‹ Œuvres complètes de J.J. Rousseau, avec des notes historiquesChapitre 116 sur 158 · A ■. LE MARQUIS DE MIRABEAU · texte numérisé non relu

A ■. LE MARQUIS DE MIRABEAU

C« I2'dëcembre 4767.

Je consens de tout mon cœur, mon illustre

ami, que vous fassiez imprimer, avec les précautions dont vous parlez, la lettre que von m'avez fait l'honneur de m'écrire, etjevoosK* mercie de l'honnêteté aveclaqoelIevoosToiila bien me demander mon consentementpoorcM.

Vous voilà donc embarqué toat de bondau les guerres littéraires : que j'en suis affligé, ft que je vous plains! Sans prendre la liberté(ie vous dire là-dessus rien de mon chef, j'osen vous transcrire ici deux vers du Tasse qoeje me rappelle et auxquels je n'ajouterai rien:

« GiantA è toa gloria al fomino, e per inntiia » Puggir le dabbie bearre a te oonTiene. •

Je VOUS honore et vous embrasse, monsinr. de tout mon cœur.

DU PEYROO.

Ce 6 Janvier ITtt.

J'étois, mon cher hôte, dans ud tel soid sur votre voyage, quo, (ant pour retirer fc paquet ci-joint, que je savois étresDlwiBtfl, que dans l'attente de votre lettre, la potffébK arrivée plus tard qu'à l'ordinaire, jnTojù trois fois de suite à Gisors : enfin j«\in9)is cette lettre si impatiemment atteDdue;cUfrê l'avoir déchirée pour l'ouvrir plosyite,sul«i du détail que j'y cherchois j'y vois pourdeboi celui du départ de mes lettres. Mon Dieo.qos le lisant vous me paroissiez haïssable! Ha i^^ si c'est là de la politesse, je la donne au de bien bon cœur.

Knfin vous voilà heureusement arriré, nuigré te premier accident dont l'histoire m eii fait trembler, si votre lettre n'eût éié daiét<k Paris. Convenez quVn ce moment-là yods li»tes sentir qu'il n'est pas inutile à un convalescent d'avoir avec soi un ami en route, etq»a fond du cœur vous m'avez su gré de ma tnche rie. Voilà les seules que je sais faire, mais je m

m'en corrigerai pas.

Je suis très-charmé que vous soyez contai de vos petits repas tête à tête, et je désiréestrémcment que vous preniez l'habitude de dîner en ville le moins qu'il se pourra, d'aDMt plus que le froid terrible qu'il fait, et dootl> fluence m*est bien cruelle, la neige abondans par laquelle îl selerfliineva prob8blemen(,(M| vent vous empêcher de songer à votre dépal

jusqu'à ce que le temps s'adoucisse, et que les | chemins deviennent praticables; quoique je vous avoue bien que votre long séjour à Paris ne me laisseroit pas sans inquiétude , si vous n'aviez avec vous un bon surveillant qui, j'espère , ne s'embarrassera pas plus que moi de vous déplaire pour vous conserver. Je me tranquillise donc, et je tranquillise de mon mieux ma pauvre sœur, non moins inquiète que moi, espérant que, dans ce temps rigoureux, vous veillerez attentivement l'un SHrl'autre, en sorte que vous vous rendiez tous deux à vos pénates, sains et saufs. Ainsi soit-il. Cette bonne fille est transportée de joie de votre heureuse arrivée, et je vois avec grand plaisir qu'elle cède à cette pente si naturelle et si honorable au cœur humain, de s'attacher aux gens, avec plus de tendresse, par les soins qu'on leur a rendus. Quant à ce que vous ajoutez qu'elle s'est fait gronder plus d'une fois par son frère, à cause des soins, des attentions et des complaisances qu'elle avoit pour vous, cela me paroltsi plaisant, que, n'étant pas aussi gaillard que vous, je n'y trouve rien à répondre.

Vous avez raison de croire que les détails de vos déjeuner et dîner me font grand plaisir : ajoutez même, et grand bien ; car ils me rendent l'appétit que le froid excessif m*Ate.

Voici, mon cher hAte, une réponse de madame Tabbesse de Gomer-Fontaine. Cette réponse étoit accompagnée d'un petit billet trèsobligeant pour moi, et pour ma sœur, de jolies breloques de religieuses. Cette dame est jeune, bonne, très-aimable ; et je crois que vous auriez aimé à lui rendre des douceurs qui fussent autant de son goût que les siennes l'étoient du vôtre. Je ne manquerai pas de lui faire quelquefois votre cour , sitAt que la saison le permettra

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