‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 52 sur 239 · ACTE III, SCENE VL loi · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VL loi

, CORBTlCHOir*

Je le ctois bien : il a porté les couleurs assez long** temps pour s^y connoître.

BBAILI.AB0ET*

Cda est taux : il D*a jamais porte que du gris chez un bomme d'affaires, et cela s'appelle apprenti sousfermier , et non pas laquais , maître Cornichon , et ooo pas laquais. Mais , messieurs , s'il n'y avoit que delà dissipation dans la conduite de la dame Sotinet, TOUS n'entendriez pas retentir votre tribunal des plaintes de son mari ; mais puisqu'il est aujourd'hui <Migé d'avouer sa honte et schi malheur, 2q>prochez, financiers , plumets , chevaliers, et vous godelureaux les plus déterminés : paroissez sur la scène* Oui , oui , messieurs, nous trouverons de tous ces gens-là dans réquipage de la dame Sotinet , équipage qu'elle pro» mène scandaleusement par toute la ville , et la nuit et le jour. Hais , que dis-je , le jour ! non , ce n'est pcMnt pour elle que le soleil éclaire ; elle méprise cette darté bourgeoise; elle ne sort de chez, elle qu'avec les oublieurs , et n'y rentre qu'à la faveur des erieurs d'eau*de*vie«

CORiriCHOV*

La pauvre femme y est bien obligée. Son mari a la cnuttité de lui refuser un flambeau ; il faut bien qu'dle attende le jour pour s'en retourner chez elle*

BRAILLARDET.

On ne manquera pas de vous dire que celui pour qui je suis est un brutal ; j'en tombe d'accord : un

ivrogne ; je le veux : un débauché; j'y consens : un homme même qui est quelq^uefoîs attaqué de vertiges ; cela est vrai : mais, messieurs....

SOTINET.

Mais, monsieur l'avocat, qui vous a donné charge de dire tout cela ? /

BRAILLARDET.

Hé ! taisez-vous , ignorant ; ce sont des figures de rhétorique qui persuadent, (aox jages.) Quand tout cela seroit, dis-je, messieurs, sont-ce des raison? pour faire rompre* un mariage ? Si je vous parlois des intrigues de la dame Sotinet, de ses aventures galantes , de ses subtilités pour tromper son mari ; mais....

jénte diem clause componet 'vesper olympo.

Vous rougiriez , illustres et vieilles coquettes de notre temps , de voir qu'une femme de dix-huit ans TOUS a laissées bien loin après elle dans la carrière de la galanterie , et j'apprendrois aux femmes qui m'écoutent de nouveaux tours de souplesse ( elles n'en savent déjà que trop). Et après cela ^ messieurs, une femme, qui est le précis, l'élixir, la mère-goutte de la transcendante coquetterie, viendra vous demander une séparation ! Ne tiendra-t-il qu'à donner de pareilles détorses à l'Hymen ? Ordonnerez-vous qu'un mari soit déclaré veuf, avant que d'avoir eu le plaisir d'enterrer sa femme? Non, non, vous n'autoriserez point une telle injustice. Nous espérons ,

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