‹ Œuvres complètes de J. de La Bruyère (volume 2)Chapitre 97 sur 141 · Le vin de Champagne, de Brie · texte numérisé non relu

Le vin de Champagne, de Brie

2. Pensée développée par Massillon (Petit Carême, 11^ dimanche) :

semble qu'il doive s'en servir. Si c'est en faveur d'un homme de bien , il doit appréhender qu'elle ne lui échappe ; mais comme c'est en une chose juste, il doit prévenir la sollicitation, et n'être vu que pour être remercié; et si elle est facile, il ne doit pas même la lui faire valoir. S'il la lui refuse, je les plains tous deux'\

[32] Il y a des hommes nés inaccessibles, et ce sont précisément ceux de qui les autres ont besoin, de qui ils dépendent. Ils ne sont jamais que sur un pied; mobiles comme le mercure, ils pirouettent, ils gesticulent, ils crient, ils s'agitent; semblables à ces figures de carton qui servent de montre à une fête publique, ils jettent feu et flamme, tonnent et foudroient* : on n'en approche pas, jusqu'à ce que venant à s'éteindre, ils tombent, et par leur chute deviennent traitables, mais inutiles ^.

[33] Le suisse, le valet de chambre, l'homme de livrée, s'ils n'ont plus d'esprit que ne porte leur condition, ne jugent plus d'eux-mêmes par leur première bassesse , mais par l'élévation et la fortune des gens qu'ils servent, et mettent tous ceux qui entrent par leur porte, et montent leur escalier, indifféremment au-dessous d'eux et de leurs maîtres : tant il est vrai qu'on est destiné à souffrir des grands et de ce qui leur appartient *=^!

* Edition 4«.

^ Édition 6«.

<= Édition 4«.

« Qu'y a-t-il dans votre état de plus digne d'envie que le pouvoir de faire des heureux? etc.. » Elle se trouve déjà dans Cicéron, Pro Ligario, ch. xii.

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