ACTE I, SCENE I
N'a rien dont ne triomphe un peu de patience. Ne lui cachez donc plus le pouvoir de ses yeux, Faites de votre flamme un éclat glorieux : Et, bien loin de trembler de l'exemple des autres, Du rebut de leurs vœux fortifiez les vôtres. Peut-être, pour toucher ses sévères appas, Aurez-vous dfts secrets que ces princes n'ont pas ; Et, si de ses fiertés l'impérieux caprice -Ne vous fait éprouver un destin plus propice, Au moins est-ce un bonheur en ces extrémités Que de voir avec soi ses rivaux rebutés.
EURYALE
J'aime à te voir presser cet aveu de ma flamme ; Combattant mes raisons, tu chatouilles rnon àmo ; Et, par ce que j'ai dit, je voulois pressentir Si de ce que j'ai fait tu pourrois m'ajjplaudir. Car enfin puisqu'il faut t'en faire confidence, On doit à la princesse expliquer mon silencp ; El peut-être, au moment que je t'en parle ici, Le secret de mon cœur, Aibate, est éclairci. Cette chasse, où pour fuir la foule qui l'adore, Tu sais qu'elle est allée au lever de l'aurore. Est le temps que Moron, pour déclarer mon feu, A pris...
ARBATE.
Moron, seigneur!
EURYALE
Ce choix t'étonne un peu , Par son titre de fou tu crois le bien connoître ; Mais sache qu'il l'est moins qu'il ne le veut [uiroîtro ; r.i que, malgré l'emploi qu'il exerce aujouid'luii, H a plus de bon sens que tel qui rit de lui. La princesse se plaît à ses boulfonneries : Il s'en est fait aimer par cent plaisanteries. Et peut, dans cet accès, dire et persuader Ce que d'autres eue lui n'oseraient hasarder ; Je le vois propre enfin à ce cjue j'en souhaite ; 11 a pour moi, dit-il, une amitié parante, Et veut, dans mes Étals ayant reçu le jour.
Contre lou» mi^-ï nvauA appuyer mon amour. Quelque argent mis en main pour soutenir ce zèle...