‹ Œuvres complètes de J. de La Bruyère (volume 2)Chapitre 31 sur 141 · Histoire de l'Acalémie française, édition Livet, t. II · texte numérisé non relu

Histoire de l'Acalémie française, édition Livet, t. II

3. Voyez plus haut, p. xsxiv, des extraits des jugements de Voltaire et de Vauvenargues sur La Bruyère.

Liv NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

Caractères de Théophrasle, traduits du grec, avec les Caractères et les mœurs de ce siècle. Le nom de l'auteur ne figure dans aucune, pas même dans le PriviU-ge.

La 1", la 2* et la 3* sont de 1688; il y a peu de différences entre ces trois premières éditions.

La û* est de 1689;

La 5* est de 1690 ;

La 6«est de 1691;

La 7« est de 1692;

La 8<^ est de 169i.

Les cinq qui suivirent la troisième offrent quelques remaniements dans la disposition des matières et un grand nombre de changements et d'additions. Dans la 5* et la 6'^ édition, ces additions ^tt changements sont indiqués par des pieds de mouche entre doubles parenthèses ;(■)); dans la 7% par une Table des nouveaux Caractères, placée à la fin du volume; dans la 8% par une main figurée en marge en face de chaque alinéa nouveau ^

Rien n'est plus important, pour l'étude sérieuse du livre de La Bruyère, que de tenir compte de tous ces remaniements, où l'on voit l'auteur, d'une édition à une autre, préciser sa pensée, la modifier quelquefois, d'autres fois la compléter, plus souvent s'enhardir dans ses jugements et dans ses portraits. « La Bru}ère, dit Sainte-Beuve, emplissant petit à petit ses chapitres, faisait en quelque sorte entrer par stratagème ses soldats dans la place, un à un, sans cocarde ni trompette. Il était de ces sages qui, pour restaurer la raison et la vérité, aiment encore mieux le succès que la victoire 2. »

1. Au-dessous de cette main, la première fois où elle se présentait (au chap. dts Ouvrages de l'esp-it, n» 29), La Bruyère avait mis en note : « Marque qu'on a exigée de moi pendant le cours de cette édition. » Ce mot txigee a donné lieu à bien des discussions. Plusieurs éditeurs ont cru y voir une allusion à la censure ; comme si la censure avait un intérêt quelconque à faire remarquer ce qui était nouveau dans le livre. Nous croyons, avec M. Servois, que cette marque n'a été exigée que par le libraire, Michallet, intéressé, bien plutôt que la censure, à faire remarquer les additions de l'édition nouvelle. La Bruyère consentit du reste assez aisément à cette exi gcnce ; car on le voit, à la fin de sa préface, très-préoccupé d'épargner à ses lecteurs la peine de le relire : « Afin que le public, dit-il, ne fût pas obligé de parcourir ce qui étoil ancien pour passer à ce qu'il y avoit do nouveau, et qu'il trouvât sous les yeux ce qu'il avoit envie de lire, je pris soin de lui désigner celte seconde aiigmenlation par \in iigne particulier. »

2. Sainte-Beuve (Port-Hoyal, t. III, p. 225, édit. in-S".) — U parle ainsi à propos A'Onuphre, qui n'a été inséré qu'en 1691, à la 6« édition.

SUR LA BRUYÈRE. lv

La 9' édition est de 1696. Elle est semblable à la 8% à part quelques variantes d'orthographe.

Toutes les éditions originales du livre de La Bruyère sont précédées de la traduction de Théophraste. Seulement le volume s'étant grossi au delà des limites d'un « livre raisonnable » (selon l'expression de La Bruyère lui-même, dans sa Préface), il crut devoir, à partir de la 6« édition, imprimer la traduction en caractères plus fins.

A mesure que paraissaient à Paris les éditions de Michallet, le libraire Amaulry en publiait à Lyon des réimpressions; on suppose qu'il y avait entre eux un accord à ce sujet.

in. — Éditions postérieures a La Bruyère.

11 faut distinguer les anciennes éditions (de 1697 à 18Zi5), dont les auteurs ont fait preuve de plus de zèle que de critique, et celles qui, comme l'édition de M. Walckenaer (1845) et les éditions faites sur le modèle de cette dernière, ont donné le texte de La Bruyère collationné sur les diverses éditions originales, accompagné des variantes et d'un examen sérieux du texte et des clefs. (Voyez le § iv.)

1° Avant 18/i5.

Nous n'indiquerons pas toutes les contrefaçons publiées en Hollande, soit du vivant de l'auteur, soit aussitôt après sa mort, ni les éditions qui sont de simples réimpressions, mais seulemeut celles qui offrent quelque travail personnel et auxquelles reste attaché un nom d'auteur ou de libraire :

Les Caractères de Théophraste, traduits du grec, avec les Caractères ou les mœurs de ce siècle, par M. de La Bruyère, avec la clet en marge; édition augmentée de la Défense de La Bruyère, par Coste, et du Nouveau Théophraste, de Brillon. Amsterdam, 1720, 3 vol. in-12; édition plusieurs fois réimprimée, notamment par Delalain, 2 vol. in-18, Paris, 1818.

Id. par B** de B** (Belin de Ballu). 3 vol. in-8°, Paris, 1790.

/(/. avec additions et notes nouvelles, par J.-G. Schweighaeuser, 3 vol. in-8°, Paris, 1803.

LVi NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

Les Caractères de La Bruyère (seuls), avec de nouvelles notes critiques, précédés d'une notice historique et littéraire sur La Bruyère, par M™* de Genlis, in-12, Paris, 1812.

Les Caractères de Thêophraste et de La Bnnjère, précédés d'une notice sur La Bruyère et ses écrits, par Suard. 2 vol. in-8", Paris, 1813; édition plusieurs fois réimprimée.

Id. avec La Rochefoucauld et Vauvenargues, et des notices par G.-B. Depping, in-8°, Paris, 1818.

Id. avec une notice sur La Bruyère, considéré comme écrivain et comme moraliste, par Simonnin. 2 vol. in-12, Paris, 1822.

Id. avec des notes et un Avertissement sur La Bruyère, par Auger, et les notes de Schweighaeuser sur Thêophraste; 3 vol. in-32, Paris, 1823 (chez Lefèvre; édition réimprimée depuis en 2 vol. in-8% 182/i).

Id. A. M. D. G. (édition publiée par le P. Loriquet), in-12, Paris et Lyon, 1824.

Id. avec une notice de Sainte-Beuve et des dessins de Penguilly, Grandville, J. David, etc., grand in-S", Paris, ISàk.

Il a été publié au moins deux autres éditions illustrées de La Bruyère : Tune par la librairie Penaud, l'autre par Mame. 1 vol. gr. in-S" avec 18 gravures à l'eau-forte, par V. Foulquier, Tours,

2° Depuis 1845.

Les Caractères de Thêophraste et de La Bruyère, édition précédée d'une étude sur La Bruyère et sur son livre, et suivie d'un appendice contenant les changements faits par l'auteur dans chacune des neuf éditions qu'il a données, avec des remarques et des éclaircissements historiques, par le baron Walckenaer, 2 vol. in-12, Paris, 18Zi5.

Id. Nouvelle édition collectionnée sur les éditions données par l'auteur, par Adrien Destailleur, 2 vol. in-12, Paris, 185/4; 2" édition, 1861.

Id. Nouvelle édition, etc., par G. Servois, 3 vol. in-8", Paris, 1867. Les deux premiers volumes seulement ont paru.

Id. Texte publié d'après la neuvième édition originale de 1696,

SUR LA BRUYÈRE. lvii

avec une notice et des notes, par Ch. Asselineau, 2 vol. in-12, Paris, 1872.

Signalons encore les éditions classiques publiées par MM. Hémardinquer (1849), Servois (1865), Godefroy (187Zi) , Ordinaire (1875).

M. Jouaust a publié, dans la collection intitulée Cabinet du Bibliophile^ une sorte de fac-similé de l'édition de 1688, sous ce titre : le Pre?nier Texte de La Bruyère^ 1 vol. in-12, de 224 pages, Paris, 1868.

Citons enfin, mais seulement pour mémoire, une sotte rapsodie attribuée par nous ne savons quel bibliographe à La Bruyère, la Dieudiade ou Caractères satiriques de la cour de Louis XIV, qui se trouve parmi les manuscrits de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. (Voj'ez le Bulletin du bibliophile, année 1861, p. 107, et V Introduction de l'édition de M. Asselineau, p. xxxvij.)

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