‹ Œuvres complètes de J. AutranChapitre 75 sur 99 · LE CHASSEUR D'HIRONDELLES · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR D'HIRONDELLES

Qui, saignants et meurtris, se débattent de l'aile, Et que le flot joueur vient saisir à tes pieds?

Ce sont les bien-aimés du vent et de la nue.

Les oiseaux purs et doux et bénis du Seigneur, Ceux que le toit du pauvre, à la saison venue. Accueille, en se disant : « Leur nid porte bonheur I »

bandit, cœur brutal et digne d'anathème.

N'as-tu donc jamais vu leurs essaims palpitants, Autour du vieux clocher qui sonna ton baptême, Arriver un matin et chanter le printemps ?

Ils allaient aujourd'hui, craignant les mois humides. Chercher une autre terre et des soleils plus sûrs ; Qui sait? dormir peut-être aux creux des pyramides. Ou de la vieille Athène habiter les grands murs.

Ils ne les verront plus. D'une charge traîtresse, Tu suspends le voyage et brises le destin.

Et pourquoi ? pour montrer je ne sais quelle adresse Aux passants étonnés d'un coup presque certain ;

Pour que quelques enfants, qui manqueront l'école, Restent là dans le vent, béants autour de toi.

Et que ]e plus petit, dont le chapeau s'envole, Avant l'étonnement sente d'abord Teffroi.

Tu pourrais, ce me semble, hommeauxinstinctsfarouches. D'une adresse plus rare émerveiller leurs yeux : Si tu passais l'automne à tirer sur les mouches. L'art serait plus utile et te conviendrait mieux.

Va toujours cependant, continue avec joie.

Sottise et cruauté, ces noms te sont acquis.

On vit un jour Thymen d'un vautour et d'une oie, Et de l'accouplement ce fut toi qui naquis I

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