‹ Œuvres complètes de J. AutranChapitre 64 sur 99 · NOSTALGIE · texte numérisé non relu

NOSTALGIE

Qait dabit mihi p ennas licttt colniobB.

et Tolabu?

PSAUMB MV.

Encore un jour de brume, encore un jour de pluie, Un jour de solitude au coin d'un pâle feu I Depuis un mois, Paris qu'aucun soleil n^essuie Grelotte, et, l'œil tourné vers ses toits noirs de suie. Vainement cherche au ciel une trace de bleu.

Perdu dans un hôtel, vaste et sombre demeure Qu'habile autour de moi tout un monde inconnu. Je regarde l'horloge et n'attends rien de Theure; Et, derrière ma vitre où le vent souille et pleure, Je n'ai pour horizon qu'un mur lépreux et nu.

II est pourtant, il est, loin de ce grand cloaque Où tant déjeunes cœurs maudissent leur exil.

Loin de ces toits qu'opprime une nuée opaque, Il est des cieux d*azur, beaux comme un ciel de Pâque, Des jardins où novembre est riant comme avril !

Il est des archipels qu'un vent tiède parfume, Des caps en fleurs que dore un soleil réchauffant, Des plages que le flot baise de son écume, Où, sans connaître encor ni l'ennui ni la brume, Je vécus si joyeux, quand j'étais tout enfant!

Il est des matelots dont les blanches nacelles Fendent en liberté des eaux de pur cristal... Ahl pour y retourner d'un élan de mes ailes, Que ne suis-je un de vous, alcyons, hirondelles. Qui, là-bas, voltigez dans mon golfe natal !

Page 1