A MYLORD COMTE DE BARGODHT
Wootton, le 14 février 1767.
Vous m'avez donné, mylord, le premier vr»« plaisir que j'aie goûté depuis long-temps, ts m'apprenant que j'étois toujours aime à"
M. Watelet. Je le mérite , en Téritë , par mes sentimens pour lui ; et moi qui mloqoiëte trèsmédiocremeot de l'estime du public, je sens que je n'aaroîs jamais pu me passer de la sienne. 11 ne faut absolument point que ses estampes soient en vente avec les autres; et puisque, de peur de reprendre un goût auquel je veux renoncer» je n'ose les avoir avec moi, je vous prie de les prendre au moins en dépAt, jusqu'à ce que vous trouviez à les lui renvoyer^ou à en faire un usage convenable. Si vous trouviez par hasard à les changer entre les mains de quelque amaieur contre un livre de botanique» à la bonne heure, j'aurois le plaisir de mettre à ce livre le nom de M. Watelet ; mais pour les vendre, jamais. Pour le reste, puisque vous voulez bien chercher à m'en défaire» je laisse à votre entière disposition le soin de me rendre ce bon office» pourvu que cela se fasse» de la part des acheteurs» sans faveur et sans préférence» et qu*il ne soit pas question de moi. Puisque vous lie dédaignez pas de vous donner pour moi ce petit tracas» j'attends de la candeur de vos sentimens» que vous consulterez plus mon goût que mon avantage; ce sera m'obliger doublement. Ce n'est point un produit nécessaire à ma subsistance; je le destine en entier a des livres de botanique, seul et dernier amusement auquel je me suis consacré.
L'honneur que vous faites à mademoiselle Le Vasseur de vous souvenir d'elle, Tautorise i vous assurer de sa reconnoissance et de son respect. Agréez, mylord, je vous supplie» les iiiéincs sentimens de ma part.
P. S. Il doit y avoir parmi mes estampes un petit portefeuille conienantde bonnes épreuves de celles de tous mes écrits. Oâerai-je me flatter que vous ne dédaignerez pas ce foible cadeau, et de placer ce porte-feuille parmi les vôtres? Je prends la libertéde vous prier, mylord» de vouloir bien donner cours à la lettre ci-jointe.
k M. bU P£TROU«
WooCton. le U féfrier 4797.
Je confesse» mon cher hûte, le tort que j'ai eu de ne pas répondre sur-le-champ à vo(re M« 39; car, malgré la honte d'avouer votre cré-
dulité, je vois que Pautorité do voiturier Le Comte avoit fait une grande impression sur votre esprit. Je me Adiois d'abord de cette petite foiblessequi me paroissoit peu d'accord avec le grand sens que je roas oonnois; mais chacun a les siennes, et il n*y a qu'un homme bien estimable à qui l'on n'en puisse pas reprocher de plus grandes que celles-là. J'ai été malade» et je ne suis pas bien; j'ai eu des tracas qui ne sont pas finis, et qui m'ont empêché d'exécuter la résolution que j'avois prise do vous écrire au plus vite que je n'étois pas à Morges ; mais j'ai pensé que mon n* 7 vous le diroit assez, et d'ailleurs qu'une nouvelle de cette espèce disparottroit bientôt pour faire place à quelque autre aussi raisonnable.
Vous savez que j'ai peu de foi aux grands guérisseurs. J'ai toujours eu une médiocr opinion du succès de votre voyage de Beifort et vos dernières lettres ne l'ont que trop con * firmée. Gonsolez-vous» mon cher hôte; vos oreilles resteront à peu près ce qu'elles sont ; mais, quoi que j'aie pu vous en dire dans ma colère, les oreilles de votre esprit sont assez ouvertes pour vous consoler d'avoir le tympan matériel un peu obstrué : ce n'est pas le défaut de votre judiciaire qui vous rend crédule, c'est l'excès de votre bonté ; vous estimez trop mes ennemis pour les croire capables d'inventer def mensonges et de payer des pieds-plats pour les divulguer : il est vrai que» si vous n'êtes pas détrompé, ce n'est pas leur faute.
Je tremble que mylord maréchal ne soit dans le même cas» mais d'une manière bien plus cruelle, puisqu'il ne s*agil pas de moins que de perdre l'amitié de celui de tous les hommes à qui je dois le plus et à qui jo suis le plus attaché. Je ne sais ce qu*ont pu manœuvrer auprès de lui le bon David et le fils du jongleur qui est à Berlin; mais mylord maréchal ne m'écrit plus» et m'a môme annoncé qu'il ccsseroit de m'écrire» sans m'en dire aucune autre raison» sinon qu'il étoit vieux^qu'ilécrivoit avec peine, qu'il avoit cessé d'écrire à ses parens » etc. Vous jugez si mon cœur est la dupe de pareils prétextes. Madame la duchesse de Portland. avec qui j'ai fait connoissance l'été dernier chez un voisin» m^a porté en même temps le pluf sensible coup, en me marquant que les nouvelles publiques l'avoient dit à rextrémité, ei
CORRESPCNDANCË.
mo demandant de tes nouvelles. Dans ma frayeur, je me sui» «Aie d^écrire à M. Rougemont ponr saTOir ce qa*il en étott. Il m'a rassuré sur sa rip, an me marquant qu^en eflFet il avoit éfé fort mal, mais qu'il étoit beaucoup mieux. Qui m 3 rassurera maintenant sur son cœur? Depuis le 22 novembre, date de sa der<> nière lettre, je lui ai écrit plusieurs fois, et sur quel toni Point de réponse. Pour comble, je ne sais quelle contenance tenir vis^vis de madame de Portiand, A qui je ne puis différer plus long-temps de répondre, et à qui je ne veux pas dire ma peine. Rendes-moi, je vous en conjt re, le service essentiel d'écrire é mylord maréchal, engagez-le à ne pas me juger sans m'entendre, à me dire au moins de quoi jeauis accusé. Voilà le plus cruel des malheurs de ma vie et qui terminera tous les autres.
Toubliois de vous dire que H. le duc de Graffton, premier commissaire de la trésorerie, ayant appris la vexation exercée à la douane, au sujet de mes livres, a foit ordonner au douanier de rembourser cet argent à Recket, qui Tavoit payé pour moi, et que, dans le billet par lequel il m'en a fait donner avis, il a ajouté un compliment irbs-honnéte de la part du roi. Tout cela est fort honorable, mais ne console pas mon cœur de la peine secrète que vous sayez. Je tous embrasse, mon cher b6te, de tout mon cœur.
A M. DOTBNS.
WoottoD, le 16 Idrrier 1787.
Je suis bien reconnoissant, monsieur, des soins obligeans que vous voulez bien prendre pour la vente de mes bouquins ; mais, sur votre lettre et celles de M. Davenport, Je vois à cela des embarras qui me dégoûteroient tout-à-fait de les vendre^si je savois où les mettre; car ils ne peuvent rester chez M. Davenport, qui ne garde pas son appartement toute Tannée. Je n'aime point une vente publique, même en permettant qu*elle se fasse sous votre nom ; car» outre que le mien est à la téta de la plupart de mes livres, on se doutera bien qu'un fatras si mal choisi et si mal conditionné ne vient pas de TOUS. Il n y a dans ces quatre ou cinq caisses
qu'une centaine au plus de volâmes qui ^^
bons et bien conditionnés : tout le reste h'm
que dn fumier, qui n'est pas même bon i brû.
1er, parce que le papier en est pourri : bon
quelques livres cpie je prenois en paiemeoida
libraires, je me pourvoyois maQ[niiiqoeo«
sur les quais, et cela me fait rire de la dnpen
des acheteurs qui s'attendroie'nt à ttt)0Terii9
livres choisis et de bonnes éditioDs. ïm
pensé que ce qui étoit de débit se léduinDtîi
peu de chose, M. Davenport et deux ootû
de ses amisauroient pu s'en accommoder em
eux sur l'estimation d*un libraire ; le rute A
servi à plier du poivre, et tout cela se «m
fait sans bruit. Mais assurément tout ce btn»
qui m'a été envoyé bien malgré moi de Soii
et qui n'en raloit ni le port ni la peine, w
encore moins ceUe que vous voviei bjes p»
dre pour son débit. Encore un coup, nm»
barras est de savoir où les fourrer. S'il jim
dans votre maison quelque garde-«eilÉ(i
grenier vide oii l'on pAt les mettre wm
incommoder, je vous serois obligé knàt
bien le permettre, et vous pourris /ivî
loisir s'il s'y trouveroit par hassi #(s
chose qui pût voua convenir oai^«»i^
Autrement je ne sais en vérité quehink
toute cette friperie qui me peiae craettesa^
quand je songe à tous les embarm qiei
donne à M. Davenport. Plus il s'y prèienii»
tiers, plus il est indiscret i moi d'aboseràs
complaisance. S'il faut encore aboserdeb^^
tre, j'ai, comme avec lui, la nécessité povfr
cuse, et la persuasion consolante du plai0?i
vous prenez l'un et l'autre à m'obliger.Je^
en fais, monsieur, mes remerclmensdeuc
mon cœur, et je vous prie d'agréer ma n»
humbles salutations.
Si la vente publique ponvoit se faire >> qu'on vit mon nom sur les livres et qo'ot^ doutftt d'on ils viennent, à la bonne iN0^' m'importe fort peu que les acheteun ^^ ensuite qu'ils étoient à moi; maisjeDeTe: pas risquer qu'ils le sachentd*avance,etjes< rapporte lànlessus à vo^ candear.
4e l'Actdéoiia iaT«l« de mnalqag (•},
On ne peut plus être surpris que je le suis, mademoiselle, de receroir une lettre datée de l'Académie royale de musique, par laquelle on réclame des conseils de ma part pour y bien rirre. Vos expressions peignent l'bonnéteiâ avec tant de franchise et de candeur, que je ne TOUS renTerrai pas, pour en recevoir, à ceui qui ont coutume d'en donner à celles qui s'y présentent. Je ne puis cependant pas votis fournir les préceptes que vous me demandez : ne douiet nullement de ma bonne volonté i vous satisfaire; mais je suis moi-même fort embarrassé pour mon propre compte, quoique je ne sois pai dans une carrière aussi glissante : je suis donc hors d'état de vous diriger dans celle où vous êtes entrée.
Je n'ai à vous conseiller que de vous arrêter à deux principes généraux, qui me parroissent èire la base de tontes nos actions, dans tel état que le destin nous ait placés. Le premier,c'est de ne jamais vous écarter du respect que vous paroissez avoir pour les bonnes mœurs; et, pour y réussir, évitez l'impnlsion du cœarei des sens, et qu'utie extrême prudence en soit le correctif.
Le second, dont vous devez sentir toute la nécessité, c'est de Fuir, SDtant que vousie pourrez, la soeMlè de vos compagnes et de leurs adulateurs; rien ne perd aussi facilement que le poison de la louange ei l'air contagieux de cet endroit... Jetez les yem autour de vous, et TOUS remarqueresque cetix on celles qui le respirent, sansAtre en garde contre son efEet, ont le teint Bétri et l'extérieur de machines détraquées. Voilà, mademoiselle, les seules réflexioiu que JB vousengage à faire. Quant au reste, vous me paroissez être douée de toute la pénétration nécessaire pour parer aux inconvéniensqui renaissent à chaque moment dans ce séjour. Acceptez, je vous prie, la coosidératiouqu'a pour vous Totre, etc.
(-] Oa tr«ii*e d*ni la toma m, pase HS> va» pMca d« TCn mdnMtée k DM danofMlle TlMMara, qn'ui peni ni^iatet lj mime que odlc doot U l'itlt Id. G. P.
1 M. GRlITVItU
J'étois, monsieur, extrêmement inquiet de votredépari mercredi au soir; muisje me rassurai le jeudi matin, lejugeantafosolument impraticable ;i'étois bien éloigné de penser même que TOUS le voulussiez essayer. De grâce, ne faites plus de pareils essais jusqu'à ce que le temps soit bien remis et le chemin bien battu. Que la neige qui vous relient à Calvjch ne laisse-t-elle une galerie jusqu'à Wooiton, j'en ferois souvent la mienne; mais dans l'état où est mainienant cette route, je vous conjure da ne la pas tenter, ou je vous proteste que, le lendemain du jour où vous viendrez ici, vous ma verres chez vous quelque temps qu'il fasse. Quelque plaisir que j'aie à vous voir, je ne veux pas le prendre au risque de votre santé.
Je suis ir nir.Jé
ne TOUS di ment,
comme les tnage
et que je n'i iz'que
jevousren' u'ellea
ne soient p ler du
mouton s'il n'y aroit intit de viande à mon garde-manger que je ne sais plus où Is mettre. Bonjour, monsieur. Vous parlez toujours d'un pardon dont vousavez plus besoin que d-envie. puisque vous ne vous corrigez point. Comptes moins sur mon indulgence, mais comptez toujours Mir mon plus sincère attacbemeni.
Que fait mon bon et aimable voisin? comment se porte-l-il? J'ai apprlsavecgrand plaisir son heureuse arrivée à Baih , malgré les temps affreux qui ont dû traverserson voyage : mais maintenant comment s'y trouve-t-il ? la santé, les eaui, les amusemens, comment va tout cela? Vous savez, monsieur, que rien de ce qui vous touche ne peut m'être indifférent: l'attachement que je tous ai voué s'est formé de liens qui sontvolreouvrage; vous TOUS êtes acquis trop de droits sur moi pour ne m'en avoir pas un peu donné sur vous : et il n'est pas juste
CORRESPONDANCE
qne j'ignore ce qui iTi*intéresse si véritablement. Je devrois aussi TOUS parler de moi, parce qu'il faut vous rendre compte de votre bien ; mais je ne vous dirais toujours que les mêmes choses : paisible, oisif, soufh-ant, prenant patience, pestant quelquefois contre le mauvais tempsq i'aller autourdea rochers
fureian et contre l'hiver qui re-
tient C si long-temps, Amuses-
vous, I » désire, mais pas asset
pour tt I de votre retour, car ce
seroit < me> dépens. Hademoi-
selle Le Vasseur vous demande la permission de voua rendre ici ses devoirs, et nous vous supplions l'un et l'autre d'ngréer nos irès-humbles salnlaiiona.
Wooitoa. le iaan 1167.
1 it mon avoir
ne u que vous
voi Is dans les-
quc c moi, J'ap-
prc é les caisses
dans une confusion horrible ; et sachant ee que c'est que la peine d'arranger des livres dépareillés, je voudrois pour tout au monde n« l'avoir pas exposé à cette peine, quoique je sache qu'il la prend de très-bon cœur. S'il se trouve dans tout cela quelque chose qui vous convienne et dont voua vouliez vous accommodrr de quelque manière que ce soit, vous me frrez plaisir sans doute, pourvu que ce ne soil pas uniquement l'intention de me faire plaisir qui vous détermine. Si vous voulez en transformer le prix en une petite rente viagère, de tout mon cœur; quoiqu'il ne me semble pas que, l'Encyclopédie et quelques autres livresde choii ôtès, le reste en vaille la peine, et d'aulânt moins que le produit de ces livres n'étant point nécessaire à ma subsistance , vous serez absolument le mattre de prendre votre temps pour les payer tout à loisir en une ou plusieurs fois, à moi ou à mes hériiiers, tout comme il vous conviendra le mieux. En un mot, je vous laisse absolument décider do toute chose, et m'en rapporte à vous sur tous les points, hors n seul, qui est celui des sAretés dont vous me
parlez; j'en ai une qm ma suffit, «jeinTfii entendre parler d'aucune autre, c eit la prol»! de H. Dulcns.
Je me suis Fait envoyer ici le ballot qm n» lenoit mes livres de botanique dont j« n^tai pas me défaire, etquelquesamresdontj'ai ne. vojé i M. Davenport ce qui s'est irouît »« ma main ; c'est ce que contenoii le balloiqi est rayé sur le catalogue. Les Hrrei départe l'ont été dans les fréquent démèiLieenitii<)t j'ai été forcé défaire; ainsijen'aipudtqi} les compléter. Ces livres sontdeanllïniic, et je n'en vois aucunantrausa{;eâtiireq«à les jeter dans la rivière, ne pouvaut leiu» tir d'un acte de ma volonté.
Vos lettres, monsieur, et touiceqiKJii.c de vous m'inspirent non-seulement la p grande estime, mais une confiincsqnioiiir etmedonnean vrai regret de ne pu *d»c»
nolire personnellement. Je sens qneceiiE» noissance m'eût été très-agréabledusiDsIg temps, et irès-coRSolante dansmeiDâm Je TOUS salue, monsieur, trés-humbld^' de tout mon cœur.
* HTLORD COMTE DE BUCOnT.
Wootton, lalBMii^'
Je ne sais pas surpris, mylord, de l'ctt" vous avez trouvé mes estampes : je n'iutiidF à pis; mais il me parolt cependant sin^i^ qu'il ne s'en soit pas trouvé vmaaw^tit'i.^* telet; quoique parmi beaucoup de ;;nir qu'il m'avoit données, il y en eût peu de»* nés, il yen avoit pourtant : la prèféreKctf ' leur a donnée fait honneur i son burinJ' avois un beaucoup plus grand nnmlnr' H. l'abbé de Saint-Nom. Si elles s'jiw vent, je ne voudrois pas non plus qn'etlnt» sent vendues ; car quoique je n'aie pu 1^ neur de le connottre personnellemeat,(' éloient un cadeau de sa part. Si vaiii »" aviez pas, mylord, et qu'elles pussent "" plaire, vous m'obligeriez beaucoup de ™*' lesagréer. Le papier quevcwsaverealibw de m'envoyer est de la maindemyloniiB* cbal, et me rappelle qu'il y a dans mon ito^ un portrait de lui, sans nom, maislèteW trë»-ressemblant , que pour rien m ndo^'
■e voudrois perdra, et dont j'avoia oublié de Tons parler ; c'est la aeale estampe que je TCuille me réserver^ et quand elle me laisseroit la faniaisre d'avoir les portraits des faommesqui lui reasemb lent, ce goAt ne seroU pas ruineux, Je sens avec combien d'indiscrétion J'abuae de votre temps et de vos bontés; mais quelque peine que vous donne la recherche de ce portrait, j'en aurois une inAniment plus grande à m'en voir privé. Si vous parvenez à le retrouver, je vous supplie, mylord, de vouloir bien l'envoyer é U. Davenport, afin qu'il le joigne au premier envoi qu'il aura la bonté de me faire.
Comme, apria tout, mon recueil éloit assea peu de chose, que probablement il ne s'est pas accra dans les mains des douaniers et des libraires, et que les retranchemens que j'y fais font du reste un objet de très-peu de valeur, j'ai à me reprocher de vous avoir embarrassé de ces bagalclles ; mais, ponr vous dire la vérité, mylord , je ne cherchois qu'un prétexte pour me prévaloir de vos offres et voua montrer ma confiance en vos boniéi.
J'oubliois de voue parler de la découpure de H. Huber; c'est effectivement H. de Voltaire en habit de tfaéfttre (*). Comme je ne suis pas toul-4-fait aussi curieax d'avoir sa figure que celle de mylord maréchal, vous pouvez, mylord, i votre choix, garder, ou jeter, ou donner, on brûler ce chiffon ; pourvu qu'il ne me revienne pas,c'eBtloàtceqae je délire. Agréez, mylord, je vous aupplie, lea aaaureneei de mon respect.
A 1ITL0RI> UaÈCBU..
U IS mm ITST.
C'en est donc fait, mylord, j'ai perdu pour
OBubcr étott dd OviictoI) qal l'éUJlt atUcbé 1 VolUIra, at (|ul. pendul Tingtatu.Ttail »cc lai ilint anc imirac famlliari lé. Hibile (lin) lu irti du doiln, Il l'éloll acquit une rtputatfOD pir un Ulml vraiment ulnordlBilrF, celui de d^coaivr le papirr dénia uKre I repré<mler iualijcta t« plui dtllcatt et les pli» corn pUqii^L II excelloit inrlOBt * fliturcr altultl profil de Vollalrr, «I y iiolt ifqnli une telle ticililé qu'il dtcoiipoli r« proHI uni j io\r, m In malni derrière le dot. Il le Utolt eséctiler par KHI dut. fin lui |:rtMDtaDIt mordra snelrarcbt de Iromig', et 11 aïoit un» manitre pitn «Iglnile encore de I* rrpréwnlerluUnénie lur la neiite-— La plupart da de Uiibrr. extcnttei tur vélIn. tant en Anglelfrre binett dei curicu. on leii liUwgrapbMet t rirli
jamais vos bonnes ([races et votre amitié , au» qu'il me soit même possible de ssvoir et d'imaginer d'où me vient celte perte, n'ayant pas un sentiment dans mon Gtsur, pas une action dans ma conduiw qui n'ait ai, j'ose le dire, confirmer cette précieuse bienveillance que, selon vos promesses tant de fois réitérées, jamais rien ne pouvoit m'Ater. Je connois aisément tout ce qu'on a pu faire auprès de vous pour me nuire je l'ai prévu, j&vous en ai prévenu ; vous m'a> vez assuré qu'on ne réussiroil jamais, /ai dA le croire. A-t-on réussi malgré tout cela ? voiU ce qui me passe; et comment a-t-on réussi au point que vous n'ayez pas même daigné n» dire de quoi je suis coupable, ou du moins de quoije suis accusé? Si je suis coupable, pourquoi me taire mon crime? si Je ne le suis pas, pourquoi me traiter en criminel ? En m'annon- (ant que vous cesserez de m'écrire, vous me Faites entendre que vous n'écrirez plusé personne ; cependant j'apprends que vous écrivez à tout le monde, et que je suis le seul excepté, quoique vous sachiez dans quel tourment m'a jeté votre silence. Mylord, dans quelque erreur que vous puissiez éire, si vous connoissiez, je nedis pas mes sentimens, vous devez les counoltre, mais ma situation, dont vous n'avez pas l'idée, votre humanité du moins vous parleroit pour moi.
n'flMpas moi .- je n'ai point perdu votre bienvràllmce, parce que je n'ai point mérité de la perdre, et qne voua n'êtes ni injusle nj inconstant. On vous aura figiffé sous mon nom nn
CORRESPONDANCE
TOtre santé qu'en m'înformant au tiers et au qnarty et n*en recevant que de vieilles, qui ne me tranquillisent pas? Ne voudriez-vous pas du moins permettrequ'un de vos laquais m'écrivit
de temps en temps comment vous vous portesi^? Je me résigue à tout, mais je ne conçois rien dft plus cruel que l'incertitude continuelle oii je vis. sur ce qui m'intéresse le plus.
A M. DO PBTROU.
Wooltoo, le 23.iiian I767.
Apostille d'une lettre de M. L. Dutens du 49 confirmée par une lettre de M. Davenport de même date, en conséquence d'un message reçu la veille de M. le général Conway.
» Je viens d'apprendre de M. Davenport la » nouvelle agréable que le roi vous avoit ac-
» cordé une pension de cent livres sterling. La .... , ^
. manière dont le roi vous donne cette marque l «« bonheur auquel je dojs peu m auemi«;ar
où vous allez , à tous ceux qui m'aimeot. q«a mon cœur n'est pas en reste avec eux, puisq^ avoir de mais amis et les aimer est le seul pi». sir auquel il soit encore sensible. Je n'alaocoM nouvelle de Télargissement du pauvre Gny je vous serai très-obligé si vous voulez birî m'en donner, avec celle de votre heureuse ar. rivée. Voici une correction omise à la fia de l'errata que je lui ai envoyé; ayez la boniéde la lui remettre.
. Je reçois 9 monsieur, comme je le dois, b grAce dont il platt au roi de m'honorer, etàbquellc j'avoissi peu lieu de m'attendre. J'aiinei y voir, de la part de M. le général Gomrn, des marquesd'une bienveillance que je désirw bien plus que je n*08ois Tespérer. L'efféidei faveurs du prince n'est guère» en ADgIetenc, de capter à ceux qui les reçoivent celles du fn* blic. Si celle-ci faisoit pourtant cet effet, j'a serois d*autant plus comblé, que c'est encon
» de son estime m'a Faituutant de plaisir que la » chose même ; et je vous félicite de tout mon » cœur de ce que ce bienfait vous est conféré n du plein gré de sa majesté et du secrétaire M d'état, sans que la moindre sollicitation y ait
• eu part. »
Le plus vrai plaisir que me fasse cette nouvelle est celui que je sais qu'elle fera à mes amis; c'est pourquoi , mon cher hdte , je me presse de vous la communiquer; faites-la, par la même raison , passer à mon ancien et respectable ami M. Roguin , et aussi , je vous en prie, à mon ami H. d'Ivernois : je vous embraiffse de tout mon cœur.
Comme dans peu j*irai , si je puis, à Londres, ne m'écrivez plus que sous mon jjropre nom; et si vous écrivez à M. d'ivtiçpôis, donnez-lui le même avis.
A M. DUTBNS.
WooMoo, le 2S ouinlTe?
J'espère , monsieur, que cette lettre , destinée à voua offrir mes souhaits de bon voyage, vous trouvera encore à Londres* Us sont bien vifs et bien vrais pour votre heureuse route, agréable séjour, et retour en bonne 1 santé Témoignez, ic vous prie dans le pays O) celle de dix ilTreiiierUiig.
on pardonne quelquefois les oSeues qs'ooi reçues, mais jamais celles qu'on a faites;dfl r a point de haine plus irréconciliable fsedb des gens qui ont tort avec nous.
Si vous payez trop cher mes livre, smsieur, je mets le trop sur votre consdace^or pour moi je n'en peux mais. Il y en a encoR» quelques-uns qui reviennent à la maaseiestn autres rexcellente HUtariaJhreïïtiM,é&l^ chiavel, ses Discours sur Tite-Live, et le m de Legibus romanis, de Sigonius. Je priera M. Davenport de vous les faire passer. U rente (*) que vous me proposez, trop forte (»« leaapital, ne me parott pas acceptable, ote à mon ftge ; cependant la condition d'être éteis^ à la mort du premier mourant des deux li reH moins disfll:oportionnée ; et, si vous le prélém ainsi , j'y consens , car tout est absoluiueii égal pour moi.
Je songQ, monsieur, à me rapprochent Londres, puisque la nécessité Tordonne;!^ j'y ai une répugnance extrême que la noaw^ de la pension augmente encore. Mais, quoiq« comblé des attentions généreuses de M. Dar» port, je ne puis rester plus long-temps danss maison, où mértie mon séj^uf lui csttrèii charge, et je ne vois pas qu'ignorant Is lisg*»
il me 8oU permis d'établir mon ménage à la campagne, et d'y vivre sur un autre pied que celui où je suis ici. Or» j'aimeroîs auiant me mettre à la merci de tous les diables de l'enfer qu*à celle des domestiques anglois. Ainsi mon parti est pris; si, après quelques recherches que je \eux faire encore dans ces provinces, je ne trouve pas ce qu'il me faut, j'irai à Londres ou aux environs me mettre en pension comme j'étois, ou bien prendre mon petit ménage à l'aide d'un petit domestique françois ou suisse, fille ou garçon, qui parle anglois et qui puisse foire mes emplettes. L'augmentation de mes moyens me permet de former ce projet, le seul qui puisse m'assurer le repos et l'indépendance, sans lesquels il n'est point de bonheur pour mot.
Vous me parlez, monsieur, de M. Frédéric Dutons, votre ami , et probablement votre parent. Avec mon étourdcrie ordinaire sans songer à la diversité des noms de baptême, je vous ai pris tous deux pour la même personne; et, puisque vous êtes amis, je ne me suis pas beaucoup trompé. Si j'ai son adresse, et qu'il ait pour moi la même bonté que vous, j'aurai pour lui la même confiance, et j'en userai dans l'occasion.
Derechef, monsieur, recevez mes vœux pour ▼otre heureux voyage, et mes très-humbles nalatations.
A M. LB GiniRAL CONWAY.
Woolton, le 2M man 1787.
Monsieur,
Aussi touché que surpris de la faveur dont il plaît au roi de m*honorer, je vous supplie d'être auprès de sa majesté l'organe de ma vive reconnaissance. Je n'avois droit à ses aHaations que par mes malheurs; j'en ai mainienant aax égards ds public par ses grâces, et je dois espérer qse l'exemple de sa bienveillance m'obtiendra celle de tous ses sujets. Je reçois, monsieur, le bienfait du roi comme l'arrhe d'une époque heureuse autant qu'honorable, qui m'assure, sous la protection de sa majesté, des jours désormais paisibles. Puissé-je n'avoir, à les remplir que des vœux les plus purs ts les plus vifs pour la gloire de son règne et pour la prospéntéfle son augnste maison I
Les actions nobles et généreuses portent tou« jours leur récompense avec elles. Il vous est aussi naturel, monsieur, de vous féliciter d'en .faire, qu'il est flatteur pour moi d en être Tobjet. Mais ne parlons point de mes talens, je vous supplie, je sais me mettre à ma place , et je sens, à l'impression que font sur mon cœur vos bontés, qu'il est en moi quelque chose plus digne de votre estime que de médiocres ulens, qui seroient moins connus s'ils m'avoient attiré moins de maux, et dont je ne fais cas que par la cause qui les fit naître, et par l'usage auque ils étoient destinés.
Je vous supplie, monsieur, d'agréer les sentimens de ma gratitude et mon profond res-pect.
k MYLORD COMTE DE HARGOCRT.
Woottoo, le a avril 1767.
J'apprends, mylord, par M. Davenport, que vous avez eu la bonté de me défaire de toutes mes estampes, hors une. Serois-je assez heureux pour que cette estampe exceptée fût celle du roi? je le désire assez pour l'espé-, rer ; en ce cas, vous auriez bien lu dans mon cœur, et je vous prierois de vouloir conserver soigneusement cette estampe jusqu'à ce que j'aie l'honneur de vous voir et de vous remercier de vive voix : je la joindrois à celle de mylord maréchal, pour avoir le plaisir de contempler quelquefois les traits de mes bienfaiteurs, et de me dire en les voyant qu'il est encore des hommes bienfaisans sur la terre.
Cette idée m'en rappelle une autre, que ma mémoire absolumeutéieinte avoit laissé échapper : ce portrait du roi avec une vingmine d'an» très me viennent de M. Ramsay, qui ne vouhit jamais m'en dire le prix : ainsi ce prix lui appartient et non pas à moi : mais comme proba* blement il lie voudroit pas plus l'accepter aujourd'hui que ci-devant, et que jen'en v«ux pas non plus faire mon profit, je ne vois à cela d'autre expédient que de distribuer aux pauvres le produit de ces estampes; et je crois, mylord, qu'une fonction de charité ne peut rien avoir que l'humanité de votre cœur dédaigne. La dif* fleolié seroit de savoir quel est ce produit, ne pouvant moi-même me rappeler le nombre et
CORRESPONDANCE
U quaiilé decM«lainpei;eeqafljfl sais, c'est que ce sont toutes grarares anglolBes, dont je ii'avois qne quelques autrra avant celles-làl Pour ne pas abuser de Tosbontéa, mylord, au. point de vous engager dans de nouvelles re~ cberches , je ferai une èraluation grosaière de ces gravures, et j'estime que le prix n'en pourroit guire passer quatre ou cinq guinées : ainsi, pooT aller au plus sAr, ce sont cinq guinèes sur le produit du tout que je prends la liberiâ de vous prier de vouloir bien distribuer aux pauvres. Vous voyez, mylord, comment j'en use avec vous. Quoique je sois persuadé que mon importunité ne passa pas votre complaisance, si j'avois prévu jusqu'où je serais Forcé de la porter, je meseroisgardédem'oublieri ce point. Agréez, mylord, je vous supplie, mes très-humbles excuses et mon respect.
t M. DU PEVROU.
labte hAte 1 qu'arez-vous lé dons le pot au noir bien Di. Voire n' 42, que vous IIS desdreté par une autre nt tombé à Londres entre ouein Jean Rousseau, qui lombies,8 qui on l'a mal* heureusement adressé. Or tous saurez que mon trës-cber cousintst en secret l'Ame damnée du bon David, alerte pour saisir et ouvrir toutes les leliree et paquets qui m'arrivent é Londres; et la vAire a éié ouverte irËe-certainement, ce qui est d'autant plus aisé, que vous eacheiex toujours très-mal, avec de mauvaise eÛVi et que vous en mettez trop peu; la cire noire ne cacheté jamais bien. Votre leilre a très-certainement été onvorie.
Mon cher hAte, je suis de Ions cAtéssoos le piège; il est impossible que je m'en lire si votre ami ne m'en lire pas, mais j'espère qu'illefera; ainement qoo lui qui le puisse, et il la Providence l'a envoyé dans mon lur cette bonne œuvre. El s'agit pr«do sauver mes papiers, car on les une grande vigilance, eil'on eapère n'échapperont pas. Toutefois, s'il
m'envoie l'exprèa qne je lui ai demiodé ifiu que H. Uavenport arrive, ils sont u»t pttbj je les lui remettrai, et ils pasurom mnh mains de votre ami, qui ne sinroit ; Teier avec trop de soin, ni trop attendra uneonsion sûre pour vous les fiire paner scirrin ne presse, et l'essentiel est qu'ils nieat ta i6> reié.
Reste à savoir si ma lettre ill.de C. «litléesArementetendroilnre.LesgeDiqaipontii et rapportent mes lettres, ceoxde la poitt,Mi m'est également suspect ; je suis dani Inniii de tout le monde, sans qu'il me soil ymàk défaire uti seul mouvement pour me dé^. Vous me faites rire par le sang-froid tmkquel vous me marquez , Adniie%-v<m à cdnct ou d celui-là f c'est comme si vons me im. Adressez-vous é on habiunt de la litncS't dresser est nn mot bientôt dit , miis il finisvoircomment;il n'y aque la face d'un imi^ puisse me tirer d'affaire , toutes In ItitniK font que me trahir etm'embourber.OlInijot je reçois et que j'écris sont toutes voeipiris ennemis; ce n'est pas lemoyendenevffdt leurs maitM.
Si le ciel vent que ma précédemitaitti II. de C. ait échappé à mesgBrdn,q<i'il'ù reçue, et qu'il envoie l'ezprfes, nooiNMiiM forts; car j'ai mon second chiffre iouiprèi',it le ferai partir avec cette lettre-ci, eij'esphi qu'il ne tombera plus dans les miins dell.C» lombies ni de mon cher cousin. S'ilm'iniftdi me servir du premier, ce sera pour donBuli change; n'ajoutez aucune foi i ce qneieinc marqueraide cette manière, à moimqDCTDisK lisies en lAte ce mot, écrit de ma nsin, Vm.
Je vous enverrai une note ciaciedes f^n* que j'envoie é votre ami , et que j'auni bn droit d'appeler le mien, s'il accomplit es si fanur laèonne œuvre qu'il veut bien fiiK;« celte note sera assez détaillée pour que, «ij^ le bonheurde passer en terre ferme, timp'* siez indiquer les paquets dont nous aoraulK-
Je no puis vous écrire plus loeg-tcDipS' )i donnwois la moitié de ma vie pour âtreen lem fe^me, et l'autre pour pouvoir vons embru)" encore une foia et puis mourir.
Il faut que je vons marque encore if»" n'est ni pour le Conlral toeiol, ni peur 1^ ^''
truàila moniagnê, qu« le pauTre Guy • éiA mil à la Bastille ; c'est pour les Mémoireg de M. de la Chalota'u. Panckoucke est, je crois, de bonne foi ; mais n'écoutes aucune de ses Doovelles; elles viennent toutes de mauvaise
Je tiens cette lettre et le cbifb-e tout prêts, mais viendra-t-on les chercherT Viendra-t-on me cbercher moi-même? 0 destinéel 6 mon ami) priez pour moi; il me semble que je n'ai pas mérité les malheurs qui m'accablent.
Le courrier n'arrivant point, j'ai le temps d'âjouier encore quelques mots. Que vous en- TOf iez vos lettres par ia France ou par la Hollande, cela est bien indifférent à la chose; c'est entre Londres et Wootton que le filet est leodu, et il est impossible que rien en échappe.
Pour Atre prêt an moment que l'homme arrivera, s'il arrive, je vais cacheter celle lettre avec le second chiffre. Le 6 avril, je fois partir par la poste une espèce de duplicata de celte lettre. Il sera intercepté, cela est sûr ; mais peut-être la laissera-twMi passer après l'aroir In.
Votre n* 42, mon cher hAte, m'est p après avoir été ouvert, et ne ponvoit n de 1 être par la voie que vous avez choisie, puisqu'il a été adressé par H. votre parent à H. Colombies de Londres, lequel a pour commis un mien cousin, l'Ame damnée du bon David, et alerte pour intercepter et ouvrir tout ce qui m'est adressé du continent, presque sans exception.
Votre inutile précaution porte sur celte supposition bien fausse que nos lettres sont ouvertes entre Londres et Neuchfttel; et point du tout, c'estentre Londres et Wootton ;et, comme de quelque adresse que vous vous serviez, il faut toujours qu'elles passent ici par d'autres mains avautd'arriver dans les miennes, il s'ensuit que, par quelque route qu'elles viennent, cela est trfes-indifféreni pour la sûreté. Les pré- ^utions sont telles, qu'il esl impossible qu'il 311 échappe aucune sans être ouverte, h moins
qu'on no le veuille bien. Ainsi, la poste nie trahit ot ne sauroit me servir. Il n'y a dans ma position queia vue d'un homme sàr qui puisse m'êire utile. Présence, ou rien.
Je fais des tentatives pour aller à Londres; je douta qu'elles me réussissent : d'ailleurs ce voyage est très-hasardeux, A cause du dépOl qui est ici dans met mains, qui voua appartient, et dont l'ardent déair de vous le foire passer en sûreté hit tout le tourment de ma vie. Le désir de s'emparer de ce dépôt à ma mort, et peut-être de mon vivant, est une des principales raisons pourquoi je suis si soigneusement surveillé. Or, tant que je suis ici, il est en sûreté dans ma chambre ; je suis presque assuré qu'il lui arrivera malheur en route, sitôt que j'en serai éloigné. VoilA, mon cher hôte, ce qui hit que, qu^p^nême je serois libre de me déplacer, je ne m'yexposerois qu'avec crainte, près* que assuré de perdre mon dépôt dans le transport. Que de tentatives j'ai hites pour le mettre en sûreté ! Hais que puis-je faire tant que personne ne vient à mon secours? Quand vous m'écrivez tranquillement : Adressex-vous à celui-ci ou à eelui-tà, c'est comme si vous m'écriviez : adressez-vous i un bsbitanide la lune. Mon cher hôte, libre et maître dans sa maison à Neuc int la langue, et entouré de
gens d donté, juge de ma situation
par la > trompe un peu.
J'ai I peu à ma besogne au milieu
du tum orages dont j'étois entouré;
c'est mon travail, ce sont mes matériaux pour la suite, qui me tiennent en souci ; je souffre à penser qu'il faudra que tout cela périsse. Mais, si je ne suis secouru, je n'ai qu'un parti A prendre, et je le prendrai quand je me sentirai pressé, soit par la mort, soit par le danger; c'est de brûler le tout, plutôt que de le laisser tomber entre les mains de mes ennemis. Vous voilà averti, mon cher hôte; si vous trouvez que j'ai mieux h faire, apprenez-le-moi, mai* n'oubliez pas que vos lettres seront vues.
Je vous ni donné avis de la pension. Je vois d'ici, sur cet avis, toutes les fausses idées que vousvous Faites sur ma situation! votre erreur est excusable ; mais elle est grande. Si vous sa> viez comment, par qui et pourquoi celte petwsion m'est venup, vous m'en féliciteriez moiaa. Vons me demanderez peut-être un jour pour-
CORRESPONIIANCE.
qaoi je neTai pas refusée; je croîs que j'aurai de quoi bien répondre a cela.
H importoît de vous donner, une fois pour toutes, les explications contenues dans cette lettre, que je suis pressé de finir. Je l'adresse à M. Rougemont de Londres, en qui seul je puis prendre confiance; si on la lu î la isse arriver, elle vous arrivera. Mille remercimens empres* ses et respect a la plus digne des mamans. Re* cevez ceux de mademoiselle Le Vasseur. Jevous embrasse, mon cher hôte, de tout mon cœur.
Vous devez comprendre pourquoi je ne vous parle pas ici de votre ami ; faites de niÂme.
A M. n'iVBRNOIS.
Wootloot le 6 avril I7B7.
J'ai reçu 9 mon Don ami, votre dernière let* tre et lu le mémoire que vous y avez joint. Ce mémoire est fait de main de maître et fondé sur d'excellens principes; il m'inspire une grande estime pour son auteur quel qu*il soit: mais n'étant plus capable d'attention sérieuse et de raiaonnemcns suivis, je n*ose prononcer sur la balance des avantages respeclifs et sur la solidité de l'ouvrage qui en résultera; coque je crois voirbien clairement, c'est qu'il vous offre, dans votre position, l'accommodement le meiHeur et le plus honorable que vous puissiez espérer. Je Toudrois, tant ma passion de vous savoir pacifiés est vive» donner la moitié de mon sang pour apprendre que cet accord a reçu sa sanction. Peut-être neseroit-il ptisà désirer que j'en fusse larbilre ; je craindrois que l'amour de la paix ne fût plus fort dans mon cœur que celui de la liberté. Mes bons amis, sentez-vous bien quelle gloire ce seroit pour vous de part et d'autre que ee saint et sincère accord fût votre propre ouvrage, sans aucun concours étranger? Au reste» n'attendez rien nide l'Angleterre nide personne que de vous seuls; vos ressources sont toutes dans votre prudence et dans votre courage; elles sont grandes, grâces au ciel.
J'ai prié M. Du Peyrou de vous donner avis que le roi m'avoit gratifié d'une pension. Si ja« mais nous nous revoyons, je vous en dirai davantage : mais mon cœur, qui désire ardem* ment ce bonheur, ne me le promet plus. Je suis
trop malheureux en toute diose ponreipbir plus aucun vrai plaisir en cette vie. Adieu, non ami ; adieu, mes amis. Si votre liberté csi exposée, vous avezdu moinsraviiitageetla gloire de pouvoir la défendre et la réclamer ollven^ ment. Je connois des gens plus à plaindre ({k vous. Je vous embrasse.
A M. LE MARQUrS DE MIRABEAU.
Woottoii»telavciltTR.
Je différois, monsieur, de vous répoBèt dans l'espoir de m'eniretenir avecTouspini mon aise quand je serois délivré decemisB distractions assez graves ; mais les décourens que je fais journellement sur ma vèriuble»tuation les augmentent, et ne me laisseDip» guère espérer de les voir finir : ainsi, qo^ douce que me fût Totre correspondance, ij faut renoncer au moins pour un ieinpi,îiDoa d une mise aussi inégale dans la (\\am^ dans la valeur. Pour éclaircir un probtofl* gulier qui m'occupe llans ce préteiN/if«jf^ liberté, je vais tenter, et bien à cquh^^ un voyage de Londres. Si, contre moniuntt, je l'exécute sans obstacle et sans ixà^i vW» écrirai de là plus au long.
Vous qdmirez Richardson : monsieur leissquis, combien vous l'admireriez dsranU|>r,s. comme moi, vous étiez à portée decomps? les tableaux de ce grand peintre à la diw; de voir combien ses situations, qui paroatï romanesques, sont naturelles; combieiifl portraits, qui paroissent chargés, sontTnd Si je m'en rapportoîs uniquement à mesob» vations, je croirois môme qu'il ny a de tu que ceux-là; car les capitaines Tomlinsûfii pleuvent, et je n'ai pas aperçu jusquiciti tige d'aucun Belfort. Mais j*ai vu si peo monde, et Ttle est si grande, que cdapi^)* seulement que je suis malheureux.
Adieu, monsieur. Je ne verrai jamais \t< teau deTrye ; et, ce qui m'afflige encore dit tage, selon toute apparence, je ne serai')» à portée d'en voir le seigneur; mais jelki rerai et chérirai toutema vie:jemesoutie» toujours que c'est au plus fort de mes d»» que son noble cœur m*a fait des avance
mitîé ; et la mienne , qai n'a rien de miprisable« lui est acquise jusqu'à mon dernier soupir.
à HWOIIB OOMTB DE HARCOCRT.
WooitOD* le II avril 1767.
Je ne puis, mylord , que vous réitérer mes trôs-humbles excuses et remerctmens de toutes les peines que tous avez bien voulu prendre en ma faveur. Je vous suis très-obligé de m*avoir conservé le portrait du roi. Je le reverrai souvent avec grand plaisir, et je me livre envers sa majesté i toute la plénitude de ma reconnoissance» très-assuré qu*en faisant le bien elle n*a point d'autre vue que de bien faire. Puisque TOUS savez au justeà quoi monte le produitdes estampes dont M. Ramsay avoit eu l'honnêteté de me faire cadeau, vous pouvez y borner la distribution que vous voulez bien avoir la bonté de faire aux pauvres, et remettre le surplus à M. Davenport, qui veut bien se charger de me l'apporter. J'aspire, mylord, au moment d'aller TOUS rendre mes actions de grâces et mes devoirs en personne, et il ne tiendra pas à moi que ce ne soit avant votre départ de Londres. Recevez en attendant, je vous supplie, mylord, mes trës-humbles si^lutations et mon respect.
P. S. Je ne vous psrie point de ma santé, parce qu'elle n*est pas meilleure, et que ce n'est pas la peine d'en parler pour n'avoir que les mêmes choses à dire. Celle de mademoiselle Le Vasseur, a laquelle vous avez la bonté de vous intéresser, est très -mauvaise, et il n'est pas bien étonnant qu'elle empire de jour en jour.