ACTE I, SCT^NE II W
Qui nous gêne se met en un péril extrême. Et toujours notre honneur veut se garder lui-mêmg. C'est nous inspirer presque un désir de pécliev. Que monirt-r tant de soin de nous en empêcher; Et, si par un mari je me voyois contrainte, J'aurois fort grande pente à confirmer sa crainte.
SGANARELLE, à Ariste.
Voilà, beau précepteur, votre éducation.
Et vous souffrez cela sans nulle émotion?
ARISTE
Mon frère, son discours ne doit que faire rire; Elle a quelque raison en ce qu'elle veut dire. Leur sexe aime à jouir d'un peu de liberté ; On le relient fort mal par tant d'austérité ; El les soins défians, les verrous et les grilles, Ne font pas la vertu des femmes ni des filles : C'est l'honneur qui les doit tenir dans le devoir, Non \h sévérité que nous leur faisons voir. C'est une étrange chose, à vous parler sans feinte, Qu'une femme qui n'est sage que par contrainte. En vain sur tous ses pas nous p- étendons régner, Je trouve que le coeur est ce qu'il faut gagner; Et je ne tiendrais, moi, quelque soin qu'on se donne, Blon honneur guère sûr aux mains d'utie personne A qui, dans les désirs qui pourraient l'assaillir, IJ ne manquerait rien qu'un moyen de faillir.
SGANARELLE
Chansons que tout cela!
ARISTE
Soit; mais je tiens sans cessS Qu'il nous faut en riant instruire la jeunesse, Reprendre se.s défaut^ avec grande douceur. Et du nom de \ertii ne lui point faire peur. Mes soins pour Léonor ont sui\i ces maximes, De> 'MO ndres libertés je n'ai point l'ait des crimes; A se» I' unes Jésirs j'ai toujours consenti, Et je ne m'en suis point, grâce au ciel, repenti.
J'ai souffert qu'elle ait \u les belles compagnies,
Les divertissements, les bals, les comédies;
Ce sont choses, pour moi, que je tiens de tout temps
Fort propres à former l'esprit des jeunes gens;
Et l'école du monde, en l'air dont il faut vivre,
Instruit mieux à mon gré que ne fait aucun livre.
Elle aime à dépenser en habits, linge, et nœuds*;
Que voulez-vous? Je tâche à contenter ses vœux;
Et ce sont des plaisirs qu'on peut, dans nos familles,
Lorsque l'on a du bien, permettre aux jeunes ûlles.
Un ordre paternel l'oblige à m'épouser;
Mais mon dessein n'est pas de la tyranniser.
Je sais bien que nos ans ne se rapportent guère.
Et je laisse à son choix liberté tout entière.
Si quatre mille écus de rente bien venans.
Une grande tendresse et des soins complaisans,
Peuvent, à son avis, pour un tel mariage,
Réparer entre nous l'inégalité d'âge,
Elle peut m'épouser ; sinon, choisir ailleurs.
Je consens que sans moi ses destins soient meilleurs;
Et j'aime mieux la voir sous un autre hyménée
Que si contre son gré sa main m'était donnée.
SGANAREIJ.li:.
Eh! qu'il est doucereux! c'est tout sucie et tout niielt
ARISTE
Enfin, c'est mon humeur, et j'en rends grâce au ciel.
Je ne suivrois jamais ces maximes sévères
Qui font que des enfans comptent les jours des pères.
Mais ce qu'en la jeunesse on prend de liberté Ne se retranche pas avec facilité; Et tous ses sentiments suivront mal votre envie Quand il faudra changer sa manière de vie.
ARISTE
Et pourquoi la changer?
Oi'ueinenis uc rubans que les fenimos poi tout f ncorc