ACTE I, SCENE II
HECTOR
Mais mon maître est aimé.
herine.
Dont j'enrage , morbleu !
Ne verrai-je jamais les femmes détrompées De ces coliGchets, de ces fades poupées, Qui n'oht, pour imposer, qu'un grand air débraillé, Un nez de tous côtés de tabac barbouillé , Une lèvre qu'on mord pour rendre plus vermeille , Un chapeau chiffonné qui tombe sur l'oreille, Une longue steinkerque à replis tortueux.
Un haut-de*chausse bas prêt à tomber sous eux ; Qui , faisant le gros dos, la main dans la ceinture , Viennent , pour tout mérite , étaler leur figure ?
C'est le goût d'à présent; tes cris sont superflus. Mon enfant,
NlÉRIiyE.
Je veux , moi , réformer cet abus.
Je ne souffrirai pas qu'on trompe ma maîtresse , Et qu'on profite ainsi d'une tendre foiblesse; Qu'elle épouse un joueur, un petit brelandier. Un franc dissipateur, et dont tout le métier Est d'aller de cent lieux faire la découverte Où de jeux et d'amour on tient boutique ouverte , Et qui le conduiront tout droit à l'hôpital.
HECTOR
Ton sermon me paroît un tant soit peu brutal. Mais, tant que tu voudi-as, parle, prêche , tempête ,
Ta maîtresse est coiffée.
NÉRINE
Et crois-tu , dans ta tête , Que Tamour sur son cœur ait un si grand pouvoir? Elle est fille d'esprit ; peut-être dès ce soir Dorante, par mes soins, Tépousera.
HECTOR
Tarare'!
Elle est dans mes filets.
JSÉUINE.
Et moi je te déclare Que je Ten tirerai dès aujourd'hui.
HECTOR
Bon , bon !
NJÉRINE.
Que Dorante a pour lui Nérine et la raison.
HECTOR
Et nous avons l'amour. Tu sais que d'ordinaire, Quand l'amour veut parler, la raison doit se taire , Dans les femmes , s'entend.
- NERINE.
Tu verras que chez nous, Quand la raison agit, l'amour a le dessous.
Ton maître est un amant d'une espèce plaisante! Son amour peut passer pour fièvre intermittente ; Son feu pour Angélique est un flux et reflux.
HECTOR
Elle est, après le jeu , ce qu'il aime le plus.