Acte i, scène h
MEZZETIN
Qui envoya-t-elle ? des pages?
ARLEQDIIÏ.
Nenni, diable! c'étoient tous gens de distinction et qualifiés. Ils avoient des épées , des plumets bleus, des mousquetoDs.
HEZZETIIT.
Je vous entends; poursuivez.
ARLEQUIir.
Ces messieurs montèrent donc dans ma chambre , et, le plus honnêtement du monde, me prièrent, de la part de la justice, de lui aller parler tout à l'heure; qu'il y avoit un carrosse à la porte , qui m'atteodoit
HEZZETIH.
Et vous ?
, ARlEQUIir.
Et moi , j'eus beau dire que j'avois affaire , que je ne pouvois pas sortir, que j'irois une autre fois, ii me fut impossible de résister aux honnêtetés et aux empressements de ces messieurs-là.
HEZZETIIT, Ipan.
Aux honnêtetés des pousse-culs !
ARLEQUIN
Oh , pour cela , rien n*est plus vrai ; je n'ai jamais vu de gens plus honnêtes. L'un m'avoit pris par un bras , aussi m'avoit fait l'autre , en me disant le plus obligeamment du monde : Oh! puisque nous avons été assez heureux que de vous trouver , vous ne nous échapperez pas , et nous aurons le plaisir de vous
umitiïcDïGoOgk"-
4a LE DIVORCE.
emmener avec nous ; et à force de civilités , ils m*entr^nèrent dans leuc carrosse , et me conduisirent à la justice. D'abord que je fus arrivé , on me présenta à cinq ou six vb^ges vénérables , qui étoieot assis sur des fleurs-de-lis.
MEZZETIff.
Fort bien ! et ces messieurs ne vous prièrent>iU point de vous asseoir?"
ARLEQUIN
Assurément. Celui qui étoit au milieu d'eux me dit : N'est-ce point vous , monsieur , qui vous mêlez de médailles ? Â quoi je répondis fort modestement : Oui, monsieur, pour vous rendre Qies très humbles services. Vous êtes un honnlte homme, ajouta-t-il; tout à l'heure nous allons parler à vous ; asseyez-vous toujours en attendant. -
HEZZETIIT.
Et où t'asseoir? dans un fauteuil?