ACTE m, SCENE VI. io
au contraire , que vous obligerez la dame Sotinet à retourner avec son mari, pour mieux vivre avec lui, s^ est possible. C'est à quoi je conclus.
CORIIIGHON.
Toilàune belle conclusion. CHi çà , çà, nous allons
TOÎr. ( U plaide. )
Messieurs , je parle pour damoiselle Zorobabel de Roque ventrousse, demanderesse en séparation, contre Mathurin-Blaise Sotinet , sous-fermier , ci-<levaiit laquais , et défendeur.
Uaspect de ce sénat cornu , pompe digne de l'Hymen ; cet attirail fiineste et menaçant , tout cela , je Favoue , mlnspire quelque terreur ; mais d'un autre côté , réquité de ma cause me recréai et reficit; puis* que je parle ici pour quantité de femmes , qui vous <lisent par ma boucbe qu'un mari est à présent un meuble fort inutile , et que, quand il n'y en auroit point, le monde ne finiroit pas pour cela.
Le mois de mars 87 , Mathurin-Blaise Sotinet , âgé de soixante-dix ans, sentit un prurit pour la noce, une démangeaison pour le mariage; cette vieille rosse, refaite et maquignonée, cette mèche sèche et ridée , prit feu aux étincelles des yeux de celle pour qui je parle. Il l'épousa , et il ne tint qu'à lui de voir qu'il avoit mis dans sa maison un trésor de sagesse et de prudence , puisqu'elle ne dépensa , en se mariant, que les vingt mille écus qu'elle avoit eus en mariage. Rare exemple de modération pour les femmes d'aujourd'hui, qui montent insolemment sur
îo4 LE DIVQRCE.
une grosse dot , pour insulter à réconomie de IcurA maris.
BRAILLÀRDBT. en rUnt.
Hn,ha,hal l'économie de la dame SotinctlTavoift oublii^ de vous dire, messieurs, que le mariage fut presque rompu , parce que le futur n'avolt envoyé qu'un carreau de cinq cents ^cus.
conrcîCîïow.
Je le crois bien : je connois la fîlle d*un drapier qui en a renvoyé un de deux mille livres; et si, dans ce temps-là , les drapiers n'avoient pas gagné leur procès contre les marchands de soie*
BnAILT.ABDKT.
La femme d*un sous*fermier , un carreau de cinq cents écus!
conmciToir.
Oh! taisez-vous donc, si vous pouvez. Si on n^itn'pose silence à maître Brnillardet, je n'achèverai ja« mais ma plaidoirie. C'est une femme que cet homnic- ]h ; il ne débabille pas.
Vous la voyez, messieurs, à votre tribunal, cette innocenta opprimée , cette femme qui engage ses pierreries, vend sa vaissrU/> d'argent. Mais pourquoi fait-elle tout cela? pour tirer son mari de prison.
Le sieur Sotinct étoit entré malheureusement dans Taflfaire du bois carré. Tous ses associés sont en fuite. On Tar^^ctiende au corps; on l'entraîne au For— FEvéque. Cette chaste tourterelle, privée de son tourtereau , que d'impitoyables sergents lui ont en*