ACTE I, SCENE IL
NÉRIITE.
Oui , c'est la passion qui seule le dévore :
Dès quUI a de Targent , son amour s'évapore.
Mais en revanche aussi , quand il n'a pas un sou , Tu m'avoûras qu'il est amoureux comme un fou.
irÉRINE.
Oh ! j'empêcherai bien....
HECTOR
Nous ne te craignons guère; Et ta maîtresse, encor hier, promit à Valère De lui donner dans peu , pour prix de son amour, Son portrait enrichi de brillants tout autour. Nous lattendons , ma chère , avec impatience : Nous aimons les bijoux avec concupiscence.
NARINE
Le portrait est tout prêt, mais ce n'est pas pour lui , Et Dorante en sera possesseur aujourd'hui.
HECTOR
A d'autres.
NÉRINX.
N'est-ce pas une honte à Valère , Étant fils de famille , ayant encor son père , Qu'il vive comme il fait , et que , comme un banni. Depuis un an il loge en cet hôtel garni ?
HECTOR
Et vous y logez bien , et vous et votre clique.
NiRINE.
Est-ce de même, dis? Ma maîtresse Angélique,
aoo LE JOUEUR.
Et la veuve sa sœur , ne sont dans ce pays
Que pour un temps, et n'ont point de père à Paris.
HECTOR.'
Valère a déserté la maison paternelle, Mais ce n'est point à lui qu'il faut faire querelle ; Et si monsieur son père a voit voulu sortir, Nous y serions encore, à ne t'en point mentir. Ces pères , bien souvent , sont obstinés en diable.
ICÉRINE.
Il a tort , en effet , d'être si peu traitable I Quoi qu'il en soit , enfin , je ne t'abuse pas ^ Je fais la guerre ouverte ; et je vais de ce pas Dire ce que je vois , avertir ma maîtresse Que Valère toujours est faux dans sa promesse; Qu'il ne sera jamais digne de ses amours ; ^ Qu'il a joué , qu'il joue, et qu'il joûi*a toujours. Adieu.
H£CTOR«
Bonjour.