SCÈNE VI
jusques à défigurer notre langue, et qu'il n'y a point presque de mots dont la sévérité de cette dame ne veuille retrancher ou la tète ou la queue^ pour les syllabes déshoanêtes qu'elle y trouve.
URANIE
Vous êtes bien fou, chevalier.
LE MARQUIS
Enfin, chevalier, tu crois défendre ta comédie en faisanv la satire de ceux qui la condamnent.
DORANTE
Non pas ; mais je tiens que cette dame se scandalise à tort...
ÉLTSE.
Tout beau, monsieur le chevalier, il pourroit y en avoir d'autres qu'elle, qui seroient dans les mêmes sentiments.
DORANTE
Je sais bien que ce n'est pas vous, au moins; et que, lorsque vous avez vu cette représentation...
Il est vrai, mais j'ai changé d'avis. (Montrant Ciimène.) Et madame sait appuyer le sien par des raisons si convaincantes, qu'elle m'a entraînée de son côté.
DORANTE, k Climène.
Ah 1 madame, je vous demande pardon ; et, si vous le voulez, je me dédirai, pour l'amour de vous, de tout ce que j'ai dit.
CLIMÈNE
Je ne veux pas que ce soit pour l'amour de moi, mais pour l'amour de la raison : car enfin cette pièce, à le bien prendre, est tout à fait indéfendable * ; et je ne conçois pas...
URANIE
Ah 1 voici l'auteur, M. Lysidas. Il vient tout à propos pour cette matière. Monsieur Lysidas, prenez un siège vousmême, et vous mettez là.
* Mot iDYenlo par la pri^cieusu Climène.