‹ Œuvres complètes de J. de La Bruyère (volume 2)Chapitre 14 sur 141 · Mémoires sur Fontenelle, p. iio · texte numérisé non relu

Mémoires sur Fontenelle, p. iio

XX Ml-: DE LA BRUYÈRE.

pour les modernes contre les anciens, et n'avait fait exception que pour Théopliraste, que, par un parallèle désobligeant, il avait mis fort au-dessus de son imitateur'.

Battus à lAcadémie, les ennemis de La Bruyère le harce- Irrent dattaques de toute sorte. Le Mercure galant prétendit que son élection était due « aux plus fortes brigues qui eussent jamais été faites. » La vérité est que Pontchartrain avait obtenu le désistement de La Loubère, et recommandé la candidature de La Bruyère à ses amis-. Les folliculaires, qui avaient sur le cœur le jugement porté par La Bruyère, au sujet de leur gazette, retournèrent contre lui un de ses traits*, et déclarèrent que son discours était « directement au-dessous de rien. » Parmi les nombreuses chansons qui furent faites alors contre La Bruyère et les patrons de sa candidature. Racine et Régnier Desmarais, on en a retenu une qui a été reprise depuis et, avec un changement de nom, appliquée à d'autres académiciens:

Quand La Bruyère se présente Pourquoi faut-il crier haro?

Pour faire un nombre de quarante Ne falloit-il pas un zéro*?

Mais le dernier mot devait rester à La Bruyère : car après le Discours, vint la Préface, et, après la Préface, les épigrammes successivement ajoutées à chaque nouvelle édition des Caractères.

En attendant le jugement de la postérité, qu'il ne redoutait pas, La Bruyère avait, pour se consoler des attaques de Visé,

1. Voyez plus loin la Notice sur La Bruyère moraliste, p. xxviir.

2. M. lùdouard Fournier {Comédie de La Bruyère, p. 569) cite une Lettre écrite par Pontchartrain à Renaudot et publiée pour la première fois dans VAthenœum français (3 décembre 1853).

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