SCÈNE II. — EURYALE, ARBATE, MORON
MORON, derrière le tliiiàlre.
Au secours! sauvez-moi de la Dète cruelle I
EURYALE
Je pense ouïr sa voix.
MORON, derrière le théâtre.
A moi ! de grâce, à moi !
EURYALE
C'est lui-même. Où court-il avec un tel effroi? '
MORON, entrant sans voir personne.
OÙ pourrais-je éviter ce sanglier redoutable ? Grands dieux ! préservez-moi de sa dent effroyable ! Je vous promets, pourvu qu'il ne m'attrape pas, Quatre livres d'encens et deux veaux des plus gras. Rencontrant Euryale, que dans sa frayeur il prend pour le sanglier qn'H
évite.
Ah ! je suis mort !
EURYALE
Qu'as-tu ?
MORON
Je vous croyois la bête Dont à me diffamer l j'ai vu la gueule prèle, Seigneur , et je ne puis revenir de ma peur.
EURYALE
Qu'est-ce?
MORON
Oh! que la princesse est d'une él range humeur, Et qu'à suivre la chasse et ses extravagances ]1 nous faut essuyer de sottes complaisances! Que! diable de plaisir trouvent tous les chasseurs De se voir exposés à mille et mille peurs? Encore si c'étoit qu'on ne fût qu'à la chasse Des lièvres, des lapins, et des jeunes daims, pa.sse .
^Poiir: défigurer. Voyez plus haut, lome 1", page 280, note.