SCÈNE IL LA COMTESSE, ANGÉLIQUE, NÉRINE
' LA COMTESSE
Os dit partout , ma sœur , qu'un peu moins prévenue , Vous épousez Dorante.
ANGÉLIQUE
Oui , j'y suis résolue.
Mon cœur en est ravi. Valère est un vrai fou , Qui joûroit votre bien jusques au dernier sou.
ANGJÉLIQUE.
D'accord.
1 LA COMTESSE
' J'aime à vous voir vaincre votre tendresse.
Cet amour, entre nous, étoit une foiblesse.
Il faut se dégager de ces attachements Que la raison condamne et qui flattent nos sens.
ANGÉLIQUE
Il est vrai.
LA COMTESSE
Rien n'est plus à craindre dans la vie»
Qu'un époux qui du jeu ressent la tyrannie.
J'aimerois mieux qu'il fut gueux, avaricieux. Coquet, fâcheux, mal fait, brutal, capricieux , Ivrogne, sans esprit, débauché, sot, colère.
Que d'être un emporté joueur comme est Valère.
ANGIÊLIQUE.
Je sais que ce défaut ^st jie pl^$ grand de tous.
LA COMTESSE
Vous ne voulez donc plus en faire votre époux ?
ANGISLIQUE.
Moi ? non : dans cç dessein nos hjmneurs sont conformes. Il a , ma foi , reçu son congé dans les formes.
1,JL COMTESSE.
C'est bien fait. Puisqu'enfin vous renoncez à lui , Je vais l'épouser , moi.
AJfOitlXlVE.
L'épouser?
LA CQm.T^SSE.
Aujour4'hui.
. AirG;ÉLIQUf.-
Ce joueur, qu'à l'instant.... •
LA COMTESSJE.
Je saurai le réduire.
On sait sur les m$M^ ce qye l'on a .4'enipire.
ANGÉLIQUE
Quoi! vous voulez, ma sœur, avec cet air si doux,