A MADAME LA MARQUISE DB MENARS
Parif, le 20 décembre 17M.
Madame,
Si vous prenez la peine de lire i'incluse, vous verrez pourquoi j'ai l'honneur de vous l'adresser. Il s'agit d'un paquet que vous avez refusé de recevoir, parce qu'il n'éioit pas pour vous, raison qui n'a pas paru si bonne à monsieur votre gendre. En confiant la lettre â votre prudence, pour en faire l'usage que vous trouverez â propos, je ne puis m'empêcher, madame, de vous faire réfléchir au hasard qui fait que cette affaire parvient â vos oreilles. Combien d'injustices se font tous les jours à l'abri du rang et de la puissance, et qui restent ignorées, parce que le cri des opprimés n'a pas la force de se faire entendre I C'est surtout, madame, dans votre condition qu'on doit apprendre â écouter la plainte du pauvre, et la voix de l'humanité, de la commisération, ou da moins celle de la justice.
Vous n'avez pas besoin, sans doute, de ces réflexions, et ce n'est pas â moi qu'il cônvieodroit de vous les proposer ; mais ce sont des avis qui, de votre part, ne sont peut-être pas inutiles â vos enfans.
Je suis avec respect, etc.