SCÈNE VIL MEZZETIN, PIERROT, COLOMBINE
MEZZETIir, aperceraiit Colomlniie.
Que vois-je, Pierrot? Ai-je la berlue? Oui.... non.... si fait : c'est elle ; c'est ma sœur.
PIERROT
Votre sœur? Je n'en crois rien, monsieur, si je n y touche.
MEZZETIlf.
C est elle-même. Et que £ûtes-vous donc ici , madame la coureuse?
COLOMRI9E.
Ah, mon frère ! ne vous emportez point; je vous dirai....
MEZZETIN
Et que me diras-tu, effrontée? Tiens, il me prend envie de faire une capilotade de ton foie, de ta fressure, de ton gésier.
COLOMRINE.
Mon pauvre Pierrot!...
PIERROT
Mon pauvre Pierrot! Votre frère a raison; j'aime llionneur, moi; et je ne veux pas qu'une fille coure le guilledou.
MEZZETIlf.
Parle donc; dis-moi, quelle raison as- tu eue de
aG8 LES FILLES ERRANTES.
sortir de la maison paternelle, earogne, carognissimc?
PIERBOT.
Voulez-vouB parier, moniieur, que c'est l'amour qui l'a mise en campagne ? Les filles sont des vaisseaux qui ne vont d'ordinaire que de ce vent-là.
CULOMBIN2.
Je vous dirai , mon frère , que sïtât que vous fâtcg parti , il vint un jeune cAvnlier, le plus civil du monde, demander h loger dans notre hôtellerie : pour ne pns puroître moins civile que lui , je lui fis touti>B les lionn£t(-l(>s dont j'^tois capable. Aussi pourquoi me laissez-vous seule?
( Ella ptcnn on diuiit cm daraUri boU,) PIERROT.
Je vous l'ai toujours dit, monsieur; il faut de b compagnie aux Biles , quand ce ne seroit qu'un manche à balai.
MEZZETIV.
Hé bien ?
COLOMBIHE.
Silot qu'il fut arrivé, il me pria, mais le plut honuCtcment du monde, de lui donner une chambre. Pour lui faire plaisir, je le menai moi-même, par civilité , dans la belle chambre qui est de plainpiedà la cour.
PIERROT
Rir civilité?
COLOMBISE.
Piir civilité. Mais il ne voulut point y demeurer,