‹ Œuvres completes de Henri Heine Poemes et legendesChapitre 53 sur 83 · GF. KM AM A · texte numérisé non relu

GF. KM AM A

a Les gens de la noce arrivent déjà. Maintenant vont défiler les prévôts de la ville , armés de cierges allumés. Ils dansent gravement la danse des flambeaux. Ils sautent, ils bondissent, ils chancellent.

« Voici le haut et puissant sénat, voici le conseil des anciens ; le bourgmestre tousse , crache , et veut prononcer un discours.

a Voici, en brillant uniforme, le corps diplomatique. Il vient nous féliciter avec réserve au nom des États limitrophes.

« Voici la députation ecclésiastique, les rabbins et les pasteurs. Mais hélas ! voici Hoffmann aussi avec ses ciseaux de censeur!

«Les ciseaux bruissent dans sa main; furieux, il se jette sur toi. Il taille dans le vif — Hélas ! c’était le meilleur morceau ! »

Ce qui se passa encore dans cette nuit d’enchantements , je vous le raconterai une autre fois à une meilleure époque , aux beaux jours de l’été.

Heureusement la vieille race de l’hypocrisie s’en va de plus en plus. Dieu soit loué ! elle descend lentement au tombeau , elle meurt empoisonnée du venin de ses propres mensonges.

268 ŒUVRES DE HENRI HEINE

L’été sera beau. Une nouvelle génération s’élève , toute sans fard et sans péché , aux pensées libres , aux plaisirs libres. C’est à elle que je dirai tout.

Déjà bourgeonne la jeunesse qui comprend la fierté ( ît les bienfaits du poète , et qui s’échauffe au soleil de ; on âme.

Mon cœur est aimant comme la lumière ; il est pur et chaste comme le feu. Les grâces les plus nobles ont accordé ma lyre.

C’est la même lyre que fit autrefois résonner mon père , Aristophane, le favori des Muses.

C’est la même lyre sur laquelle il chanta jadis Paisteteros qui aima Basileia , et s’éleva avec elle dans les airs.

J’ai cherché dans le dernier chapitre de mon poème à imiter un peu la fin des Oiseaux , qui sont certainement la meilleure de toutes les pièces de feu mon père.

Les Grenouilles sont aussi parfaites; on les joue maintenant en allemand sur le théâtre de Berlin , au grand amusement du roi.

Le roi aime la pièce; cela prouve son bon goût antique. Le vieux roi défunt s’amusait bien plus aux coassements des grenouilles modernes.

Le roi aime la pièce. Cependant si l’auteur était encore en vie , je ne lui conseillerais pas de se rendre en

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