‹ Œuvres complètes de J. de La Bruyère (volume 2)Chapitre 16 sur 141 · ET PEINTRE DE SON ÉPOQUE · texte numérisé non relu

ET PEINTRE DE SON ÉPOQUE

Dans les morceaux que La Bruyère a mis en tête du livre des Caractères et de sa traduction de Théophraste, morceaux qui servent de Préfaces à ces deux ouvrages, il prend soin de déterminer le genre de ses études et de marquer la place qu'il a voulu prendre parmi les moralistes :

« Ce ne sont point, dit-il, des maximes que j'ai voulu écrire : elles sont comme des lois dans la morale, et j'avoue que je n*ai ni assez d'autorité ni assez de génie pour faire le législateur, » (Voyez t. I, p. 6,)

Et, comparant son ouvrage à ceux de Pascal et de La Rochefoucauld, il dit encore (voyez t, II, Discours sur Théophraste) :

« L'un, par l'engagement de son auteur, fait servir la métaphysique à la religion, fait connoître l'àme, ses passions, ses vices, traite les grands et les sérieux motifs pour conduire à la vertu, et veut rendre Ihomme chrétien.

u L'autre, qui est la production d'un esprit instruit par le commerce du monde, et dont la délicatesse étoit égale à la pénétration, observant que l'amour-propre est dans l'homme la cause de toutes ses foiblesses, l'attaque sans relâche, quelque part où il se trouve ; et, cette unique pensée, comme multipliée entre mille autres, a toujours, par le choix des mots et la variété de l'expression, la grâce de la nouveauté.

« L'on ne suit aucune de ces routes dans cet ouvrage {les Caractères) : il est tout différent des deux autres que je viens de toucher : moins sublime que le premier et moins délicat que le second, il ne tend qu'à rendre l'homme raisonnaùlc, mais par des voies simples et communes. »

Enfin, dans la Préface du Discours prononcé dans l'Académie française le i5juîn 1693, on lit :

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