‹ [Œuvres complètes de Henri ConscienceChapitre 42 sur 225 · I.E l'AVS l)K l/OU · texte numérisé non relu

I.E l'AVS l)K l/OU

i^ s'élever el le Jo/<</.s dansa gracieusement sur les vaj:ues qui accouraient à sa reuconlie de la pleine mer.

Le capitaine marclia vers le pilote el lui dit :

— La lin de celle loi le kermesse est arrivée, Corneille; qu'on prépare des seaux et des cuves. Il V en a déjà une vin,i,'laine là-bas couchés avec la télé au-dessus de la mer. Vile! >inon ils vont faire là-dessous un alTreux gâchis.

Kn elTel. la joie et les cliansons s'éleij,'nirenl en peu de temps. Bientôt, plus de la moitié des passajrers furent pris de violentes douleurs d'entrailles et de crampes d'estomac; ils étaient pâles comme des cadavres, et, pendant les moments de répit que leur laissaient leurs soulTrances, ils interrogeaient l'espace d'un regard égaré etstupide, comme pour lui demander l'explication de ce mal mystérieux qui avait refroidi si soudainement leur enthousiasme el soufflé sur leur joie. L'Océan, dont le nébuleux horizon leur apparaissait au loin, leur avait envoyé son messager ordinaire, le mal dt; mer, pour leur souhaiter la bienvenue sur la plaine liquide.

Victor en avait été atteint un des premiers; il était silencieusement courbé au-dessus du bord du navire, el (|u:ind ses soulTrances diminuaient, il s'elTorçait quelquefois de répondre [lar un soulire aux consolations de Jean; celui-ci, qui était encore en bonne santé, prit enfin son ami par le bras pour le conduire dans sa cabine et l'aider à se mettre au lit. Pendant qu'ils descendaient, Victor lui dit :

— Ce n'est rien, .le.ui, je sais bien (jue cela se passera; mais cependant tu ne peux imaginer comme ce mal étonnant abat et torture l'homme. Je comprends que tu ries, j'ai ri aussi du pauvre Donat, mais c'est...

l'ne nouvelle crampe étoufla la parole sur ses lèvres. Jean allait de nouveau répondre à ses plaintes par des railleries; mais il sentit à son tour (|ue le cœur lui tournait, et le violent clforl (|u'il fit pour surmonter le mal mouilla sou front d'une sueur froide.

— Viens, viens, Victor, dit-il, descendons. Ce malencontreux mal de mer ne se trouvait |ias sur le prospectus; pas de roses sans épifies; cela se passera en dorinant.

Un grand nombre de malades descendirent, les uns après les autres, derrière les deux amis.. Enlin, il n'en resta plus qu'une vingtaine sur le pont. (Jiioiquc ceux-ci parussent à l'épreuve du mal de mer, ils n'étaient pas cependant à leur aise. Ils étaient faibles et découragés, et regardaient silencieusement les flots, qui soulevaient avec une régularité monotone les ll;mcs du navire.

Lorsque, à l'endiouciuire de l'Lscaut, le Jonas entra dans le détroit, le capitaine dit à son pilote :

— Il s'écoulera quelcpies jours avant que ce tas d'imbéciles soient sur pied. Nous emploierons ce temps à mettre tout en ordre. Plus do lamiliarité avec les passagers. Fais savoir aux matelots que le premier (jui s'amusera un peu trop avec les étrangers sera mis aux fers pendant trois jours. Qu'on prenne garde à mes moindres ordres; je veux rester seigneur et maître sur mon vaisseau : nous sommes en mer.

i: N M i; Il

En effet, la mer resta grosse pemlant quatre jours; elle devint même plus houleuse à mesure que l'on avaiira dans le détroit ut que l'on eut à hitler contre des vents variables. Pendant tout ce temps, les passagers étaient restés couchés dans leur cabines, craignant de faire un mouvement, pris de nausées à la seule [)ensée des moindres aliments, découragés et abattus comme des gens à moitié morts.

La nuit où l'on sortit du détroit jiour entrer dans l'Océan, le vent in)pétueux s'était apaisé, et les flots agités étaient deveims plus calmes. Pendant (jue le Jouas continuait sa roule, sous un ciel clair et parsemé d'étoiles, les passagers éprouvèrent l'influence du temps favorable. Ils dormirent pour la première fois d'un sommeil réparateur et bienfaisant, (jui lil couler de nouvelles forces et une nouvelle vie dans leurs veines.

C'était chose étonnante à voir, quand chacun apparut le lendemain sur le pont, la j)liysionomie souriante, consolé, fortifié et gai comme au jour du départ. Jean Creps et son ami lloozemau n'élaienl pas des moins ravis. Victor surfiml, en se voyant entouré d'un horizon sans bornes, leva les bras avec enthousiasme vers le ciel et remercia Dieu, qui l'avait (h'-jà rapproché du but désiré.

Un grand nombie de passagers, voulant célébrer leur heureux rétablissement, coururent sus aux botJleilles pour rec(»mniencer la fêle; mais le ca|)itaine, (|ui se montrait maintenant ce qu'il était, sévère, rude et inexorable, leur fit lire un grand nombre d'articles qui défendaient lous cris désordonnés et lous rassemblements sur le pont, et ils furent informés (|ue toute contravention à ce règlenienl el aux ordres du capitaine sérail puni»^ de l'emprisonnement au pain et à l'eau, à fond de cale.

Les passagers écoulèrent celle lecture avec une stupéfaction mêlée de colère; quelques-uns serrèrent les poings et s'emportèrent contre ces dispositions arbitraires, (|ui, d'après eux, ne tendaient qu'à leur ravir tout |)iaisir et toute liberté;

LE PAYS DE L'on.

Le capitaine ùla son chapeau. (Page Ifi.)

mais le capitaine leur fit comprendre en peu de mots que la loi lui reconnaissait sur son vaisseau une puissance sans bornes; qu'il avait même le droit de brûler la cervelle à ceux qui se révolteraient contre lui; — et, comme quelques-uns reçurent cette explication avec un murmure peu respectueux, il se mit à jurer si horriblement et à proférer de si terribles menaces, que les passagers virent qu'il parlait sérieusement et se soumirent enfin à la nécessité. Les matelots ne furent pas beaucoup plus polis. Dès que quelques amis étaient réunis sur le pont pour causer, un matelot accourait en traînant un cordage, ou un levier, ou toute autre chose, et criait sans respect pour personne :

— Hors du chemin ! Gare aux jambes !

Deux ou trois autres, avec une égale vitesse, venaient du côté opposé et jetaient des seaux d'eau sur le pont pour enlever les traces du mal de mer.

Un troisième criait du haut d'un niât :

— Gare dessous ! gare dessous, sacrebleu !

Et, après ce simple avertissement, il laissait tomber sur le pont, commeun aérolithe, une lourde poulie, au risque d'écraser réellement quelqu'un.

C'était la volonté du capitaine : il fallait montrer tout d'un coup aux passagers que la vie en mer ne peut pas être une éternelle fête, et les matelots, pour détruire toute illusion à cet égard, devaient faire leur service sans se retourner et comme s'il n'y avait absolument que l'équipage sur le navire.

Vers midi, les passagers furent appelés sur le pont. Le capitaine déclara qu'on allait les diviser tous en compagnies de huit hommes, pour dîner ensemble désormais dans un plat de fer-blanc ou (jamelle. Il lut ensuite une liste des passagers, et, chaque fois qu'il avait nommé huit hommes, il criait :

LE PAYS DE L'OR

— Première gamelle ! Deuxième gamelle ! Troisième j;ann'lli'!

Kt, (iiiaiit cet arraiigemenl lut tenninè, malgré les murmures et les plaintes, le capitaine leur Ht i comprendre (jue dorénavant le pain frais et le peu de volailles (|ui restait encore serait réservé pour les malades. Les passagers devraient donc se contenter de la ration de mer journalière, savoir : de la viande siiléc, des pois ou des lèves, des biscuits, une petite mesure de genièvre et un litre d'eau potable. Chaciue gamelle devait, à tour de rùle, désigner pour la seni.iineun de ses membres qui irait à la cuisine chercher le diner pour les autres.

Immédiatement après, on sonna la cloche pour la distribution des vivres. On voait courir ie tous côtés des hommes avec des plats en l'er-blanc, pleins tl'une nourriture luniante..., et, quelques minutes après, tons les passagers se trouvaient réunis autour des gamelles.

C'étaient de singuliers convives que le sort avait donnés à Victor et à son ami Jean : un procureur de la Républi(|ue iVançnise, qui s'était enfui de son pays pour des raisons inconnues; un docteur en médecine; un banquier allemand, «pii avait tout perdu à la roulette à llomhourg; un jeune gentilhomme de la Flandre occidentale, qui avait dépensé les derniers débris de la fortune paternelle, avant son départ pour la Californie; un olïicier français qui se vantait d'avoir tué son supérieur dans un iluel.

A la première vue, Victor crut qu'il n'avait pas à se plaindre du sort; et, en effet, comme nos amis avaient pris une place de seconde classe, ils n'étai»Mit pas mêlés avec les pauvres gens de la troisième classe, qui dormaient et vivaient tous ensemble dans l'entre-pont comme dans une étable.

Mais que son cœur sensible lut blessé de la conversation ^.-rossièreet ignoble de ses compagnons !

Pendant tout le diner, il n'entendit que jurons el blasphèmes, jeux de mots stupides et sorties brutales. .Mors il remarqua que la voix de ses compagnons était fatiguée et rauque, que leurs yeu\ étaient entourés d'un cercle couleur de jdomb, et même (|ne le nez du docteur était nuancé de lotis pourprés, signes d'une ripaille continuelle. Il acquit la convictirm qu'il était condamné à vivre en compagnon de table et en ami avec des gens qui avaient noyé dans les boissons el perdu par une conduite déréglée toulc délicatesse d'esprit el tout sentiment de moralité.

rendant qu'il tombait ainsi dans des réflexions peu souriantes, ses compagnons péchaient hardiment dans le plat et dévoraient la pesante nourriture avec un appétit féroce. Le mal de mer avait creus." leurs estomacs, et ils tâchaient de j)rendre

leur revanche autant que possib'e. Heureusement Jean Creps avertit son ami; sans cela Moozeman n'aurait songé à diner que quand il ne fut plus resté une seule fève dans le plat. Le docteur lira une bouteille de cognac de la poche de son pardessus et la vida presque à moitié, pour se rincer la bouche, disait-il. Les autres allumèrent qui un cigare, (pii une pipe, et montèrent sur le pont, où se trouvaient en ce moment la plupart des passagers. Quelques-uns s'étaient étendus sous les rayons brûlants du soleil; d'autres étaient assis sur des bancs; mais le [)lnsgrainl nond)re se promenait par groupes.

lloo/eman, le dos appuyé contre le bastingage et le rcijard fixé sur les passagers, dit à son camarade :

— .Mon ami, avec quel sorte de gens sommesnous donc? Nous n'entendons que des jurons et d'ignobles plaisanteries !

— Oui, répondit l'autre en souriant. Tune sais pas encore tout. Je n'ai eu le mal de mer que quarante-huit heures; je me suis promené sur le l)ont el dans la cale, pour connaitie d'un peu plus près nos compagnons de voyage. Il y a bien quelques braves garçons et quelques honnêtes gens parmi eux; mais la plu|)art sont des gaillards i\m ont mérité la corde ou ([ui ont réellement échappé; beaucoup d'ivrognes qui ont laissé femmes et enfants dans la misère et ont em|)orlé leur dernier son pour aller en Californie; des gens perdus qui faisaient honte à leurs parents par leur conduite désordonnée; des dissipateurs à bout de ressources, des joueurs ruinés, des boursiers exécutés, des banqueroutiers, el même des condamnés libérés.

— Helle compagnie! dit Victor en soupirant. Si j'avais pu le prévoir!...

— Tu serais resté à la maison?

— Non, mais je n'aurais pas choisi le Jouas pour faire la traversée.

— Hall ! nous sommes embarqués maintenant avec cette étrange bande, et nous devons voguer avec elle, comme dit le proverbe. Il ne faut pas être si difficile, Victor. Tu pouvais bien prévoir, n'est-ce pas, que, dans notre longue traversée et là-bas dans ui\ pays encore sauvage, tu serais exposé à voir et à entendre des choses tout autres qu'auprès de la pieuse mère ou de la douce Lucie Morels !

— Certes, Jean, et j'accepte sans regret le sort comme il se présente. Il m'en coûtera beaucoup cependant pour m'habituera ces gens rudes; leurs paroles el leurs manières blessent ma délicatesse et attristent mon cœur.

— Cela ne durera plus bien lon-.-temps, dit joyeusement Creps. Le Jotias est un lin voilier.

LE PAYS DE I/OI'

— En eft'el, Jean, il marche parfaitement bien. Vois les vagues frangées d'écume sauter en avant du navire, puis se retirer coquettement de chaque côté comme si elles voulaient se faire admirer de nous.

— Du train dont il va maintenant, nous serons bientôt en Californie. Je me figure un pays immensément grand, qui n'appartient à personne, où l'on peut aller et venir en seigneur et maître dans les bois sombres, à travers des montagnes gigantesques et dans des vallées sans fond, libre et indépendant comme l'oiseau dans l'espace ! Oh ! que n'y suis-je déjà pour déployer mes ailes !

— Je voudrais bien savoir, dit tout à coup Victor, ce que Lucie Morels et ma mère font et pensent en ce moment.

— C'est facile à deviner : elles pensent à toi et expriment le même vœu que toi.

— Bonne mère ! douce Lucie ! dit le jeune homme en soupirant et avec une joyeuse émotion. Oh! Jean, mon ami, puisse le sort nous être favorable ! Si je pouvais recueillir assez d'or pour les rendre heureuses !

— Homme de peu de foi ! dit Creps en plaisantant. Puisqu'on n'a qu'à ramasser l'or là-bas, nous en recueillerons autant que tu voudras. Je crains que nous ne puissions pas tout emporter. Cela ne me contrarierait pas peu, car plus nous en aurons, plus nous ferons plaisir à nos parents et à nos amis à notre retour.

En causant ainsi, les deux amis se promenaient du côté de la proue, pleins d'illusions et pleins d'espoir dans l'avenir souriant. Là ils rencontrèrent Donat Kwik, qui était occupé à ronger un biscuit de mer brun, en grommelant et en faisant des gestes de colère.

Comme le paysan ne les avait pas aperçus, Roozeman lui mit la main sur l'épaule pour interrompre son monologue furieux. Donat sauta en arrière, et, les poings serrés, prit l'attitude d'un homme qui veut se battre. Cependant, lorsqu'il eut reconnu les Anversois, il se calma et s'écria :

— Oh ! oh ! pardieu, messieurs, excusez-moi ; je croyais que c'était encore le Français de làdessous. Je lui arracherai un jour ses vilaines moustaches rousses !

— Vous mangez des biscuits après le dîner, demanda Jean Creps, vous n'avez donc pas eu votre ration?

— Jolie ration! dit Donat d'un ton d'amère raillerie. Nous étions assis huit autour d'une gamelle de fer-blanc, et nous commencions à dîner. Tout à coup, un de ces coquins d'en bas vient derrière moi, met ses mains sur mes yeux et crie quelque chose comme Kyes? kyes? Lorsqu'il me lâcha, le plat était presque vide. Je me dépêchai

pour avoir encore ma part; mais les camarades étaient si lestes, que je restai tout bête à les regarder, le ventre creux, comme un hibou qui regarde les rayons du soleil. Le Français avec ses grandes moustaches et ses petits yeux peut regarder ses jambes; je lui ai fait à coups de pied quelques bleus qui ne lui ont pas fait de bien.

— Vous vous êtes déjà battu, Donat! Il faut vons montrer plus traitable, mon ami, sinon vous pourriez avoir la vie dure avec vos compagnons, dit Victor Roozeman.

— Battu, monsieur? C'est-à-dire (pi'après m'avoir donné pas mal de soufflets et de coups de pied, ils m'ont jeté à six hors de leur repaire de brigands sur le pont. Je suis allé chez le capitaine pour porter plainte. Le capitaine parle une sorte de flamand maritime; il me comprend. Mais il m'a jeté quelques jurons à la figure, et m'a dit que chacun devait lâcher d'avoir sa part de la gamelle : tant pis, dit-il, pour les paresseux.

— Il a raison, il faut essayer de suivre son conseil.

— Essayer, messieurs? Ce n'est pas nécessaire. J'ai mangé toute ma vie à un plat commun. S'il ne s'agit que de manger vite, d'avaler les fèves à moitié brûlantes, j'apprendrai leur métier aux Français d'en bas. Attendez un peu ! ils verront à qui ils ont alîaire. Qu'ils frappent ou poussent tant qu'ils voudront, tout cela glisse sur moi; à l'occasion, je leur donnerai aussi des coups de pied à leur écorcher les jambes. Que croient-ils donc, ces ribauds?

Victor ajouta quelques paroles consolantes pour calmer la colère du jeune paysan; mais ce fut peine superflue, car Donat oublia tout à coup sa mauvaise humeur et redevint joyeux. Voyant que les Anversois allaient continuer leur promenade, il leur demanda à mains jointes la permission de rester un peu avec eux. Personne, dans l'entrepont, ne le comprenait ni ne lui témoignait d'amitié. Ils consentirent à sa prière; car Donat Kwik, malgré son air grossier, était un garçon de sens, et il se montrait profondément reconnaissant de la moindre marque d'amitié.

Pendant la promenade, Jean parla en plaisantant de la fille du bourgmestre et de la demoiselle du château avec laquelle Donat avait l'envie de se marier à son retour du pays de l'or. Le jeune paysan devint sérieux, et il résulta de ses explications qu'il portait au cœur un amour plus modeste. Il avait fixé son choix defiuis des années sur une des filles du garde champêtre de Nallen-Haesdonck, et la jeune fille n'était pas indilïérenle pour lui; mais le père, ([ui possédait queUiues pièces de terre, l'avait repoussé avec mépris parce qu'il était Irop pauvre, mèaie après que sa tante lui eût laissé

l.K l'.WS lll' I/UR.

seize leiits fiaiics. Ce ((ue Doiiat avait dit de lu (ille (lu bour.u'ineslre et de la demoiselle du iliAteau n'avait rlé 1^1*1111 vain bavaidaj;e, ce n'était (|u'Annelvcn', la (ille ilu j^arde ilianipctre, qui lui Imitait dans la titc. Il avait i|uilti' son village par honte et par désespoir de ce que le père d'Anneken l'avait jeté durement à la porte, lorscju'il jj'était hasardé à exprimer le vœu de son cœur. La seule cause de son voyajre au pays de l'or était le désir de se venger du gartle champêtre en mettant à ses pieds un grand monceau d'or et en le lonant ainsi à consentir avec joie au mariage de >a lille. Anneken avait promis d'attendre, quoi(iue son père voulût lui imposer un autre mari; elle ne se marierait avec personne qu'avec son pauvre Donat Kwik. Le jeune paysan parla avec tant d'admiration lie son Anneken, de ses petits yeux noirs, (le son doux sourire, de s(>s bras robustes, de sa vertu et ilr^ son activité, (|ue Victor lloozeman prit plaisir à l'écouter. 11 y avait, en ellet, une certaine ressemblance entre sa position et celle de Donat. dont le langage coinique, mais sincère, le fil songer à Lucie et à sa mère.

Le.>> amis s'amusèrent ainsi à deviser des souvenirs du pays et des projets de l'avenir jus(|irau moment où la nuit vint et où chacun descendit pour aller chercher le repos dans sa cabine.

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