ACTE III, SCENE IV. 3o
qui vient dans sti villa pour af&ire de grand importement.
ARLEQUin, Àpart.
Vous verrez que c'esl un de ces sots qui se sont kissé prendre.
LE HOLLANDOIS
Moi avoir toujours fait mon service sur la mer , et j'ai commandir un vaisseau de guerre des États dans le combat naval.
ARLEQUIN
Comment diable, monsieur! H^l que venez-vous £dre ici ? Apparemment que vous avez un bon passeport?
LE HOLLANDOIS
Moi venir expressément de mon pays, de la part des États, pour demandir à la cour qu'on me rendre mon vaisseau, que sti tiaple de François avoir fait griller comme du poudin.
ARLEQUIN
Oh ! vous avez raison ; voilà de méchants diables que ces François t il falloit crier au feu ; quelqu'un seroit venu à votre secours.
LE HOLLANDOIS
N'être pas là tout, monsir; moi avoir encore perdu mon jambe, qui sti enragés m'<mt emporté dans la bataille.
ARLEQUIN
Si vous avez perdu votre jambe , ce n'est pas ma faute ; je vous assure , monsieur , que je ne l'ai point trouvée.
3o4 LES FILLES ERRANTES.
LE HOLLANDOIS
Moi redemandir mon membre à la cour.
ARLEQUIir^
Ma foi, monsieur, si vous voulez que je vous parle sincèrement , je ne crois pas qu'on vous rende votre jambe.
IiE HOLLANDOIS.
Hé ! pourquoi , monsir ?
ARLEQUIN
Bon ! s'il falloit, à la cour, que l'on rendît à vos confrères les HoUandois tous les membres que les François leur ont emportés cette année, il n'y auroit plus ni bras ni jambes en France.
LE HOLLAIfDOIS.
Mais , monsir , comment faire pour servir ? moi , n'avoir plus ni jambe , ni vaisseau.
Je vous conseille, monsieur, d'aller servir aux Invalides. A ce que je vois, monsieur le HoUandois, vous avez été un peu démâté , hé , hé , hé....
LE HOLLANDOIS
Moi ne rire point, monsir; moi l'être un gentilhomme. Das, dick, der, dondre , vemetre.
ARLEQUIN
Das, dick.... Mon petit ami, vous sentez votre vieux rossé. Je vous renverrai à Fleurus.
(lU se iMittent ; le HoUandois tombe , et £ût plusieurs Isnis arec sa jambe de bois.)
(Scènes italiennes.)