‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 3)Chapitre 8 sur 246 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

MEZZETIK.

Eq vérité , je suis ravi de te voir. Je parlois tout à l'heure de toi. Tu arrives fort à propos pour rendre service à monsieur Aurélio , dans une affaire d« conséc|uence.

ARLEQUIH.

Qui ? monsieur Aurétio , mon ancien maître ? celui qui a tant de noblesse , et qui n'a jamais le sou ?

MEZZETIir.

Lui-même : il est aussi gueux à présent comme il étoit du temps que tu le servois.

' ARLEQUIN

Tant pis ; car je ne suis pas aussi sot que je l'ai été, moi ; et je ne m'emploierai jamais pdur qui que ce soit , qu'auparavant je ne sois assuré de la récompense.

MEZZETIN

Va, va, le seigneur Aurélio est honnête homme. Sers-le bien , et ne te mets point en peine ; tes gages te seront bien payés ; et si l'affaire que j'ai en tête réussit , je te réponds d'une bonne récompense. Mais tire-moi d'un doute : il a couru un bruit que tu avoJs été pendu, et je te croyoîs déjà bien sec.

ARLEQUIIT.

Eh! point du tout; je me porte le mieux du monde : il est vrai que j'ai eu quelque petite indisposition , et que j'ai été sur le point de mourir de la courte haleine ; mais je m'en suis bien guéri.

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4o LE DIVORCE.

HEZZETIir.

CoDte-moi donc ta maladie.

AHLEQUIir.

Oui - dà. Tu sais bien que j'ai toujours aimé les grandes choses : dès le temps même que nous avions Thonneur de servir ensemble le roi sur ses galères....

MEZZETIN

Ne parlons point de cela ; je sais que tu as toujours été homme d'esprit.

ARLEQDIir.

Je n'eus pas plus tôt quitté la rame, que je me jetai malheureusement dans les médailles.

MEZZETI».

Comment , dans les médailles ? dans les antiques ?

A.RLEQU17T.

Non , dans les médailles ; c'est-^t-dire que qunnd je n'avois rien à faire , pour me désennuyer , je m'amusois à mettre le portrait du roi sur des pièces de cuivre , que je couvrois d'argent, et que je donnoisà mes amis pour du pain, du vin , de la viande , et autres choses nécessaires : mais comme il y a toujours des envieux dans le monde (voyez, je vous prie, comme on empoisonne les p|us belles actions de la vie ! ) , on fut dire à la justice que je me mélois de faire de la fausse monnoie.

MEZZETIN

Quelle apparence ?

ARLEQUIir.

D'abord la justice m'envoya prier de lui allerparler.

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