Voyez plus bas, n
[72] De tous ceux qui s'empressent auprès des grands et qui'' leur font la cour, un petit nombre les honore dans le cœur, un grand nombre les recherche par des vues d'ambition et d'intérêt, un plus grand nombre par une ridicule vanité, ou par** une sotte impatience de se faire voir.
[73] Il y a de certaines familles qui, par les lois du monde ou ce qu'on appelle de la bienséance, doivent être irréconciliables. Les voilà réunies; et où la religion a échoué quand elle a voulu l'entreprendre, l'intérêt s'en joue, et le fait sans peines
[7/i] L'on parle d'une région où les vieillards sont galants, polis et civils; les jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans mœurs ni politesse^ : ils se trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où l'on commence ailleurs à la sentir; ils leur préfèrent des repas, des viandes, et des amours ridicules^. Celui-là chez eux est sobre et modéré, qui ne s'enivre que de vin : l'usage trop fréquent qu'ils en ont fait le leur a rendu insipide : ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par des eaux-de-vie, et par toutes les liqueurs les plus violentes; il ne manque à leur débauche que de boire de l'eau-forte. Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté
' Qui n'est pas dans les éditions l'"''-7''. '" Par n'est pas dans les éditions l"'-5^. * Édition "t".
1. M""* de Scudcry écrivait à Bussy en 1673 : « Le maréchal de Grammont est plus galant mille fois que nos jeunes gens : cela me fait voir que ce qui s'en va vaut mieux que ce qui vient. »