‹ Œuvres complètes de J.J. Rousseau, avec des notes historiquesChapitre 48 sur 158 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

CORRESPONDANCE

Tapprét des amusenens dM Tiiles. Rederenu presque enhet, je m'attendris en rappelant les vieilles chansons de Genève ; je les chante d'une voix éteinte» et je finis par pleurer sar ma patrie up songeant que Je lut ai survécu. Adieu.

à M. Dl BàSTIDBi

BtootiDorency, 5 décembre 1789.

J'anrois vonlQ, monsieur» pouvoir répondre à rhonnètetéde vos sollicitations, tti concourant plus utilement à votre entreprise; mais vous savez ma résolution, et, faute de mieux, je suis réduit, pour vous complaire, à threr de mes anciens barbouillages te morceau ci-joint, comme le moins indigne des regards du public» il y a six ans que M. le comte de Saint-Pietre m'ayant confié les manuscrite de feu M. l'abbé son oncle, j'avois commencé d'abréger ses éerits, afin de les rendre pltts commodes é hte, et que ce quHIsont d'utile fût plus oonnu. Mon dessein étoit de publier eet abrégé eu deux if^Iumés, l'un desquels eftt contenu les extraits des ouvrages, ei Tanure un jugement rtisomiié sur chaque projet : mais après quelque essai de ce iraviiil, je vis qu'il ne m'étoit pas propre, et que je n'y réussirois povnu l'abandonnai donc ce dessein, aprèsra voir seulement exéeucé smr la Paix perpétueUeéimr la Poly^ synodie. Je reus envoie, monsieur, le premier de ces extraits, comme ua sujet inaugural pour TOUS qui aimes la paix, et dont 4es écrits la respirent. Puissions^nous la vov bientôt rétablie entre les puissances 1 car entre les auteurs on ne l'a jamais vue, et ce n*est pas aujourd'hui qu'on doit Tospérer. Je vous salue, monsieur, de tout mon cœur (*).

C) BoaMn avoit oédé pour «t loQi* à Battfde foa «itnK dé la Paix ptrTpétuêUe, maia il paroU que oeloi-oi eut défeiiae de faire Imprimer cet écrit dans son Joaroal « U se décida k le fairt imprimer à part avec quelques rètradêhemeai qae le oensenr eilfleâ. Bastide atrolt inMiré le titra trop limplei il aarolt Toaln ie remplacer par oa aotre ; mab Rouaieau §*sr refnu par nne lettre dont BasUde a publié IVitraitqiievôfcl : c Al'égaid du titre. Je ne pnii oooientir qu'il aolt ohangé eoatn na autre qui m'approprierolt davantage un projet qui ne m'appartient point, n est Trai que j'ai vu l'objet tous un antre point de Tue qne l'abbé de Saint-Piffre, et que J*ki qualquefols doniié d'antres raisons qus les sieanes. Bien n'empéobeqne tMs ne puissiei, si TOUS Tooles. en dire un mot dans VAvertUtMUfit , poumi que le principal bonneur demenre toujours k cet bonime respectable.... Si vous mettez man nom, n*tflei pas, je

A M. LE MàHiOBAL DE UIXEMlODItt*

Montmorency, le 96 décembre I7BI.

J'apprends, monsieur le maréchal, la perte que vous venez de faire H, et ce moment e« un de ceux oè j'ai le plus de regret de n'eut pès auprès de vous; car la joie se suffit à elle» même» mais la tristesse a besoin de s'épancher, et l'amitié est bien plus précieuse dans la peine quedans le plaisir. Que les mortels sontiplaindre de se fiiire entre eux desattacbemens durables 1 Ah I puisqu'il feut passer sa vie i pleurer ceux qui nous sont chers, à pleurer les uns morts, les autres peu dignes de vivre, que je la trouve peu regrettable à tous égards! Ceux qui s'en vont sont plus heureux qae ceux qui restent; ils n'ont plus rien à pleurer. Ces réflexions sont communes : qu'importe? en sontelles moins naturelles? Elles sont d'un hoBune plus propre à s'affliger avec ses amis qu'à lei consoler» et qui sent aigrir ses propres peina en s'attendrissent sur les leurs.

A MADAME LA MAR£cHALB DE LOXEIBOCRG.

ISiaaTiorfTBOL

Je VOUS oublie donc, madame la raarécbaief Si VOUS le pensiez, vous ne daigneriez pas me le {aire dire; et, si cela étoit, je ne ?audrois pas la peine que vous vous en aperçussiei^ Taxez-moi de lenteur, mais non pas de négligence. L'exactitude dépend de moi, h é\kgence n'en dépend pas. Jugez-moi aor les faits. Vous savez que je fais pour madame d'floudetot une copie pareille à la v6lre. EUe aveu grande envie d'avoir cettecopie, et moi grande envie de lui faire plaisir. Cependant il} a trois ans que cette copieestcommencée,etellen'est

pas finie : il n'y a pas encore deux mois que la vôure est commencée, et vous aurez la première partie dans huit jours. En continuant de la même manière, vous aurez le tout en moins d'un an. Comparez, et concluez. Quand j'aurai eu le temps de vous e]a[>liqucr comment je travaille et comment je puis travailler, vous juge rez-vous même s*il dépend de moi d'aller plus

voua luppUe , mettre poliment M. ItonMcaïf ; nali J- /• Atw- «eau, eUofyen de Gtnéve^ ni plui ni molni. » C* '* (*) De U dochesse de ViUeroV ta mmit. o, F*

Tîte. En ftUeodant » j'ai un peu sur le cœur le reproche qneTousm'areKfoitfiiire. Jenecrojotfl pas (|L8 Tona me jugcasaieE sans m'entendre, et que TOUS me jugeassies si sévèrement* Je n*oablier&i de long<»tempê que vous m'accusez 4e vous oublier. Gonsultei un peu li-dessus M. le maréchal , je vous en supplie. Il y a un temps infini que je ne lui ai écrit. Demandez-lui s'il croit pour cela que je Toublte. Madame» il fiiQt éire lent à donner son estime» afin de n'èu« passi prompt à la retirer.

h M. MODLTOU.

MOnlmorenqr» 29 Janvier 1760.

Si j*aî des torts avec vous, monsieur, je n'ai pas celui de ne les pas sentir ec de ne me les pas reprocher. Uon silence est bien plus contre moi que contre vous, car comment répondre à une lettre qui ra'lmnore si fort et oà je me reooanoîa ai peu? Je laisserai de votre lettre ce qui M me convienl pas ; je ne vous rendrai potoc ies élofses que vous me donnez; je suppose que vous n'aimeriez pas à les entendre, et je lAchenii de mériter dans la suite que vous en peoaiea autant de moi.

Il y a on peu de la feute de M. Pavre (*) et je vous réponds si tard. Il m'avoit promis de me revenir voir, et je m'étois promis, après avoir causé un peu de temps avec lui, de lui remettre une lettre pour vous; je l'ai attendu, et il n est point revenu. Je l'ai reçu avec simplicité, mais avec joie. Je n'imagine pas qu*vne pareille réception puisse rebuter on Genevois et un ami de M. Moultou. Si cela pouvoit être, non intention seroit bien mal remplie, et j'en serais vériubleaMnt aflUgé.

M. Favre avoit un eiirait de voire sermon sur le luse : il me la hi, et je l'ai prié de me ie prêter pour le copier. M'entendez -tous, monsieur?

Au reste vous êtes lé premier, que je sache, qui ait montré que la feinte charité du riche D*rst en lui qu'un luie de plus ; il nourrit les pauvres oomme des chiens et des chevaux. Le ssal est que les chiens et les chevaux servent a ses plaisirs , et qu'à la fin les pauvres l'en-

n Pnaier lyndlcdeU répabUtiiie de Goièfe. H. P.

nuient ; à la fin, c'est un air de les laisser périr, comme o*en fut d'abord un de les assister.

J'ai peur qu'en montrant l'incompatibilité du laxe et de l'égalité, vous n'ayez fait le contraire de ce que vous vouliez : vous ne pouvez ignorer que les partisans du luxe sont tous ennemis de Tégalilé. En leur montrant comment il la détruit, vous ne ferez que le leur faire aimer davantage. Il falloit faire voir, au contraire, que l'opinion tournée en faveur de la richesse et du luxe anéantit Tinégalité des rangs, et que tout crédit gagné par les riches est perdu pour les magistrats, il me semble qu'il y auroit ià-^ dessus un autre sermoti bien plus utile à faire, plus profond, plus politique encore^ et dans lequel, en faisant votre cour, vous diriez desvérités très-imporumtes et dont tout le monde seroit frappé.

Vous me parlez de ce Voltaire 1 Pourquoi le* nom de ce Ûiladin souille*l-il vos lettres? Le* malheureux a perdu ma patrie ; je le halroia davantage ai je le méprisois moins. Je ne voi^ dans ses grands taleos qu'un opprobre de pins qui ie déshonore par l'indigne usage qu'il en' fait. Ses talenS ne lui servent, ainsi que ses richesses, qu*à nourrir la dépravation de sonr cœur. 0 Genevois I il voua paye bien de l'asile que vous lui avez donné, il ne savoit plus oA ail«r faire du mal ; vous serez ses dernières victimes. Je ne crois pas que beaucoup d'antres bommies sages soient tentés d*avoir un tel hô.te après vous.

Ne nous faisons plus illusion, monsieur : je me suis trompé dans ma lettre à M. d*Alembert : jene croyois pas nos progrès si grands, ni nos mœurs si avancées. Nos maux sont désormais sans remède ; il ne vous faut plus que des palliatifs, et la comédie cnr'est un. Homme de bien, ne perdes pas votre ardente éloqueiA^e à nous prêcher l'égalité, vous ne seriez plus' entendu. Nous ne somades encore que des esclaves ; appreaes-ttous, s'il se peut, à n'être^ pas des mécbaas, wm ad vHera imtUuêay quœ jam pridfim^ eçrrupiis marilms, ludibrio sunt, reuocansy mais en retardant le progrès du mal, par des raisons d'intérêt, qui seules peuvent toucher des hommes corrompus. Adieu, mon-' sieur : je vous embrasse.

P. S. J'allois faire partir ma lettre quand' M. Favre est entré. J ai été charmé de vmr:

CORRESPONDANCE

quHI n*étoit pas mécontent de moi. J'ai passé avec lui une demi -journée a^préable; nous ayons parlé de tous. Il m'a dit que vous méditiez un second sermon sur la mime maUëre; j'en suis fort aise. Bonjour.

A V. LE MAAicHAI. DE LUXEMBOURG.

itontmopency, le a férrier IT0O.

Comptez-vous les mois, monsieur le maréchal? Pour moiy je compte les jours, et il me semble que je trouve eel hiver plus long que les autres. J'attends avec impatience le voyage de PAques pour célébrer un anniversaire qui me sera toujours cher. J'ai donc oublié d*iiser du présent, puisque je désire l'avenir, et voili de quoi vous êtes cause* La vie n'est plus égale quand le cœur a des besoins; alors le temps passe trop lentement ou trop vite ; il n'a sa mesure fixe que pour le sage. Mais où est le sage ? Que je le ptainsl il est égal , parce qu'il est insensible ; ses heures ont toutes la même longueur, parce qu'il ne jouit d*aucune. Je ne voudrpis pas , pour tout au monde, un ami dont la montre iroit toujours bien. M. le maréchal, vous aves fort dérangé la mienne ; elle remrde tous les jours davantage, elle est prête à s'arrêter. Je voudrojs aller la remonter près de vous, mais cela m'est impossible ; mon état et la saison me condamnent à vous attendre.

A U. TBailES.

Montmoreiicr • la S léfrier ITBO.

Il y a une quinzaine de jours, mon cher Venues, que j'ai appris par M. Favre votre infortune; il n'y en a guère moins que je suis tombé malade , et je ne suis pas rétabli. Je ne compare point mon état au vêtre ; mes maux actuels ne sont que physiques; et moi, dont la vie n'est qu'une alternative des uns et des autres, je ne sais cpie trop que ce n'est pas les premiers qui transpercent le cœur le plus vivement. Le mien est fait pour partager vos douleurs , et non pour vous en consoler. Je said trop bien, par expérience, que rien ne console

que le temps, et que souvent ce n'est encore qu'une affliction de plus de songer que le tempi nous consolera. Cher Vemes, on n*a pas tout perdu quand on pleure encore; le regret di bonheur passé en est un reste. Heureux qui porte encore au fond de son cœur ce qui loi fut cher I Oh ! croyei-moi, vous ne connoiisa pas la manière la pins cruelle de le perdre; c'est d'avoir i le pleurer vivant. Mon bon ami, vos peines me font songer aux mieones; c'est un retour naturel aux malhearesz. D'antres pourront montrer à vos douleon une sensibilité plus désintéressée, maispermone, j'en suis bien sûr, ne les partagera plus liocérement.

A'MADAMS u COIITISSB D'feOOMIOr.

Je suis sensible à rintivêC que vouspresaè mon état. S'il pouvoit écm soulagé, il le seroit par les témoignages da votre amitié. Jemo dii tout ce qu'il me fout dire sur mes iDîmtioei: ce seront les demitees, et vous, ne reeen» plus de mot des plaintes qpie vous n'avez jamis méritées. Je ne suis pas mieux, c'est tout ci que je puis vous dire. Je n'aide oonsolatieo et de témoignage d'amitié que de vous seule, e> c'est bien assez pour moi : mais il n'est fMs étonnant que j'en désire de fréquess reioins dans un temps oi j'ignore si chaque lettre qoe je reçois de vous, et chaque lettre qae je rot» écris , ne ura pas la dernière. Adies. ^9^ ^ JuUe : je travaille i la première partie, nais lentement, selon mes forces. Quoi qu'il arrive, sottvenex-vous, je vous en conjure, qoe tous n'avez jamais eu et n'aura jamais d'ami qui vous soit aussi sincèrement et aussi pareoeni attaché que moi. Croyes encore qu'il n'y a pas un bon sentiment dans une âme hnmaioequi ne soit au fond de la mienne et que je n'v nourrisse avec plaisir. Il me serait doux, « j'avois à ne plus vous revoir, de vous laisser au moins une impression de moi qui tooi fit quelquefoisrappelermonsouveniravec plaisir.

Ne donnez point la JuUe à relier, je tooi prie, jusqu'i nouvel avis, car je vondrois bien» de quelque manière que ce soit, qu'elle ne sortit point de vos mains.

Sfl

Il faut que toui loyex non-seulemenl mon tmie» mais mon comoittsionnaire; car je n'ai plot derrialHHi qa'arec vous. Je vous prie donc de yonloir bien vous faire informer à la poste 8*il bon affiraochir les lettres pour le canton de Berne. J'ai oublié de tous recommander le secret 8«r l'oorrage commencé dont je tous ai parié. Si tous en ares parlé à quelqu'un, il n*y a point de votre faute. Je vous prie de me le dire natarellement, mais de n*en plus reparler. Adiea, encore un coop. J'attends de vos nouyelles» c'est mon seul plaisir en ce monde.

A lUnAia LA ViodcHAU DE LUXBMBOiniO.

MoBtiiioKnef • 8 mm I76S.

Je TOUS sers lentement et mal, madame la maréchale : il ne faut pas me le reprocher, il faat m>B plaindre. Je n*aurai jamais de tort envers tous qui ne soit un tourment pour moi : c est TOUS dire asMS que mon tort est iuTolontaire. Si je ne suis pas plus diligent i rarenir, croyes qne je n*anrai pas pu l'être. En Térité je Mui» h dupe de l'état que j*ai choisi. J*ai tout sacrifié i Tindépendance, et j*ai tous les tracas de la lortane : je supporterois patiemment tout le reste» mais je murmure contre les occupations dtegréables qui m'arrachent au plaisir de tra?ailler pour tous.

Je Tiens de recevoir» par un exprés que tous arex eo la bonté de m'euToyer, une lettre de mon libraire de Hollande, sans que je sache comment die tous est panrenue. Je suppose qne c'est par H. de llalesherbcs; maisj'aurois besoin d'en être sûr.

Vous saTCx que je ne vous remercie plus de rien, ni tous, madame, ni M. le maréchal. Vous méritex l'un et Tautre que je ne tous dise rien de plus, et que je vous laisse interpréter ce silence.

Lee beaux jours approchent, mais ils Tiennent bien lentement. J'ai beau compter, ils n'en Tiennent pas plus vite ; ils ne seront venus que qoandvous serez ici* Je suis forcé de finir; j'ai Ttngt lettres indispensables à écrire, dont pas une ne m'intéresse ; et, ce qui tous fera jager de mon sort mieux que tout ce que je pourrois dire, je n'en puis faire de plus courte Sse oelle^.

A Là Maux.

Ce Jrall oiatia

J'apprends les plus tristes nouvelles, ou plo* tôt elles se confirment, car madame de Yerdelin m'avoit fait donner aTis.de la maladie do M. le duc de Montmorency ; mais n'en sachant rien de personne de Totre maison, je croyois la nouTolle fausse, et j'aTois déji euToyé chex Totre jardinier une lettre où je parlois A M. Te maréchal de ces bruits et de mon inquiétude» lettre que celle de M. Dubertier méfait retirer. Il me marque qu'on attend aujourd'hui des nouTelles décisiTes,et me promet de m'en faire part. Je tous supplie» madame la maréchale, de lui rappeler sa promesse, et de me faire instruire exactement de l'état des choses tant qu'il y aura le moindre danger. Je suis dans un trouble qui me permet A peine d'écrire : je ne TOUS dis rien de mon état; tous en pouTex juger puisque tous ne me Toyex pas.

A M. M MAUSlXaUS.

MoDtmoreiicy, le S mars 1760.

G>mblé depuis long-temps, monsieur, de Tos bontés, j'.en profitois en silence» bien sAr que TOUS n'auries pu m*en croire digne si tous m'y eussiex cru peu sensible, et bien plus sur encore que tous aimiex mieux mériter des remerclmens que d'en reccToir. Je n'ai donc point été surpris de la permission que tous aTex donnée A M. Rey, mon libraire, de tous adresser les épreuTes du fede recueil qu'enfin je fais imprimer ; je suis même tout disposé A croire, et A m'en glorifier, que cette grAcc est plus accordée A moi qu*à lui. Mais, monsieur, il n'a pu TOUS la demander, et je ne puis m'en préTaloir qu'en supposant qu'elle ne vous est pas onéreuse ; et c'est sur quoi il ne m'a point éclairci. J'attendois cet éclaircissement d'une de ses lettres, dont il fait mention dans une autre, et qui no m'est pas parvenue ; ce qui ma fait prendre la liberté de vous le demander A vous-même.

Je suis trop jaloux de votre estime pour ne pas souffrir A penser que ce long recueil passera tout entier sous vos yeux. Mon ridicule attachement pour ces lettres ne m'aveugle

Si2

CORfŒSPONDANCE.

point sttr le jugeméht cpit vous en porterez sans d0u^ç,«i qui doit être confirmé par le public; je souhaiterois seulement que ce jugement 8é bornât au livre, et ne e'étendttpas jusqu^à réditeor. Je fâcherai, monsieur, de justifier cette indulgence par quelque production plus digiie de l'approbation dont vous avez l:0|ioné les précédentes.

Les épreuves lues, refermées à mon adresse, a fnises à la poste, me parviendront exactement. Si 4es pàqiiets étoient fort gros, nons avons un messager qui va quatre fois la semaine à Paris, «t dont TentrcpAt est à VHôiel de GrammontffueSaini'Germain'rAuxerroiê. Tous les paquets qu'on y porte à mon adresse me parviennent fidèlement aussi, et même quelquefois plus tôt que par la poste, parce que le messager retourne le même jour. Recevez, monsieur, avec mes très-humbles excuses, tes assurances de ma reconnoissance et de mon profond respect*

Al) MÉIW,

Ifootmorency, le I S mai 1760.

M. Rey me marque, monsieur, qu'il a mis *à la poste, le 8 de ce mois, un paquet contenant répreuve H et la bonne feuille D de la première partie du recueil qu*il imprime. Je n*ai point reçu ce paquet, et il ne m*est rien 'parvenu l'ordinaire précédent. Permettez-moi donc, monsieur, de vous demander si vous avez reçu ce même paquet ; car, comme son retard suspend tout, it m*importeroit de savoir où il faut le réclamer. I^ contre-seing, votre cachet, votre nom, sont trop respectés pour que je puisse imaginer qu*un tel paquet se perde a la poste ; et je connois trop vos attentions, votre exactitude, pour supposer qu'il vous soit resté. Mais, monsieur, est-il bien sûr que les envois ne passent point par quelque autre main, en sortant des vôtres, et que peut-être ces misérables feuilles n'ont pas quelque lecteur à votre insu? Il y a quinze Jours que je reçus deux paquets consécutivement, l'un le lundi, l'autre le lendemain; et je conjecturai que vous n'aviez pas arrangé ainsi cet envoi. Si cela étoit, il seroit à croire qu'un paquet pût se perdre où les autres se retardent.

C'est k regret, monsieur, qae je fais oasser sous vos yeux ces minuties; mais j'y suisforoé par la chose même, et il est très-sûr qae ïmh portunité que je vous catise me fait beaucoup plus de peine que mon propre embarras.

Agréez, monsieur, les assuraness de moo profond respect.

A M. DE BASnDB.

UI6|iiio47U

M. Duclos vous «ura dit, monsieur, qo'!! m'envoya la semaine dernière l'argent que tous lui aviez remis pour moi ; et j'ai aussi reço, avant^-hier, le premier cahier de vobie noorel ouvrage périodique, dont je vous fais mes remerctmensf]. Je l'ai lu avec plaisir ; cependant je crains que le style n'en soit un peu trop soigné. S'il étoit un peu plus simple, ne pensezvous pas qu'il seroit un peu plus clair? Une longue lecture me parott difficile â soutenir sor le ton que vous avez pris. Je crains aussi que les petites lettres dont vous coupez les matières ne disent pas grand'cfiose. Deux ou trois sujets variés, mais suivis, feroient peut-itre un tout plus agréable. Si j e ne sais ce que je dis, comme il est probable, acte de mon zèle, et puis jetez mon papier au feu.

Quand vous ferez imprimer la Paixperpéiuelle^ vous voudrez bien, monsieur, ne pas oublier de m'envoyer les épreuves. J'approure fort le changement de M. Duclos. Il est trèsapparent que le public ne prendroitpaslemoi de secte dans le sens que Je Tavois écrit ; au reste ce sens peut ôtre contre la bonne acception du mot, mais il n'est pas contre mes principes.

11 y a une note où je dis que, dans vingt ans, les Anglois auront perdu leur liberté : je crois qu'il faut meure le reste de leur liberté} car il y en a d'assez sols pour croirequ'ilsTont encore.

Quand vous me demandez de vous ouvrir mon portefeuille, voulez-vous, monsieur, in-

(•) J. F. de Bastide, mort en 1788. est «uteor et *>^^*J^ prêt de trente oiiYragei, recndis, Jonnanz, romans. c«i»Jdiet, etc., togiiniInleiMint oubliés. Voawnge périodiqiie«»| 11 s'agit ici avoit pour litre • Le Monde comme il «< ; « " dnrt que deux ans, et forme 4 volumes In-U. <• ^

«dier i ma misère? Non; mais vous oubliez que TOUS ares yq le fond dû sac. Je vous salue de tout non cœur.

â MàDèifE LA UAKÈCBàMJi DE LUXEMBOURG.

LeSOjoinneO.

Void, madame, la troisième partie des Lettres. Je tâcherai que vous les ayez toutes au mois de juillet, et, puisque vous ne dédaignez pas de les fsairc relier, je me propose de donner à cette copie le seul mérite que puisse avoir un manuscrit de cette espèce, en y insérant une petite addition qui ne sera pas dans rimprimé (*)• Vous voyez, madame la maréchale, que je ne vous rends pas le mal pour le mal; car \% cherche à trouver quelque chose qui vous amuse, vous et M. le maréchal ; au lieu que vous ne cessez de vous occuper ici, Fun et l'autre, à me rendre ma solitude ennuyeuse quand tous n'y êtes plus.

k LA MÊME.

Celiuidi20]iimell780.

Tons savez mes regrets, et'veus me les pardonnez: je ne me Jes reproche donc plus, et Tintèrètqae vous y prenez me console de ma folie. Mon pantre Turc ii*étoit qu'un chien, mais il m'aimût ; il étoitjsensible, désintéressé, d'un bon naturd. Hélas I comme vous le dites, eombka d'amis prétendus ne le valoient pas ! Heureoz même si je rctrouvois ces avantages dans la recherche dont vous voulez bien vous occqper; mais^ quel qu'en soit le succès, j'y verrai toujours les soins de l'amitié la plus précieuse qui jamais ait flatté mon cœur ; et cela seul dédommage de tout. J'ai été plus malade ces temps derniers, j'ai eu des vomissenens; mais je suis mieux, et il me reste plus de découragement et d'ennui que de mal. Je ne pois m'occuper i rien : les romans même finissent par m'ennuyer. J'ai voulu prendre Childeric; il y faut renoncer. Cen est fait, je ne redonnerai de ma vie un seul coup de plane ; mes vains efforts ne feroient qu'exciter

n C'ëtoiCBt toi jttentures dé mylord Edouard Bomsiom tat U rentt le minmcrtt k madame de Lmembonrii. II. P.

votre pitié. Il no me>este qu'une occupation, qu'une consolation dans la vie, mais elle est douce, c'est de m'attendrir en pensant i vous.

A LA MÊME

Le lundi as JotUet 1760.

Votre lettre, madame la maréchale, m'a tiré de la peine oii me tenoient mille bruits populairjes, qui tous tendoicnt à m'alarmer. Il me paroîtra toujours bizarre que je me sois donné des attachemens qui m'intéressent aux nouvelles publiques ; mais, quoi qu'il arrive, ces nouvelles ne m'intéresseront jamais guère par elles-mêmes, et je me soucierai toujours fort peu du sort de la Normandie, quand If. Iema« réchal n'y sera pas. Tant qu'il y est, rien de ce qui s'y passe ne peut m'être indifférent (*). Sa santé, sa sûreté, son repos, sa gloire, me rendent attentif à ton t ce qui s'y ra pporte. Cest

un des inconvéniens inévitables dansles attachemens inégaux, qu'on n'évite l'ingratitude que par l'indiscrétion ; et je n'ai pas peur d'être jamais tenté de délibérer sur cette alternative, lorsqu'il sera question de vous. Je n'ai offert ni de suivre M. le maréchal, ni de vous aller voir. Vous avez, là-dessus, très-bien dit à madame du Deffand que je ne me déplaçois pas ainsi. Vous avez bien raison ; ce seroit beaucoup me déplacer que de me croire quelque chose en pareilles circonstances. En vous rappelant la lettre que je vous écrivis à l'occasion de Saint-Martin, je vous ai parlé pour toute ma vie, et je vous la rappelle pour la dernière fois. Si jamais l'attachement d'un homme qui n'a que du zèle pouvoit vous être de la moindre utilité, c'est à vous de vous en souvenir.

Tespère, madame, par ce que vous me marquez, que le voyage de M. le maréchal ne sera pas de longue durée, et que vous n'irez pas à Rouen. Puisque, dans le fort de vos inquiétu-

(*) En 1796, le maréehal de Laxemboarg, gooTenieiir d« Rormaiidle, s élAit renda. par ordre de Louis XV, à Rouen , poor faire rayer qoelquet arrêts da pariemeot de oeUe Tille» qui conUvrioient les rolontés royales, et pour présider I l'en* reglstremeiit des lettres patentes portant cassation de ces ar> rtts. Ces missions étolent toi^oars désagréables. U parolt qne Boussean craignolt que le maréchal n'en eSt encore nno d» cette nalare. M.?»

T. IV

des, vous avez bien voulu penser a l'abbé Morellet, j*cspère aussi que, quand elles seront calmées» vous voudrez bien ne pas Toublier, et que vous achèverez la bonne œuvre que vous avez si bien commencée. Si vous receviez quelque nouvelle favorable, je vous supplierois d'en faire immédiatement part à M. d'Alembert, afin que le pauvre abbé en fût instruit plus promptement. Deux heures de peine de plus ou de moins ne sont pas une pelite affaire pour un prisonnier, et, à juger de son cœur par le mien, le sentiment de vos bienfaits lui doit être trop cher pour ne pas le lui donner le plus tAt qu'il est possible.

A LA MfiVE.

Ce mercredi 6 «oui.

Je suis chargé, madame» par l'abbé Morel^ let de vous témoigner sa reconnoissance» et pour les soins que vous avez bien voulu prendre en sa faveur, et pour la bonté avec laqoelle vous lavez reçu. Il m'a écrit de la campagne où il est, et il m'a marqué qu'après avoir en l'honneur de vous voir» il n'étoit plus surpris que vous fussiez exceptée de mon renoncement au monde et à ses pompes : ce sont ses termes ; de sorte que, si Ton accuse encore ma conduite d'être, en contradfctIoB avec mes principes, j'aurai toujours une réponse assurée quand il vous plaira d'en faire les firais» très-sAr d'avoir autant réfuté de gens que vous aurez bien voulu recevoir de visites. M. d'Alembert ma prie aussi d'être son interprète envers vous C^). Mais moi, qui ai tant de chosea à dire» qui sera le mien? mon silence.

Je n'entends point parler du retour de M. le maréchal; je vois bien qu*il faut renoncer à l'espoir de vous voir cet été. Voilà donc déjà l'hiver venu, et malheureusement le printenrps n'en est pas plus rapproché de nous. Vos voyages en ce paya m'ont fait perdrç la montre d'Emile; le temps ne coule plus également pour moi.

(*) I/abbé Morellet fait no Urat autre récit dani tes ménoirea. C'est d'Alembert qoi le fit sortir, et c'est d'Alembert qui remercia, etc. Oo ne répond à cda que par an tait; c'est qv'on Uent la lettre à la maréchale, d'elle-mAme. M. P.

Montmorency, le 6 septembre IIMi

II 7 a long-temps» monsieur, que je toq dois une réponse et un remerctment. Ce n'est ni par oublia ni par négligence, qué|e nemesois pas plus tôt acquitté de ce devoir. Mais vooi souhaitiez que j'entrasse avec vou8daiisdeidis> eussions qui demandent plus de temps que mu occupations et la saison où nous sommes ne m'en ont laissé jusqu'ici. II faut donc que tous me permettiez de renvoyer à un moment de loisir la réponse raisonnée que voas exigez de moi, et que vous vous contentiez, quant à présent, de mon remerctment très-humble ilat* tention dont vous m*avez honoré.

Quoique je sois Fort éloigné de faire cause commune avec les philosophes dont vous parlez, je ne suis pas en tout de votre avis; mais bien loin de trouver mauvais que vous ne soyez pas du mien, je ne puis qu*étre sensible à la manière obligeanteet honnête dontvoos le coinbattez. Vous pensez trop bien oo trop mal de moi, monsieur; voua me croyez philosophe, et je ne le suis pas ; vous me croyez enièté de messentimenaf et je l« suis encore moins. Je ne puis pas faira«que j« croie ce que je ne crois pas, et que je ne croie pas ce que je crois; mais ce que je puis, c'est de n'éu'e point fâché contre quiconque n'étant pas de mon sentiment, dit le sien sans détour et aT^c franchise.

Au surplus, Je doute^ue persoaile an monde aime et respecte plus sincèrement h re/igion que moi, ce qoi n'empêche pas que je ne déteste et méprise ce que Jes hommes joot ajouté de barbare, d*injusta et de pernicieux à la société. Je ne renonce pas au plaisir de discuter plus au long ce sujet avec vous. En auendam, trouvez bon, monsieur, qu'avec la simplicité dont j'use avec tout le monde, je vous assure de ma reconnoissance et de mon respect.

A MADAME LA MARicBALB DB LUXEMBOURfi- MoDtmorencj, le S octoiNPe 470.

Vous savez, madame, que je ne vous remercie plusde rien. JcmecontentcroisdoncdefOBS parler de ma santé si elle n'étoit assez bonne pour n'en rien dire. Vous me faites tort de

Zlb

croire 4«e je oe ma soucie pas assez de me conaerter. Vous et If. le maréchal m^avez rendu Vamoar de la vie ; elle me sera chère tant que Toos j fMendrez intérêt. M. le prince de Gonti est veDD ici avec madame de Bouffiers, et je o'igDore pas à qui s'adressoit cette visite. Je ne fais point surpris que l'honneur de votre bienveillance m'en attire d'autre ; mais en voyant boonsidéracion qu'on me témoigne, je suis effaré des dettes que je vous fois contracter. Les perdreaux que j'ai reçus me conÇrment que M. le maréchal se porte bien, et qne vous ne m'oubliez ni l'un ni l'autre. Pour moi, je ne sais siJBdom être bien aise ou fkdbè d'avoir si peu de mérite à penier coniinaellement à vous ; suie je sais bien qu^ii ne ae pasae pas une ^eore daoa la jonraée où voire nom ne soit prononcé dans ma retraite avec attendrisse*neot et vespeei.

Voira copie n'est pas encore achevée ; vous se sauriez croire combien je suis détourné dans cette nîaon* Maîi cependant, madame, vous aurez la sixièfl» partie avant le A 5, ou j'aurai Bumqoé de parole à madame d'Houdetot» et je lâclie de n'en manquer à personne.

a ■. LB maÉCBAi. de LUXiinoimG.

Le 7 octobre 1760.

Si j'avois à me lâcher contre vous, monsieur le maréchal, ce seroit de la trop grande exactitude à répondre à laquelle vous m'avez accoutumé, et qui fait que je m'aiarmeaussitôtqoe vous en manquez. J'étois inquiet, et je n'a vois que trop raison de l'être. Madame la maréchale ètoit malade, et je n'en savois rien I La maladie de madame la princesse de Robeck vcnis tenoit en peine, cl je n*en savois rien 1 Après cela, pensez-vous que je puisse être tranquille toutes les fois que vous tarderez à me répondre? Gomment puis-je alors éviter de me dire que, il tout alloit bien, vous auriez déjà répondu? Uadame la maréchale est quitte de sa fièvre.: mais ce n'est pas assez; je voudrois bien apprendre aussi qu'elle est quitte de son rhume et n'a plus besoin de garder le lit. Sans écrire roii»»flâème, faîtes-moi marquer, je vous prie, par quel<|u'un de vos gens, comment elle se trouve. Il faut bien que mon attachement vous

coûte un peu de peine, quand il ne me laisse pas non plus sans souci.

La nouvelle perte dont vous êtes menacé, ou plutôt que vous avez déjà faite, vous afBigera sans vous surprendre; vous n'avez que trop eu le temps de la preasentir et de vous y préparer. Après l'avoir pleurée vivante, vous devez voir avec quelque sorte de consolation le moment qui terminera ses langueurs. Vivre pour souffrir n'est pas un sort désirable ; mais ce qui est désirable et rare est de porter jusqu*à la fin de ses peines la sécurité qui les adoucit; elle cessera de souffrir sans avoir eu Teffroi de cesser de vivre. Tandis qu'elle est dans cet état peisine, mais sans ressource, le meilleur souhait qui me feste à faire pour vous et pour elle est de vous savoir bientôt délivré du aentiment de ses maux.

A M. DELALIVB.

ht 7 octobre 49W.

J'étois occupé, n\onsieur, au moment que je reçus votre présent (*), à un travail qui ne pou voit se remettre, et qui m'empêcha de vous en remercier sur-le*champ. Je l'ai reçu avec le plaisir et la reconnoissance que me donnent tous les témoignages de votre souvenir*

Yenez^ monsieur, quand il vous plaira» voir ma retraite ornée de vos bienfaits ; ce sera les augmenter, et les momens que vous aurez à perdre ne seront point perdus pour moi. Quant au scrupule de me distraire, n'en ayez point. Grâces au ciel, j'ai quitté la plume pour ne la plus reprendre ; du moins l'unique emploi que j'en fais désormais craint peu les distractions. Que n'ai-je été toujours aussi sage ! je serois aimé des bonnes gens, et ne serois point connu des autres» Rentré dans Tobscurité qui me convient , je la trouverai toujours honorable et douce, si je n'y suis point oublié de vous»

A >lADAmE DE BOUPPLERS.

tfostihoreocf » le f octobre 1 7M.

Recevez mes justes plaintes^ madame : j'ai reçu de la part de monsieur le prince de Conti

(') noe coUectiOD de graTurct.

CORRESPONDANCE

un second présent de gibier, dont sûrement Y0U9 êtes complice, quoique vous sussiez qu'a* près avoir reçu le premier j'avois résolu de n*en plus accepter d'autre. Mais S. A. S. a fait ajou-* ter dans la lettre que ce .gibier avoit été tué de sa main; et j'ai cru ne pouvoir refuser ce second acte de respect à une attention si flatteuse. Deux fois je n'ai songé qu'à ce que je devois au prince; il sera juste, à la troisième, que je songe à ce que je me dois.

Je suis vivement touché des témoignages d'estime et de bonté dont m'a honoré S, A., et auxquels j'aurois le moins dû m'attendre. Je sais respecter le mérite jusque dans les princes, d'autant plus que, quand ils en ont, il faut qu'ils en aient plus que les autres hommes. Je n'ai rien vu de lui qui ne soit selon mon cœur, excepté son titre ; encore sa personne m*attiret-elle plus que son rang ne me repousse. Mais, madame, avec tout cela, je n'enfreindrai plus mes maximes, même pour lui. Je leur dois peut-être en partie l'honneur qu'il m'a fait; c'est encore une raison pour qu'elles me soient toujours chères. Si je pensois comme un autre, eût-il daigné me venir voir? Hé bien I J'aime mieux sa conversation que ses dons.

Ces dons ne sont que du gibier, J'en conviens ; mais qu'importe? ils n'en sont que d'un plus grand prix, et je n'y vois que mieux la contrainte dont on use pour me les faire accepter. Selon moi, rien de ce que Ton reçoit n'est sans conséquence. Quand on commence par accepter quelque chose, bientôt on ne refuse plus rien. Sitôt qu'on reçoit tout, bientôt on demande, et quiconque en vient à demander fait bientôt tout ce qu'il faut pour obtenir. La gradation me parott inévitable. Or, madame, quoi qu'il arrive, je n*en veux pas venir là.

Il est vrai que M. le maréchal de Luxembourg m'envoie du gibier de sa chasse, et que je l'accepte. Je suis bien heureux qu'il ne m'envoie rien de pins, car j'auroishontederien refuser de sa main. Mais je suis très-sûr qu'il m'aime trop pour abuser de ses droits sur mon cœur,et pour avilir toute la pureté de mon attachement pour lui. BL le maréchal de Luxembourg est avec moi dans un cas unique. Madame, je suis à lui ; il peut disposer comme il lui platt de son bien.

Voilà une bien grande lettre employée à ne

vous parler que de moi : ma» je crois que toui ne vous tromperez pas i ce langage; et d je vous fais mon apologie avec Uni d'inquiémde, vous en verrez aisément la raison (*).

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