‹ Œuvres complètes de J. de La Bruyère (volume 2)Chapitre 124 sur 141 · Voyez le Lexique à ce mot · texte numérisé non relu

Voyez le Lexique à ce mot

2. « Les impressions anciennes ne sont pas seules capables de nous abuser : les charmes de la nouveauté ont le même pouvoir. » (Pascal, Pensées, art. m, 2, t. I, 2' édit. Havet. — Voyez aussi Montaigne, liv. I, chap. XLiii et xlis.)

[0] La faveur des princes n'exclut pas le mérite, et ne le suppose pas aussi.

[7] Il est étonnant qu'avec tout l'orgueil dont nous sommes gonflés, et la haute opinion que nous avons de nous-mêmes et de la bonté de notre jugement, nous négligions de nous en servir pour prononcer sur le mérite des autres. La vogue, la faveur populaire , celle du Prince, nous entraînent comme un torrent : nous louons ce qui est loué, bien plus que ce qui est louable ^

[8] Je ne sais s'il y a rien au monde qui coûte davantage à approuver et à louer que ce qui est plus digne d'approbation et de louange', et si la vertu, le mérite, la beauté, les bonnes actions, les beaux ouvrages, ont un effet plus naturel et plus sûr que l'envie, la jalousie et l'antipathie. Ce n'est pas d'un saint dont un dévot' sait dire du bien, mais d'un autre dévot. Si une belle femme approuve la beauté d'une autre femme, on peut conclure qu'elle a mieux que ce qu'elle approuve. Si un poëte loue les vers d'un autre poëte, il y a à parier qu'ils sont mauvais et sans conséquence'' ^

* « Et de louanges. » (Edit. 5''.) i' Édition 5«.

1. « La plupart des hommes n'osent ni louer, ni blâmer seuls, et ne sont pas moins timides pour protéger que pour attaquer; il y en a peu qui aient le courage de se passer de partisans ou de complices, je ne dis pas pour manifester leurs sentiments, mais pour y persister; ils tâchent de s'y affermir eux-mêmes en le suggérant à d'autres, sinon ils l'abandonnent. » (Duclos, Considérations sur les mœurs.)

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