‹ Œuvres complètes de J.J. Rousseau, avec des notes historiquesChapitre 136 sur 158 · A M. LE CBEYALIER DE COSSÉ · texte numérisé non relu

A M. LE CBEYALIER DE COSSÉ

ParisJe9BJaiiUetl77l.

Je suis, monsieur le chevalier, touché de vos bontés et des soins qu'elles vous suggèrent en ma faveur. Très-persuadé que ces soins de votre part sont des fruits de votre bon naturel et de votre bienveillance envers moi, après vous en avoir remercié de tout mon cœur, je prendrai la liberté d'y correspondre par un conseil qui part de la même source, et que la différence de nos âges autorise de ma part ; c'est, monsieur, de ne vous mêler d'aucune affaire que vous n'en soyez préalablement bien instruit*

La pension que vous dites m'avoir été retirée, et que vous offrez de me faire rendre, m'a été apportée avec les arrérages, ici, dans ma chambre, il n'y a pas quatre mois, en une lettre de change de six mille francs, qu'on offroit de me payer comptant sur-leH^hamp ; et je vous assure que les plus vives sollicitations ne furent pas épargnées pour me faire recevoir cet argent (*). En voilà, ce me semble, assez pour vous faire comprendre que ceux qui ont prétendu vous mettre au fait do cette affaire ne vous ont pas fait un rapport fidèle, et que la difficulté n'est pas où vous la croyez voir.

Je vous réitère, monsieur, mes actions de grâces de Tintérètque vous voulez bien prendre à moi, et qui m'est plus précieux que toutes les pensions du monde; mais comme j'ai pris mon parti sur celle-là, je vous prie de ne m'en reparler jamais. AgréeaS mes humbles salutations.

Page 1