II. M
3S2 LA PRINCESSE D'ÉLIDË
Où l'ilUîStre Ipliitas, père de la princesse, Assemble la plupart des princes de la Grèce.
ARBATE.
Mais à quoi bon, seigneur, les soins que vous prenez î Et pourquoi ce secret où vous vous obstinez ? Vous aimez, dites-vous, celte illustre princesse, Et venez à ses yeux signaler votre adresse ; Et nuls empressemens, paroles, ni soupirs, Ne l'ont instruite encor de vos brûlans désirs? Pour moi je n'fc..tends rien à celle politique Qui ne veut point souffrir que votre cœur s'explique ) Et je ne sais quel fruit peut prétendre un amour Qui fuit tous les ncoyens de se produire au jour,
EURYALE
Et que ferais-je, Arbate, en déclarant ma peine, Qu'attirer les dédains de cette âme hautaine, Et me jeter au rang de ces princes soumis, Que le titre d'amant lui peint en ennemis ? Tu vois les souverains de Messène et de Pyle Lui faire de leurs cœurs un hommage inutile, Et de l'éclat pompeux des plus grandes vertus En appuyer en vain les respects assidus : Ce rebut de leurs soins, sous un triste silence, Retient de mon amour toute la violence : Je me tiens condamné dans ces rivaux fameux, Et je lis mon arrêt au mépris qu'on fait d'eux.
ARBATE.
Et c'est dans ce mépris et dans cette humeur fiera
Que votre âme à ses vœux doit voir plus de lumière,
Puisque le sort vous donne à conquérir un cœur
Que défend seulement une simple froideur,
Et qui n'oppose point à l'ardeur qui vous presse
De quelque attachement l'invincible tendresse
Un cœur préoccupé résiste puissamment ;
Mais, quand une âme est libre, on la force aiséincni; ,
Et toute la fierté de son indifférence
ffun désir. La yersion donnétt par d'autres édllions : fit effet, est plut barbare encore. Euryale veut de qu'il couvre ion amour du désir é«»» tnonirer aux ^eux.