délivrer. Son gardien était nu homard, long comme un brick, et gros comme un éléphant; el il avait sept pinces, — vous savez bien , sept paires de ciseaux. — si grandes qu'il aurait pu facilement couper un veau en tleux. — Ron. — Pour abréger, la sirène donna à Jacob une épée bien Iranchanle, el il devait ((nubatlre le homard jus(|u'à ce (pi'il lui eut coupé toutes ses |iinces. car sans cela le homard ne pouvait pas mourii', Jacob, qui aurait bien voulu épouser la fille du roi, prit Tépi-e; mais voilà (ju'il vil arriver de loin à la nag(* une es|)ècc de montagne louge avec .sept pinces énormes qui s'ouvraient el se fermaient, et grinvaient et cla(|uaienl si fort qu'il en sortait des élincelles. Jacob commeiiia à trembler <le peur, el se cacha derrière un rocher de crislal; mais le homard l'avait (Iniré et se précipita sur lui avec furie. Le pauvre Jacob courait de locher en rocher et poussait des ciis elfroyablo, ju>qu'à ce ((u'en-

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