‹ [Œuvres complètes de Henri ConscienceChapitre 75 sur 225 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

A quelques lieues de Bruxelles, à côté du chemin de fer de l'État, est une petite ville que nous désignerons sous le nom de Darlingen, pour prévenir toute supposition. Elle compte plus de quatorze mille âmes et renferme plusieurs belles églises, des couvents, et un hôpital dont la façade antique, d'un style gothique pur, est tout à fait digne d'attirer l'attention des connaisseurs.

Il y a une quinzaine d'années, lorsqu'on sortait de la station de Darlingen pour se diriger vers la

ville, on remarquait tout d'abord quelques cheminées de fabrique s'élevant au-ilessus de vastes ateliers, et l'on était porté à prendre Darlingen pour une ville industrielle et commerçante; le bruit, le mouvement, la foule de monde qu'on rencontrait dans le quartier des fabriques confirmaient encore cette opinion favorable. Mais à peine avait-on traversé une ou deux longues rues, qu'on voyait le mouvement diminuer insensiblement, et faire place à une tranquillité d'autant plus saisissante qu'on était plus près du centre de la ville. Il y avait de belles et larges rues avec beaucoup de grandes maisons, habitées évidemment par des gens très riches. Les façades de ces maisons, qui n'avaient pas été repeintes depuis des années,

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