‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 229 sur 266 · SCÈNE II. — EURYALE, ARBATE, MORON · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — EURYALE, ARBATE, MORON

MORON, derrière le tliiiàlre.

Au secours! sauvez-moi de la Dète cruelle I

EURYALE

Je pense ouïr sa voix.

MORON, derrière le théâtre.

A moi ! de grâce, à moi !

EURYALE

C'est lui-même. Où court-il avec un tel effroi? '

MORON, entrant sans voir personne.

OÙ pourrais-je éviter ce sanglier redoutable ? Grands dieux ! préservez-moi de sa dent effroyable ! Je vous promets, pourvu qu'il ne m'attrape pas, Quatre livres d'encens et deux veaux des plus gras. Rencontrant Euryale, que dans sa frayeur il prend pour le sanglier qn'H

évite.

Ah ! je suis mort !

EURYALE

Qu'as-tu ?

MORON

Je vous croyois la bête Dont à me diffamer l j'ai vu la gueule prèle, Seigneur , et je ne puis revenir de ma peur.

EURYALE

Qu'est-ce?

MORON

Oh! que la princesse est d'une él range humeur, Et qu'à suivre la chasse et ses extravagances ]1 nous faut essuyer de sottes complaisances! Que! diable de plaisir trouvent tous les chasseurs De se voir exposés à mille et mille peurs? Encore si c'étoit qu'on ne fût qu'à la chasse Des lièvres, des lapins, et des jeunes daims, pa.sse .

^Poiir: défigurer. Voyez plus haut, lome 1", page 280, note.

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