‹ Œuvres complètes de J. F. RegnardChapitre 3 sur 19 · DE L'ÉDITION DE · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITION DE

Jb ne prétends point faire ici Téloge du livre que je présente âujourd'hni au public i le nom seul de son auteuif doit lui servir de lustre. Chacun sait que M. Regnard a été ' un des plus beaux génies dé son siècle : ses pièces de théâtre rapprochent de si près du célèbre Molière 9 que l'on ne peut respecter la mémoire de Tun sans rendre justice aux ouvrages de l'autre. Aussi je me garderois bien de rien «jouter au nom qui se lit À la tète de ces œuvres , si je ne me crojois obligé de prévenir le lecteur sur quelques légers défauts qu'il remarquera dans ce livre. Il est à présumer que M. Regnard n'avoit aucun dessein de faire imprimer tes voyages : Tenvie de se désennuyer et de contenter la curiosité de quelques amis particuliers, étoient, je crois, les seuls motifs qui l'ont obligé à les écrire. Cela est d'autant plus facile à persuader , que l'on verra dans ce voliune plusieurs répétitions copiées l*une sur l'autre ^ si mot à mot f qu'il est aisé de juger qu'il les envoyoit à différentes personnes. D'ailleurs, le style, en quelques endroits, en parott négligé^ ce qui prouve clairement qu'il ne prétendoit pas les mettre au grand jour. Cependant les curieux seront si satisfaits des découvertes dont M. Regnard leur fait part , qu'ils lui passeront sans peine de légers défauts. Ce n'est donc point pour eux que je mets cet Avertissement à la tête de cet ouvrage : je ne l'ai fait que pour le lecteur satirique , et pour prévenir ces objections. Il me demandera sans doute pourquoi ayant reconnu les fautes que je lui accuse, je ne

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les ai point corrigëet . A cela je lui répondrai que plaiieurt de nos antemn fn^dernesy «fue j*«n aviois priés, m'ont aTouéy arec une modestie peu ordinaire à leur profession , que les négligences peu châtiées de M, Regnard Teraporteroient toujours sur leurs corrections les mieux fondées : et je crois effectiTcment que les fautes légères de certaines gens sont plus passables que la perfection de certains autres. Je me flatte que la lecture de ce lirre rangera me» lecteurs de mon sentiment. Tl se rencontre k chaque pas des l>eautés dans cet ouvrage , qui en réparent tellement les petites défectuosités, que je puis dire, arec vérité, que les unes servent de lustre aux antres. Je crois que toutes les personnes sensées n'auront qu'à lire pour se confirmer dans ce que je leur avance.

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