‹ Œuvres completes de Henri Heine Poemes et legendesChapitre 49 sur 83 · ŒUVRES U F. HENRI HEINE · texte numérisé non relu

ŒUVRES U F. HENRI HEINE

vent pensé à cette mission, à cette domination universelle de l’Allemagne , lorsque je me promenais avec mes rêves sous les sapins éternellement verts de ma patrie — Voilà mon patriotisme.

IIenm Heine.

Ce 47 décemlüe I8i*.

Ce fut dans le triste mois de novembre • — quand les jours s'assombrissent, quand le vent effeuille les arbres, que je partis pour l’Allemagne.

Et lorsque j’arrivai à la frontière, je sentis dans ma poitrine s’accélérer le battement de mon cœur ; je crois même que mes yeux commençaient à s’humecter.

Et lorsque j’entendis parler la langue allemande, je ressentis une étrange émotion. C’était tout simplement comme si mon cœur s’était mis à saigner de charmante façon.

Une petite fille chantait sur une harpe; elle chantait avec une voix fausse et un sentiment vrai ; mais cependant la musique m’émut.

Elle chantait l’amour et les peines d’amour, l’abnégation et le bonheur de se revoir là-haut dans un monde meilleur, où toute douleur s'évanouit.

Elle chantait cette terrestre vallée de larmes, nos joies qui s’écoulent dans le néant comme un torrent, et cette

Page 1