‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 117 sur 273 · ACTE I, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VII

Je ne puis retenir ma bile davantage,

Et ne saurois souffrir votre libertinage.

Vous êtes pilier-né de tous les lansquenets,

Qui sont , pour la jeunesse , autant de trébuchets.

Un bois plein de voleurs est un plus sûr passage ;

Dans ces lieux, jour et miit, ce n'est que brigandage.

Il faut opter des deux, être dupe ou fripoq. ^

HECTOR

Tous ces jeux de hasard n'attirent rien de bon. J'aime les jeux galants oîi l'esprit se déploie.

( k G^rontc. )

C'est, monsieur, par exemple, un joli jeu que l'oie.

G^RONTE, À Hector.

(A Valère.)

Tais-toi, Non , à présent le jeu n'est que foreur : On joue argent, bijoux, maisons, contrats, honneur; Et c'est ce qu'une femme, en cette humeur à craindre. Bisque plus volontiers, et perd plus sans se plaindre.

HECTOR

Oh! nous ne risquons pas, monsieur, de tels bijoux.

GI^ROKTE.

Votre conduite enfin m'enflamme de courroux ; Je ne puis vous souffrir vivre de cette sorte : Vous m'avez obligé de vous fermer ma porte; Jetois las, attendant chez moi votre retour.

Qu'on fît du jour la nuit, et de la nuit le jour.

HECTOR

C'est bien fait. Ces joueurs qui courent la fortune , Dans leurs dérèglements ressemblent à la lune , II. 14

Se couchant le matin , et se levant le soin

GÉHONTE.

Vous me poussez à bout; mais je vous ferai voir Que si vous ne changea de vie et de manière , Je saurai me servir de mon pouvoir de p«re, Et que de mon couiroux vous sentirez l'effet

HECTOlt, AVftlère.

Votre père a rai3on.

GÉRONTÎE.

Comme le voilà fait!

Débraillé , mal peigné, Tœil hagard! A sa mine On croiroil quHl viendroit, dans la forêt voisine , De faire un mauvais coup.

HECTOR, àpart.

On croiroit vrai de lui ; Il a fait trente fois coupe^rge aujourdliui.

CÉROITTE.

Serez- vous bientôt las d'une telle conduite? Parlez, que dois-je enfin espérer dans la suite?

VALÈRE

Je reviens aujourd'hui de mon égarement, Et ne veux plus jouer, mon père , s^bsolument.

HECTOR, ii part.

Voilà du fruit nouveau dont son fils le régale.

GléRONTE.

Quand ils n'ont pas un sou , voilà de leur morale.

VALÈRE

J'ai de l'argent encore ; et, pour vous contenter, De mes dettes je veux aujourd'hui m'acquit ter.

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