IV. Ordre des successions légitimes
Il V a trois ordres de successions légitimes , selon trois ordres de personnes que les lois y appellent. Le premier est celui des enfans et autres descendans ; le second des pères et mères et autres ascendans ; et le troisième des frères et sœurs, et des autres proches qu'on appelle collatéraux; parce qu'au lieu que les descendans et les ascendans sont dans une même ligue qui les lie successivement de l'un à l'autre , les frères et tous les autres plus éloignés, sont entre eux les uns à côté des autres, chacun dans sa ligne , sous les ascendans qui.leur sont communs.
Le premier de ces trois ordres , qui appelle les enfans à la succession des parens, est tout naturel, comme une suite de l'ordre divin qui donne la vie aux hommes par la naissance qu'ils tiennent de leurs parens. Car, comme la vie est un don qui rend nécessaire l'usage des biens temporels , et que Dieu les donne par im second bienfait qui est une suite de ce premier, il est naturel que les biens étant un accessoire de la vie , ceux des parens pissent aux enfans, comme un bienfait qui doive suivre celui de la vie. Et cette règle, qui est également de la loi divine et des lois humaines, est si juste et si naturelle, qu'elle est gravée dans le fond de tous les esprits i ].
Le second ordre, qui appelle les ascendans à la succession des descendans, n'est pas naturel comme l'est le premier, qui fait succéder les descendans aux ascendans. Car, comme il est de l'ordre de la nature que les enfans survivent aux parens , il est-contre ce même ordre que les parens survivent à leurs enfans. Mais quand ce cas arrive , il serait contre l'équité naturelle que les parens fussent privés du triste soulagement de succéder à leurs enfans , et qu'ils souffrissent en même temps, et la perte de leurs personnes, et celle de leurs biens {%';. Et la même raison qui lie au bienfait de la vie celui des biens temporels , et qui fait que les enfans reçoivent l'un et l'autre de leurs parens, demande aussi que lorsque les ascendans survivent aux descendans qui meurent sans enfans , ils ne
(i^ V. au chap. 3 da traité des lois, u° 3. Gènes., i5, 4. Kom. 8, 17. Pov. i3, 22. L. 7, ff. de bon. damn. (2) L. 7,§ i, ff. si tab. test. nul. ext . undèlib. L. 6, ff . de jure dot, L. i5, ff. de inoff. test.