AU ROI DE PRUSSE
DaSSodobn no.
Sire,
Vous êtes mon protecteur et mon bienfaiteur, et je porte un cœur fait pour la reconnoissance : je viens m'acquitter avec vous, si J6 puis.
Vous voulez me donner du pain ; n'y a-C-il aucun de vos sujets qui en manque? Ota de devant mes yeux cette épée qui m'éblouit et me blesse ; elle n'a que trop fait son devoir, et le sceptre est abandonné. La carrière es: grande pour les rois de votre étoffe, et voos êtes encore loin du terme : cependant le temps presse, et il ne vous reste pas un moment à perdre pour aller au bout.
Puissé-je voir Frédéric Je juste et le redooté couvrir ses états d*un peuple nombreux dont il soit le pérel et J. J. Rousseau, reooemi des rois, ira mourir au pied de son trAne (*].
(*) VoiU le texte de cette lettre, tel qu'il exlatedamrtiitki de Genéw (1762, troialéme Tcriame du nipplémcnt). iff*»^ mot! : pas un moment d perdrepour alierau bcÊU^nif^^ c»'lte note des éditeurs 2
• Daus le brouillard de cette lettre, H j aroit, an HetUc > cette phrase : Sondez bien votre eatur, 6 FréUrkît9>n » convUnt'U de mourir 4ans avoir été le flntfra»i ift m homme* ? Et à la fin de la lettre, cette antre phrase : ^'i'<^'^ • 4<fV, ce quej'avois A vous dhei U e*t donné à pra if 'W*
A MTLOIKD MARtolAL.
Kb loi envoyant U lettre précédente.
A Motien, le I** novembre 1782.
Je sms bien, mylord» le prix de votre lettre à madame de Boufflers; mais elle ne m'apprend rien de nouveau, et vos soins généreux ne peuvent désormais pas plus me surprendre qo'ajonter à mes sentimens. Je crois n'avoir pas besoin de vous dire combien je suis touché des bontés du roi : mais, pour vous faire mieux sentir Teffet de vos bontés et des siennes, je dois vous avouer que je ne Taimois point auparavant, ou plutôt on m'avoit trompé ; j'en haiBois on autre sous son nom. Vous m'avez fiiic an cœur tout nouveau, mais un cœur à répreuve, qui ne changera pas plus pour lui que pour vous.
J*ai de quoi vivre deux ou trois 'ans , et Jamais je n'ai poussé si loin la prévoyance : mais fu8sé~je prêt à mourir de faim, j'aimerois mieux, dans Tétat actuel de ce bon prince, en ne lui étant bon à rien, aller brouter Therbc et ronger des racines que d'accepter de lui un morceau de pain. Que ne puis-je bien plutôt, i Tinsu de lui-même et de tout le monde, aller jeier la pi te dans an trésor qui lui est néces-
• tfrrciOnufrv, etiin'têi damné à «««im d» Feaiênândeux
Do PeTit», dans foo recueil publié eo 1790, présente nn taie qui diffère en plnteurt poloU de cdui de Tédition de Gnève. Bn foici le» variantes i
Texiê d* VédUiom dé 4790. TexUde l'édition de Genève,
....Je Teni m'aoqmitter Je viens m'aoqultter...
.... celte épée...eUe n'a que ... cette épée... elle n'ji que
trop bifo fait son serrioe. et., trop fait son devoir, et...
U orrièce des roin de votre La carrière est grande pour
étoile ert grande, et... les rois de votre étolTe, et...
... pai an moment à perdre ... pai un moment à perdre
pour 7 arriver. Sondci bien vo- pour aller an bout ttecoor, 6Frédérlc£ Ponrrcsîuw voQs résoudre à mourir uot avoir été le pins grand des
Psméja Toir... couvrir en> Pniss4<Je voir... couvrir set taies états, etc. états, etc.
ivoire majesté, sire, dai- C« ^récr mon profond resiwt.
Vo<< de du Peyrou, « Je donne ici cette lettre telle qu'elle
• M trouve dans on brooiUon de lauteur, par lui corrigé et
• rené entra mes maios. Uals ii faut aassi la donner t4*lle •qs'e^le a para dans l'édition de Genève, d'après on aiilre
• brooillon, lequel, pasié de mes mafns en celles de RI. UoiiN » Ion» n'f csC pins rentré- La voici donc » Puis il présente le kue Id qne août t'avons imprimé c* -dossos. G. P.
saire, et dont il sait si bien userl je n'aurois rien fait de ma vie avec plus de plaisir. Lais- ' sons-lui faire une paix glorieuse, rétablir ses finances, et revivifier ses états épuisés; alors, si je vis encore et qu'il conserve pour moi les mêmes bontés^ vous verrez si je crains ses bienfaits.
Voici, mylord, une lettre que je vous prie de lui envoyer. Je sais quelle est sa confiance en vous, et j'espère que vous ne doutez pas de la mienne ; mais ce qui est convenable marche avant tont. La lettre ne doit être vue que du roi seul, i moins qu'il ne le permette.
J'envoie à votre excellence un paquet dont je la supplie d'agréer le contenu ; ce sont des fruits de mon jardin. Ils ne sont pas si doux que les vôtres : aussi n'ont-ils été arrosés que de larmes.
Mylord , il n'y a pas de jour que mon cœur ne s'épanouisse en songeant à notre château en Espagne. Ah I que ne peut-il faire le quatrième avec nous , ee digne homme que le ciel a condamné à payer si cher la gloire, et à ne connottre jamais le bonheur de la vie I Recevez tout mon respect.
A M. MOOLTOC.
45 novembre 1762.
Vous ne saurez jamais ce que votre silence m'a fait souffrir; mais votre lettrem'a rendu la vie, et l'assurancequo vous me donnez me tranquillise pour le reste de mes jours. Ainsi écrivez désormais à voire aise ; votre silence ne m'alarmera plus. Mais, cher ami, pardonnez les inquiétudes d'un pauvre solitaire qui ne sait rien de ce qui se passe, dont tant de cruels souvenirs attristent l'imagination, qui ne connolt dans la vie d'autre bonheur que l'amitié, et qui n'aima jamais personne autant que vous. Félix se nescil amari, dit le poète; mais moi je dis : Félix nescil amare. Des deux cAiés, les circon* stances qui ont serré notre atuichement Tont mis à répreuve, et lui ont donné la solidité d'une amitié de vingt ans.
Je ne dirai pas un mot à M. de MontmollÎQ pour la communication de la lettre dont \o\m me parlez ; il fera ce qu'il jugera convenable pour son avantage; pour moi, je ne veux pas
CORRESPONDANCE
faire un pas ni dire an mot de plus dans (oiHe cette affaire » et je laisserai vos gens 9e démener comme ils voudront, sans m*en mêler» ni répondre à leurs chicanes. Ils prétendent me traiter comme un enfant, à qui Ton commence par donner le fouet, et puis on lui fait demander pardon. Ce n'est pas tout-à-fait mon avis. Ce n*est pas moi qui veux donner des éciaircissemens; c'est le bonhomme Deluc qui veut que j'en donne, et je suis très^ché de ne pouvoir en cela lui complaire ; car il m*a tout-à-fait gagné le cœur ce voyage, et j* ai été bien plus content de lui que je n'espérois. Puisqu^oo n'a pas été content de ma lettre» on ne le seroitpas non plus de mes éclaircissemens. Quoi qu*on fasse, je n*ea veux pas dire plus qu'il n'y en a; et quand on me presseroit sur le reste, je craindois que M. de Montmollin ne fût compromis ; ainsi je ne dirai plus rien ; c'est un parti pris. Je trouve, en revenant sur tout ceci» que nous avons donné trop d'importance i cette affaire : c'est un jeu de sots enfans dont on se Qiche pour un moment, mais dont on ne fait que rire sitôt qu'on est de sang-froid. Je veux» pour m'égayer, battre ces gens-là par leurs propres armes; puisqu'ils aiment tant à chicaner, nous chicanerons, et je ferai en sorte que, voulant toujours attaquer, ils seront forcés de se tenir sur la défensive. Il est impossible, de celte manière, que je me compromette, parce que je ne défendrai point mon ouvrage, je ne ferai qu'éplucher les leurs ; et il est impossible qu'ils ne me donnent point toutes les prises imaginables pour me moquer d'eux : car mes objections étant insolubles ils ne le résoudront jamais sans dire force bêtises, dont je me réjouis d'avance de tirer parti. Gardez-vous bien d'empêcher l'ouvrage de M. Vernes de parotire. Si je le prends en gatté, comme je l'espère, il me fera faire un peu de bon sang dont j'ai grand besoin.
Vous voyez que ce projet ne rend point votre travail inutile ; tant s'en faut. La besogne entre nous sera très-bien partagée ; vous aurez défendu l'honneur de votre ami, et moi j'aurai désarmé mes censeurs. Vous ferez mon apologie, et moi la critique de ceux qui m'auront attaqué. Vous aurez paré les coups qu'on me porte, et moi j'en aurai porté quelques-uns. Il faut que je sois devenu tout d'un cono fort
malin, car je vous jure que les mains me démangent ; le genre polémique n'est que trop de mon goût; j'y avois renoncé pourtant.. Que n'ai-je seulement un peu de santé 1 Ceux qoi me forcent à le reprendre ne s'en trouveroient pas long-temps aussi bien qu'ils l'ont espéré.
Je ne me remets point l'écriture des deux lignes qui terminent votre lettre ; mais si l'os croit que la lettre de M. de IlontmoUin i M. Sirazin nous soit bonne à quelque chose» il fiat la lui demander à lui-même ; car je ne veux pas faire cette démarche-là. Adieu, cher MoultOQ.
Je vous prie de rembourser à M. Monchos le prix d'un atlas qu'il m'a envoyé» le port dadir atlas qu'il a affranchi, et les frais de mon extrait baptistaire, qu'il a pris la peine de m'envoyer aussi. Je vous dois déjà quelques ports de lettres ; ayez la bonté de tenir une note de tout cela jusqu'au printemps.
J'oubliois de vous marquer que le roi de Prusse m'a fait faire» par mylord maréchal, des offres très-obligeantes, et d'une manière dont je suis pénétré.
AU utuB,
Motiav-Tnvert. le 1 8 wwmàbtt tML
Je reçois à i'inslant» cher ami» une lettrs de M. Deluc» que je viens d'envoyer à If. de Montmollin » sans le solliciter de rien» mais le priant seulement de me Mre dire oe qu'il a r^* solu de faire quant à la copie qu'on loi demande, afin que je m'arrange anasi de mon c6té en conséquence de ce qu'il aura fait. S'il prend le parti d'envoyer cette copie» moi, de mon côté, je lui écrirai en peu de lignes la lettre d'éclaircissement que H. Deluc souhaiis» laquelle pourtant ne dira rien de plos que la précédente , parce qu'il n'est pas possible de dire plus. S'il ne veut pas envoyer cette copie, moi, de mon cêté , je ne dirai plos rien ; j'en resterai là, et continuerai de vivre en bon chrétien réformé, comme j'ai fait jusqu'ici de tosi mon pouvoir.
Le moment critique approche oik jefloni Genève m'est encore quelque chose. Siles6ènevois se conduisent comme ils le doivent, je me reconnottrai toujours leur concitoyen, el les aimerai comme ci-devant. S'ils me nian-
qoeiil dans cette occasion, I ils oublient quels affronts et quelles insultes ils ont à réparer envers moi, je necesserai point de les aimer; mais, du reste, mon parti est pris.
Je ne pais répondre à M. Deluc cet ordinaire, parce que ma réponse dépend de celle de M. de MontmoHin, qui m'a fait dire simploment qu'il TÎendroit me voir; car, depuis plusiears semaines, Tétat où je suis ne me permet pas de sortir. Or, comme la poste part dans peu d'heures 9 il n'est pas vraisemblable que j'aie le temps d'écrire : ainsi je n'écrirai à M. Deloc que jeudi au soir. Je vous prie de le loi dire, afin qu'il ne soit pas inquiet de mon lilence.
Il est certain que, quoi qu'il arrive, je ne demeurerai jamais à Genève, cela est bien décidé. Cependant je vous avoue que les approches du momeni qui décidera si je suis encore Geaefoiêf ou si je ne le suis plus, me donnent une vive êgimion de cœur. Je donnerois tout au monde pour être à la fin du mois prochain.
Adieu, cher ami.
k MADAME LATOUR.
Motien. 91 novembn 17Sa.
Tti m'adfUit ma iu mi piad. II faut se rendre, madame ; je sens tous les jours mieux qu'il est impossible à mon cœur de vous résister. Plus je gronde, plus je m'enlace ; et, à la manière dont TOUS me permettez de ne vous plus écrire, vous êtes bien sûre de n'être pas prise aa mot. Oui, vous êtes femme; je le sens à voire ascendant sur moi; je le sens à votre adresse, ei il y a longtemps que je ne m'avise plus d'en douter. Je ne tenterai donc plus de briser ces chaînes si peMantes que vous me donnez si légèrement ; mais, de grâce, allégez-en le poids vous-même; soyez aussi bonne que charmante; acceptez mes horomages en compensation de ma négligence, et ne comptez pas si rigoureusement avec votre serviteur.
Il est ceruin, madame, que j'ai en tort de parler encore à M. de Rougemont de ce que je vous avoîs dit au sujet de M. du Terreaux ; mais la manière dont vous m'aviez répondu me faisoit douter que vous en parlassiez à M. son frère, et il Gonvenoit cependant qu'il le sût.
T. IV
Voilà, non l'excuse, mais la raison de mon tort.
Je vous prie, madame, d'être bien persuadée de deux choses; Tune, que si vous eussiez gardé avec moi le silence que j'avois mérité, je n'aurois eu garde de vous laisser faire, du moins jusqu'à m'oublier : pour peu que vous eussiez encore différé à m'écrire, je vous aurois sûrement prévenue; et, quelque touché que je sois de votre lettre, je suis presque fâché que vous ne m'ayez pas donné cette occasion de vous marquer mon empressement et mon repentir. L'autre vérité que je vous supplie de croire estque, bien que l'on ne se corrige point à mon flgc, et que je ne puisse, sans vous tromper, vous promettre plus d'exactitude que par le passé, j'ai pourtant le cœur pénétré de vos bontés, et très-zélé pour m'en rendre digne. Voilà, madame, que j'écrive ou non, sur quoi vous devez toujours compter»
A M. MODLTOU.
Motien, 25 norembre f TSS.
Jem'étois attendu, cher ami, à ce qui vient de se passer ; ainsi j'en suis peu ému. Peut-être n'a-t-il tenu qu'à moi que cela ne se passât autrement. Mais une maxime dont je ne me départirai jamais, est de ne faire de mal à personne. Je suis charmé de ne m*en être pas départi en cette occasion ; car je vous avoue que la tentation étoit vive. Savez-vous à quel jeu j'ai perdu M. Marcet? Il me parott certain que' je l'ai perdu. J'auroiscru pouvoir compter sur un ancien ami de mon père. Je soupçonne que l'amitié de M. Deluc m'a été la sienne.
Je suis charmé que vous voyez enfin que je n'en ai déjà que trop fait. Ces messieurs les Genevois le prennent, en vérité, sur un singulier ton. On diroit qu'il faut que j'aille encore demander pardon des affronts qu'on m'a faits. Et puis, quelle extravagante inquisition 1 L'on n*en feroit pas tant chez les catholiques. En vérité ces gens-là sont bien bêtement rognes. Comment ne voient-ib pas qu'il s'agit bien plus de leur intérêt que du mien.
Le bonhomme dispose de moi comme de ses, vieux souliers; il veut que j'aille courir à Genève dans une saison et dans un état où je ne
COURESPONDANGR.
puis sortir, je ne dis pas de Moitiers» mais de ma chambre. li n y a pas de sens à cela. Je souhaite de tout mon cœur de revoir Genève, et je me sens un cœur fait pour oublier leurs outrages ; mais on ne m'y verra sûrement jamais en homme qui demande gr&cc ou qui la reçoit. Vous voulez m'envoyer votre ouvrage, supposant que je suis en état de le rendre meilleur. Il n'en est rien, cher ami; je n'ai jamais pu corriger une seule phrase ni pour moi ni pour les autres. J'ai l'esprit prime^tfautier, comme disoit Montaigne ; passé cela je ne suis rien. Dans un ouvrage fait, je ne vois que ce qu*il y a ; je ne vois rien de ce qu^on y peut mettre. Si je veux toucher à votre ouvrage, je me tourmenterai beaucoup, et je le gèlerai infailliblement, ne fût-ce que parce qu'il s'agit de moi : on ne sait jamais parler de soi comme il faut. Je vois que vous vous défies de vous ; mais vous devriez vous fier un peu à moi, qui peut mieux que vous vous mettre à votre taux. En ceci seulement je jugerai mieux que vous. Faites de vous-même ; vous serez moins correct, mais plus un. Au reste, revenez plusieurs fois sur votre ouvrage avant que de le donner. Je crains seulement les fautes de langue ; mais, si vous êtes bien attenlif, elles ne vous échapperont pas. Je craras aussi un peu les boutades du feu de la jeunesse. Attachez^vous à ôter tout ce qui peut être exclamation ou déclamation. Simplifiez votre style, surtout dans les endroits oA les choses ont de la chaleur. J*ai une lecture i vous conseiller avant que de revoir pour la dernière fois votre écrit, c'est celle des Lettres persanes. Cette lecture est excellente à tout jeune homme qui écrit pour la première fois. Vous y trouverez pourtant quelques fautes de langue. En voici une dans la quarantedeuxième lettre : Tel que Ten devrait mépriser parce qu'il est un soty ne Pest souvent que parée qu'il eut un homme de robe. La fiiute est de prendre pour le participe passif méprisé, qui n'est pas dans la phrase, l'infinitif méfpns^ qui y est. Les Genevois sont encore fort sujets à liire cette faute-là. Toutefois, si vous voulez «bsolument m*envoyer votre écrit, faites. Je ne sais lequel de vous ou de moi me donnera le plus d'intérêt à sa lecture, mais je vous répète que je ne vous y puis être d'aucune «tiltté.
Je vous ai parlé des offres du roi de Prusse et de ma reconnoissance. Hais voudriez-vous que je les eusse acceptées? est*il nécessaire de vous dire ce que j'ai fait? ces choses-là devroientse deviner entre nous.
Je dois vous prévenir d'une chose. Vous a ves dû voir beaucoup d'inégalités dans mes lettres; c*est qu'il y en a beaucoup dans mon humeur; et je ne le cache point à mes amis. Hais ma conduite ne se règle point sur mon humeur; elle a une règle plus constante ; à mon âge, ou ne change plus. Je serai ce que j'ai été. Je ne suis différent qu'en une chose, c*est que jusqu'ici j'ai eu des amis, mais à présent Je sens que j'ai un ami.
Vous apprendrez avec plaisir qfi*Êmite a te plus grand succès en Angleterre. On en esta la seconde édition angloise. Il n'y a pas d'exemple à Londres d'un succès si rapide pour aucun livre étranger, et, nota^ malgré le mal que j'y dis des Anglois.
A M. DK HOEimOLUll.
Ifovemkra fUS.
Quand je me suis réuni, monsieur, il y a neuf ans, à TÉglise, je n'ai pas manqué de censeurs qui ont blâmé ma démarche, et je n'en manque pas aujourd'hui que j'y reste uni sous vos auspices, contre Tespotr de tant de gens qui voudroient m'en voir séparé. Il n'y a rien là de bien étonnant; tout ce qui m'honore et me console déplatt à mes ennemis; et ceux qui voudroient rendre la religion méprisable sont ftchés qu'un ami de la vérité la professe ouvertement. Nous coonoissons trop, vous et moi, les hommes, pour ignorer à combien de passions humaines le f&int zèle de la foi sert de manteau ; et l'on ne doit pas s'attendre à voir Tathéisme et l'impiété plus charitablesque n'est l'hypocrisie ou la superstition. J'espère, monsieur, ayant maintenant le bonheur d'être plus connu de vous, que vous ne voyez rien en moi qui, démentant la déclaration que je vous ai Faite, puisse vous rendre suspecte ma démarche, ni vous donner du regret à la vAtre. S'il y a des gens qui m*scciisent d'être un hypocrite, c'est parce que je ne suis pas un impie : ils se sont nrmngf^s ponr m'nccuser de l'un ou
AMNÊE 4769.
de VMtet Mot doute parce qa*ito n'imaginent i pas qu'on puiMe sincèrement cfoire en Dieu. Yoot voyeK que, de quelque manière que je me condoiMy il n&'eat impossible d échapper à I une des deux imputations» Mais tous voyez êwm que» si toutes deux sont également desti* mém de preurcsy celle d* hypocrisie est pourtant la plus inepte; car un peu d hypocrisie n'eAt sauvé bien des dtsgrftcss; et ma bonne foi me coAte assez cher» ce ne semble, pour devoir è(re au-dessus de toui soupçon.
Qiiand nous avons eu, monsieur, des entre-» tiens sor mon ouvrage, je tous ai dit dans qnelles vues il avoit été publié, et je voos réi^ tère la m^me chose en sincérité de cœur. Ces vues D*ont nen que de louable, vous en êtes eonvcDu vous-même ; et quand vous m'appre* nez qu'on me prête celle d'avoir voulu jeter du ridicule sur le christianisme, vous sentez en même temps combien celte imputation est ridicu/e elle-même, puisqu'elle porte uniquement sur un dialogue dans un langage improuvé des deux côtés dans Touvrage même, et où Ton ne trouve assurément rien d'applicable au vrai chrétien. Pourquoi les réformés prennent-ils ainsi fait et cause pour TEglise romaine? pourquoi s*échauflFent-ils si fort quand on relève les vices de son argumentation, qui n'a point été la leur jusqu'ici ? Veulent-ils donc se rapprocher peu à peu de ses manières de penser comme ils se rapprochent déjà de son intolérance ^ contre les principes fondamentaux de leur propre communion T
Je suis bien persuadé, monsieur, que si j'eusse toujours vécu en pays protestant, alors ou la Profession du vicaire savoyard n'eût point été faite, ce qui certainement eût été un mal i bien des égards, ou, selon toute apparence, elle eût eu dans sa seconde partie un tour fort différent de celui quelle a.
Je ne pense pas cq>endant qu'il faille sop* primer les objections qu'on ne peut résoudre ; car celle adresse subreptice a un air de mauîaise foi qai me révolte, et me fait craindre qu'il n'y ait au fond peu de vrais croyans. Toutes lea connoissances humaines ont leurs obscurités, leurs difficultés, leurs objections qoe l'esprit humain trop borné ne peut résMdre. La géométrie elle-même en a de teUi*s
que les géomètres ne s'avisent point de su(>* primer, et qui ne rendent pas pour cela leur science incertaine. Les objections n'empêchent pas qu'une véri(é démontrée ne soitdémontréc; et il faut savoir se tenir à ce qu'on sait, et ne pas vouloir tout savoir même en matière de religion. Nous n'en servirons pas Dieu de moins bon cœur ; nous n*en serons pas moins vrais croyans, et nous en serons plus humains, plus doux, plus tolérans pouf ceux qui ne pensent pas comme nous en toute chose. A considérer en ce sens la Profession de foi du vicaire, elle peut avoir son utilité même dans ce. qu'on y a te plus improuvé. En tout cas il n'y avoit qu'à résoudre des objections aussi convenablement, aussi honnêtement quelles étoient proposées, sans se fâcher comme si l'on avoit tort, et sans croire qu'une objection est suffisamment résolue lorsqu'on a brûlé le papier qui la contient.
Je n'épiloguerai point sur les chicanes sans nombre et sans fondement qu'on m'a fiiites et qu'on me fait tous les jours. Je sais supporter dans les autres des manières do penser qvi ne sont pas les miennes; pourvu que nous soyons tous unis en Jésus-Christ, c'est là l'essentiel. Je veux seulement vous renouveler , monsieur, la déclaration de la résolution ferme et sincère où je suis de vivre et mourir dans la communion de l'Ëglise chfétienne réformée. Rien ne m'a plué consolé dans mes disgrâces que d'en faire la sincère profession auprès de vous, de trouver en vous mon pasteur, et mes firères dans ros paroissiens. Je vous demande à vous et à eux la continuation des mêmes bontés; et comme je ne crains pas que ma conduite vous fasse changer de sentiment sur mon compte, j'espère que les méchancetés de mes ennemis ne le feront pas non plus.
En parlant, monsieur, dans votre gazette du 25 juin, d'im papier appelé réquiMoirf^ publié en France contre le meilleur et le plus utile de mes écrits, vous avez rempli votre office, et je ne vous en sais pas mauvais gré; je ne me plains pas même que vous ayez tran^
CORRESPONDANCE
A M. LOygBAO DB HADliON Four loInoMiuMiidAr t'albire de M. L« B«eaf d« Valdahon.
Voici» mon cher Mauléon, da travail pour voasy qui savez braver le puissant injuste» et défendre l'innocent opprimé. Il s'agit de protéger par vos talens un jeune homme de mérite qu*on ose poursuivre criminellement pour une faute que tout homme voudroit commettre» et qui ne blesse d'autres lois que celles de l'avarice et de Topinton. Armez votre éloquence de traita plus doux et non moins pénélrans»
crit les imputations dont ce papier est rempli» i et auxquelles je m'abstiens de donner celle qui
leur, est due*
Mais lorsque vous ajoutez do votre chef que je suis condamnable au-delà de ce qu'on peut dire pour avoir composé le livre dont il s*agit» et surtout pour y avoir mis mon nom» comme s*il étoit permis et honnête de se cacher en parlant au public; alors^ monsieur» j*ai droit de me plaindre de ce que vous jugez sans connottre; car il n'est pas possible qu'un homme éclairé et un homme de bien porte avec connoissance un jugement si peu équitable sur un livre où l'auteur soutient la cause de Dieu» des mœurs» de la vertu». contre la nouvelle philosophie» avec toute la force dont il est capable. Vous avez donné trop d'autorité à des procédures irrégulières» et dictées par des motifs particuliers que tout le monde connott.
Mon livre» monsieur» est entre les mains du public» il sera lu tôt ou tard par des hommes raisonnables» peut-être enfin par des chrétiens, qui verront avec surprise, et sans doute avec indignation» qu'un disciple de leur divin makre soit traité parmi eux comme un scélérat.
Je vous prie donc» monsieur, et c'est une réparation que vous me devez» de lire vous-r même le livre dont vous avez si légèrement et si mal parlé; et quand vous l'aurez lu» de vouloir alors rendre compte au public» sans faveur et sans grâce» du jugement que vous en aurez porté. Je vous salue, monsieur» de tout mon cœur.
père vindicatif et dénaturé, lis ont la voix pu« blique ; et ils l'auront partout où vous parlerez pour eux. Il me semble que ce nouveau sujet vous offre d'aussi grands principes à dévelop» per» d'aussi grandes vues à approfondir que les. précédons; et vous aurez de plus à foire valoir des sentimens naturels à tous les coesn sensibles, et qui ne sont pas étrangers au vAcre. J'espère encore que vous compterez pourqtelque chose la recommandation d'un homme que vous avez honoré de votre amitié. Maeie vir^ tutât cher Mauléon. C'est dans une route que vous vous êtes frayée (*) qu'on trouve le noble prix que je vous ai depuis si longtempe annoncé, et qui est seul digne de vous.
A MADEMOISELLE D'IVERMOU,
FUIede M. le proeureor-géiiéral da Nmircfalld» en liii«DTO|iiit le premier Ucet de nu bçon qu'elle ni*a?oit *«— »*"^ pou prêtent de nooei.
Le voilà» mademoiselle» ce beau présent de noces que vous avez désiré : s'il s'y trouve du superflu» faites» en bonne ménagère» qu'il ait bientôt son emploi. Portez sous d'heureux auspices cet emblème des liens de douceur et d'amour dont vous tiendrez enlacé votre heureux époux, e( songez qu'en portant un lacet tissu par la main qui traça les devoirs des mères» c'est s'engager à les remplir.
en faveur de deux amans persécutés par un ] iièrementtroitédUionsiktroiiitaieetideiTw, iD^.cr