‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 20 sur 239 · ACTE I, SCENE VIL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIL

pour aller. Toutes les fois que je veux aller à la Bastille, il mVminène â Vincennes. Nous appelons ces petits animaux-UÉ , parinî nous , un tendre enga-' gemeni.

COLOXBIlfE.

Comment donc ! qu*est-ce que cela veut dire, un Xmàrt engagement?

TROTEUVILLE.

Vraiment oui. Est-ce que vous ne savez pas «qu*un ^OMlre engagement va plus loin qu^on ne pense ?»

( n oluatc ect derniers npts. ) COLOXBIlfE.

Ah 9 ah ! on voit bien que monsieur sait son Opéra , et qull en est

TROTENVILLE.

Xoi,derOpéra,moi?Fi,6!

COLOMBIIIE.

Comment donc t fi 9 fi ?

TROTEBryiLLE.

Hé fi! vous dis-je : j'en ai été autrefois; mais il m*a iallu plus de vingt lavements et autant de médecines pour me purifier du mauvais air que j'y avois respiré.

ISABELLE

Vous me surprenez, monsieur : j'avois toujours mi que TOpéra étoit le lieu du monde où Ton prenait le meilleur air.

COLOMBINE

Bm , bon ! monsieur de TrotenviUe a beau dire , d voudroit j être rentré , comme tous ceux qui en

sont sortis : c^est un Pérou ; il n'y a pas jusqu'aux violons qui n'nicnt des justaucorps bleus galonnés.

TROTEirVILLE. '

Je veux que le premier entrechat que je ferai me coupe le cou, si jamais j*y mets le pied! Vous moquez-vous de moi? Quand on me donneroit un tiers dans rOpëra, je n'y rcntrerois pas. Pour quelques.... quelques femmes ^ que Ton achète bien , de par tou» les diables! j'irois prostituer ma gloire, et figurer avec le premier venu I Nous sommes glorieux comme tous les diabh^s dans notre profession. Voulez-vous que je vous parle franchement ? L'Opéra n'est plus bon que pour les filles. Il n'y a pas aussi une meilleure condition au monde. Je ne conçois pas l'entôtement des jeunes gens. C'est une fureur, mademoiselle, c'est une fureur; et toutes les coquettes s'en plaignent hautement , cl disent que l'Opéra leur enlève les meilleures pratiques, et qu'elles sont ruinées de fond en comble.

COLOMBlhriî.

Je le crois bien : ces pei*sonnes-là lont grande raisort ; el si j'éVois d'ollcs , jt^ leur fcrois rendre jusqu'à la moindre petite faveur qu'elles auroient reçue.

TllOTKitVILMî.

!tc! h, la, donnez -vous patience; on leur fera peut-être tout rendre : mais cependant elles usent en toute rigueur de leurs privilèges; et un amant qui n'exprime son amour qu'avec des fontanges et de» bas de soie , se morfond dix ans derrière leur porte.

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