‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 4)Chapitre 217 sur 273 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

CLARIGE.

Vous éles un ingrat, 011 lâche , un infidèle : Suivez, servez, aimez, «dorez Isabelle.

LiAVDKB, è Carlin.

Ah ! maraud , qu'as-tu dit ?

CARLIir.

He bien! ne voilà pas?

J'aurai fait tout le mal.

X>^AHI>ltE, èairîce.

J'adore vos appas ; Et je vetix que du ciel la vengeance et k fondre Me punisse à vos jeux , et me réduise en poudre , Si mon cœur, tout à vous , adore un antre objet.

GAitLIir.

Ne jurez pas, monsieur; vous êtes trop distrait.

GLAIIICE. ^

Vous aimez Isabelle ; et de quelle assurance Prononcez-vous un nom dont mon amour s'oflfense ?

Ll^AlfDIlE.

J'ai parlé d'Isabelle ? eh! vous voulez, je croi , Éprouver mon amour, ou vous railler de moi.

Moi , parler devant vous d'autre que de vous-même, Vous , qui m'occupez seule , et que seule aussi j'aime !

CARLI9

Il faudroit , par ma foi , qu'il eut perdu l'esprit.

I^liANDRE.

De ce cruel soupçon ma tendresse s'aigrit ;

Vos yeux vous sont garants qu'il ne m'est pas possible

Que pour quelque autre objet je devienne sensible.

Ah , madame! à propos, vous avez quelque accès Auprès du rapporteur que j'ai dans mon procès. Écrivez-lui, de grâce, un mot pour mon affaire.

GLARICE.

Volontiers.

CARLIN, à part.

A propos , est là fort nécessaire.

GLARICE.

Quels que soient vos discours pour me persuader, J'aime trop , pour ne pas toujours appréhender ; Mais ces distractions , qui vous sont naturelles , Me rassurent un peu de mes frayeurs mortelles. Je vous juge innocent, et crois que votre erreur Provient de votre esprit plus que de votre cœur.

LiANDRE.

Avec ces sentiments vous me rendez justice.

GARLIN, àCUrice.

Je suis sa caution , il n'a point de malice.

Mais le dédit pourroit traverser vos desseins.

CLARIGE.

Mon oncle, sur ce point , nous prêtera les mains; Il aime fort mon frère , et toute son envie Seroit de voir un jour sa fortune établie :

Pour lui-même à la cour il brigue un régiment.

LEAICDRE.

Je m'offre à le servir pour avoir l'agrément.

Tout h propos ici le voilà qui se montre.

Page 1