‹ Œuvres complètes de J.J. Rousseau, avec des notes historiquesChapitre 26 sur 158 · A M. L*ABBÉ RAYNAL · texte numérisé non relu

A M. L*ABBÉ RAYNAL

Sar ra»«$e daogereai des ustentUes de ca'vre.

Juil'et I78S.

Je crois, monsieur, que vous verrez avec plaisir l'extrait ci-joint d'une lettre de Stockholm, que la personne à qui elle est adressée me charge de vous prier d'insérer dans le Mercure. L'objet en est de la dernière importance pour la TÎe des hommes; et plus la négligence du public est excessive à cet égard, plus les citoyens éclairés doivent redoubler de zèle et d'activité pour la vaincre.

Tous les chimistes de l'Europe nous avertissent depuis long-temps des nrortelles qualités du cuivre, et des dangers auxquels on s'expose en faisant usage de ce pernicieux métal dans les batteries de cuisine. M. Rouelle, de l'Académie des Sciences, est celui qui en a démontré plus sensiblement les funestes effets, et qui s'en est plaint avec le plus de véhjèmence. M. Thierri, docteur en médecine, a reniai dans une -savante thèse qu'il soutint en 4749, sous la présidence de M. Falconnet, une multitude de preuves capables d'effrayer tout homme raisonnable qui fait quelque cas de sa vie et de celle de ses concitoyens. Ces physiciens ont fait Toir que le vert-de-gris, ou. le cuivre dissous, est un poison violent dont l'effet est toujours accompagné de symptômes affreux ; que la vapeur même de ce métal est dangereuse, puisque les ouvriers qui le i^vaillent sont sujets à diverses maladies mortelles ou habituelles; que toutes les menstrues, les graisses, les sels, et l'eau même , dissolvent le cuivre,' et en font du vert-de-gris ; que l'étamage le plus exact ne fait que diminuer cette dissolution ; que l'étain qu'on emploie dans cet éiamage n'est pas lui-même exempt de danger, malgré l'usage indiscret qu'on a fait jusqu'à présent de ce métal, et que ce danger est plus grand ou moindre, selon les différens éteins qu'on emploie, en raison de l'arsenic qui entre dans leur composition, ou du plomb qui entre dans leur alliage (*] ; que même en supposant à

(*) Que le plomb dissous 8«>U nn poison, les accideos funestes que causent tous les jours les vIds lalsltiés avee de la iltlurge ne le prouvent que trop. Ainsi, pour employer ce métal avec fAreté. Il e*i important de bien conoultrc les dissolvaiis «mi l'atiatiiieut.

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