‹ Œuvres complètes de J. AutranChapitre 97 sur 99 · COUCHER DE SOLEIL · texte numérisé non relu

COUCHER DE SOLEIL

L'horizon s'empourprait de splendeurs violettes, L'ardent soleil d'été déclinait vers les eaux ; Et quatre jeunes gens, nus comme des athlètes. Descendant à la mer, y baignaient leurs chevaux.

Au milieu de ces flots dont le sel vous enivre. Joyeux, ils s'avançaient, le vent dans les cheveux; Leurs yeux étaient de flamme, et des lueurs de cuivre Jaillissaient de leurs bras et de leurs cous nerveux.

Et les hardis coursiers, la narine entr*ouverte. Hennissaient par instants, et les souilles marins,

Arrosant leur crinière avec récume verte.

Mêlaient en se jouant des algues à leurs crins.

Tableau d'un ancien monde, éclatant et sauvage I Spectacles d'autrefois, puissants et familiers ! J*admirais le beau ciel, j'admirais le rivage. J'admirais ces chevaux et ces fiers cavaliers;

Et, tandis que le dieu, sous les lointains portiques, Descendait de son char à l'occident vermeil.

Je croyais, en passant, voir les tritons antiques Baigner dans l'Océan les coursiers du Soleil !

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