‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 148 sur 239 · SCÈNE VIL MEZZETIN, PIERROT, COLOMBINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL MEZZETIN, PIERROT, COLOMBINE

MEZZETIir, aperceraiit Colomlniie.

Que vois-je, Pierrot? Ai-je la berlue? Oui.... non.... si fait : c'est elle ; c'est ma sœur.

PIERROT

Votre sœur? Je n'en crois rien, monsieur, si je n y touche.

MEZZETIlf.

C est elle-même. Et que £ûtes-vous donc ici , madame la coureuse?

COLOMRI9E.

Ah, mon frère ! ne vous emportez point; je vous dirai....

MEZZETIN

Et que me diras-tu, effrontée? Tiens, il me prend envie de faire une capilotade de ton foie, de ta fressure, de ton gésier.

COLOMRINE.

Mon pauvre Pierrot!...

PIERROT

Mon pauvre Pierrot! Votre frère a raison; j'aime llionneur, moi; et je ne veux pas qu'une fille coure le guilledou.

MEZZETIlf.

Parle donc; dis-moi, quelle raison as- tu eue de

aG8 LES FILLES ERRANTES.

sortir de la maison paternelle, earogne, carognissimc?

PIERBOT.

Voulez-vouB parier, moniieur, que c'est l'amour qui l'a mise en campagne ? Les filles sont des vaisseaux qui ne vont d'ordinaire que de ce vent-là.

CULOMBIN2.

Je vous dirai , mon frère , que sïtât que vous fâtcg parti , il vint un jeune cAvnlier, le plus civil du monde, demander h loger dans notre hôtellerie : pour ne pns puroître moins civile que lui , je lui fis touti>B les lionn£t(-l(>s dont j'^tois capable. Aussi pourquoi me laissez-vous seule?

( Ella ptcnn on diuiit cm daraUri boU,) PIERROT.

Je vous l'ai toujours dit, monsieur; il faut de b compagnie aux Biles , quand ce ne seroit qu'un manche à balai.

MEZZETIV.

Hé bien ?

COLOMBIHE.

Silot qu'il fut arrivé, il me pria, mais le plut honuCtcment du monde, de lui donner une chambre. Pour lui faire plaisir, je le menai moi-même, par civilité , dans la belle chambre qui est de plainpiedà la cour.

PIERROT

Rir civilité?

COLOMBISE.

Piir civilité. Mais il ne voulut point y demeurer,

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