‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 83 sur 266 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Bien des gens ont frondé d'abord cette comédie; mais les rieurs ont été pour elle, et tout le mal qu'on en a pu dire n'a pu faire qu'elle n'ait eu un succès dont je me contente.

Je sais qu'on attend de moi dans cette impression quelque préface qui réponde aux censeurs, et rende raison de mon ouvrage; et, sans doute, que je suis assez redevable iî toutes les personnes qui lui ont donné leur approbaiion pour me croire obligé de défendre leur jugement contre celui des autres; mais il se trouve qu'une grande partie des choses que j'aurois à dire sur ce sujet est déjà dans une disserta lion que j'ai faite en dialogue, et dont je ne sais encore ce que je ferai.

L'idée de ce dialogue, ou, si l'on veut, de celle petite comédie i, me vint après les deux ou trois premières représentations de ma pièce.

Je la dis, cette idée, dans une maison où je me trouvai jn soir; et d abord une personne de qualité, dont l'esprit est assez connu dans le monde *, et qui me fait l'honneur

' La Critique de l'École de$ femmes, jouée le ter juin ^663. 2 L'abbé Dubu.sson. ^'oyez plus loin, l'rcface de la Critique,

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de m'aiiner, trouva le projet assez à son gré, non-seulement pour me solliciter d'y mettre la main, mais encore poiirl'y mettre lui-même; et je fus étonné que, deux jonrs après, il me moniràt toute ralTaire exécutée d'une manière à la vérité beaucoup plus galante et plus spirituellft que je ne puis faire, mais où je trouvai des choses trop avantageuses pour moi; et j'eus peur que, si je produisais cet ouvrage sur noire théâtre, on ne m'accusât d'abord d'avoir mendié les louanges qu'on m'y donnoit. Cependant cela m'empêcha, par quelque considération, d'achever ce que j'avois commencé. Mais tant de gens me pressent tous les jours de le faire, que je ne sais ce qui en sera; et celle incertitude est cause que je ne mets point dans celle préface ce qu'on verra dans la Critiqup, en cas que je me résolve à la faire paruiire. S'il faut que cela soit, je le dis encore, ce sera seulement pour venger le public du chagrin délicat de certaines gens; car, pour moi, je m'en liens assez vengé par la réussite de ma comédie; et je souhaite que toutes celles que je pourrai faire soient traitées par eux comme celle-ci, pourvu que Je reste suive de même.

PERSONNAGES ACTEURS

ARNOLPHE, autrement M. be \.\ Souche. Molière

AGNÈS, jeune fille innocente, élevée par Arnolphe. Mlle i/i oniE.

F.ORACE, ainaiil d'Agnès. La Grange.

A' AIN, paysan- valet d' Arnolphe. Biiécoiirt.

GEORGETTE, paysanne, servante d'Arnolphe Jlme Bûaht.

CHKYSALDE, ami d'Arnolphe. L'Esi-Y.

ENRiQUE, beau-fière de Cliiysaide,

ORON TE, père d'Uorate, et grand aiui d'Arnolphe. Dedrie. UN NOTAIRE.

La icéne est dans une place de vilîe.

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