‹ Œuvres complètes de J.J. Rousseau, avec des notes historiquesChapitre 68 sur 158 · A M. DELUC · texte numérisé non relu

A M. DELUC

Motlen, le 7 Juillet f76S.

Je crains, mon cher ami, que votre zèle patriotique n'aille un peu trop loin dans cette occasion, et que votre amour pour les lois n'expose à quelque atteinte la plus importante de toutes, qui est le salut de l'état. J'apprends que vous et vos dignes concitoyens méditez de nouvelles représentations; et la certitude de leur inutilité me fait craindre qu'eHcs ne compromettent enfin vis-à-vis les uns des autres ou la bourgeoisie, ou les magistrats. Je ne prétends pas me donner dans cette affaire une importance qu'au surplus je ne tiendrois que de mes mal* heurs : je sais que vous avez à redresser des 4 griefs qui, bien que relatifs à de simples particuliers, blessent la liberté publique. Mais, soit que je considère cette démarche relativement à moi, ou relativement au corps de la bourgeoisie, je la trouve également inutile et dange» reusc ; et j'ajoute même que la solidité de vos raisons tournera toute à votre commun préjudice, en ce qu'ayant mis en poudre les sopbismes de sa réponse, vous forcerez le Conseil à ne pouvoir plus répliquer que par un sec // n'y a lieu^ei par conséquent de rentrer, pnr le fait, en possession de son prétendu droit négatif (*), qui réduiroità rien celui que vous avez de faire des représentations. Que si, après cela, vous

{*) Voyex ce qui est il il sur ce droit qu'avoit on que l'arrogeoit le Sénat ou petit Conseil» dans le tableau qui se trouve en léte des Lettres de la Montagne, de la coustiiutlon de Genève à répo<]ne où Rousseau écrivolt. M. P.

CORRESPONDANCr.

?oiis obstinez è poursuivre le f cdressoment de griel^ (que très-certainement vous n*obtiendrez point), îl ne vous reste plus qu'une Toie légitime, dont l'efFet n'est rien moins qu'assuré, et qui , donnant atteinte à votre souveraineté , établiroil une planche très-dangereuse, eit seroit un ma! beaucoup pire que celui que vous v«Hilez réparer.

Je sais qu'une famille intrigante et rusée {*)• s'étayant d'un grand crédit au-dehore, sape à grands coups les fondemens de la république, et que ses membres, jongleurs adroits et gens à deux envers, mènent le peuple par Thypocrisie et les grands par l'irréligion. Mais vous et vos concitoyens devez considérer que c'est vous-mêmes qui Pavez établie ; qu*il est trop tard pour tenter de Tabattre, et qu'en supposant même un succès qui n'est pas i présumer, vous pourriez vous nuire encore plus qu'à elle, Bt vous détruire en rabaissant, GroyeaHDOi, mes amis, laissez-la faire ; elfe touche à son terme, et je prédis que sd propre ambition la perdra sans que la bourgeoisie s'en mêle. Ainsi, pnr rapport à la république, ce que vous voulez faire n*est pas utile en ce moment ; le succès est iibpo^ible, ou seroit funeste, et tout reprendra son cours naturel avec le temps.

. Par i^apport i moi,'vous connoissez ma manière de penser, et M. dlvemois, à qui j'ai ouvert mon cœur à son passage ici, vous dira, comme je vous l'ai écrit, et à tous mes amis, que, loin de désirer en cette circonstance des représentations, j'aurois voulu qu'elles n'eussent point été faites, et que je désire encore plus qu'elles n'aient aucune suite. Il estcertain, comme je l'ai écrit à M. Ghappuis, qu'avant ma lettre à M. Favre, des représentations de quelques membres de la bourgoisic, suffisant pour marquer qu'elle improuvoit la procédure, et 4nettant par conséquent mon honneur à couvert, eussent empêché une démarche que je n'ai faite que par force, avec douleur, et quand je ne pouvois plus m'en dispenser^sans consentir à mon déshonneur. Mais une fois faite, et mon parti pris, cette démarche ne me laissant plus qu'un tendre souvenir de mes anciens compatriotes, et un désir sincère de 'es voir vivre en paix, toute démarche subsé-

(') La famille Troncliin.

quente, et relative à celle-là, m'a paru dépla* cée, inutile ; et je ne l'ai ni désirée ni approuvée. J'avoue toutefois que vos représentation!! m*ont été honorables, en montrant que la procédure faite contre moi étoit contraire aux lois, et improui'ée par la plus saine partie de l'état. Sous ce point de vue, quoique je n'aie point acquiescé à ces représentations, je ne puis en être fâché. Mais tout ce que vous ferez de plus maintenant n'est propre qu'à en détruire le bon effet, et à foire triompher mes ennemis et les vôtres, en criant que vous donnez à la vengeance ce que vous ne devez qu'au maintien des lois.

Je vous conjure donc, mon vertueux ami, par votre amour pour la patrie et pour la paix, de laisser tomber cette affaire, ou même d'en abandonner ouvertement la poursuite, au moins pour ce qui me regarde, afin que voire exemple entraîne ceux qui vous honorent de leur confiance, et que les griefs d'un particulier qui n'est plus rien à l'état n'en troublent point le repos. Ne soyez en peine ni du jugement qu'on portera de cette retraite, ni du préjudice qu'en pourroit souffrir la liberté. La réponse du Conseil, quoique tournée avec tou(e l'adresse imaginable, prête le flanc de tant de cêtés, et vous donne de si grandes prises, qu*il n'y a point d'homme un peu au fait qui ne sente le motif de votre silence, et qui ne juge que vous vous taisez pour avoir trop à dire. Ëi quant à la lésion des lois, comme elle en deviendra d*autant plus grande qu'on en aura plus vivement poursuivi la réparation sans Toblenir, il vaut mieux fermer les yeux dans une occa^ sion où le manteau de l'hypocrisie xonvre les attentats contre la liberté, que de fournir aux usurpateurs le moyen de consommer, au nom de Dieu, l'ouvrage de leur tyrannie.

Pour moi, mon cher ami , quelque disposé que je fusse à me prêter à tout ce qui pouvoit complaire à mes anciens concitoyens, et à reprendre avec joie un titre qui me fut si cher, s'il m'eût été restitué de leur gré, d'un com* mun accord, et d*une manière qui me l'eût pu rendre acceptable, vos démarches en cette occasion, et les maux qui peuvent en résulter, me forcent à changer de résolution sur ce point, et à en prendre une dont,' quoi qu'il arrive, rien ne me fera départir. Je vous déclare donc.

ei j'eQ ai fait le serinent, que de mes jonrs je ne remettrai le pied dans vos mars, et que^ content de nourrir dans mon coeur les sentimens d*qn vrai citoyen de Genève, je n'en reprendrai jamais le litre : ainsi toute démarche qui pourroit tendre à me le rendre est inuMe et vaine. Après avoir sacrifié mes droite les plus chers à i^honneur^ "Je sacrifie aujourd'hui mes espérances à la paix. Il ne me reste phts rien i faire. Adieu.

A M. DE GAUFECOORT.

HoUen,le7JuiUet176S.

J'apprends, cher papa, que vous êtes à Genève; et cela redouble mon regret de ne pouvoir passer dans cette ville, comme je comptois faire, après toutes ces tracasseries, pour aller à Chambéri voir mes anciens amis. Forcé de renoncer à ma bourgeoisie , pour ne pas consentir à mon déshonneur, j'aurois passé comme un étranger; et avec quel plaisir j'eusse publié, dans les bras du cher Gajiifecoort, tous les maux qu'on rassemble aur ma tète I mais les démarches tardives et déplacées de la bourgeoisie, et l'étrange répoiue du Conseil, me forcent, de peur d'attiser le feu par ma présence,, à m'abstenir d*un voyage que je voulois faire en paix. Après s'être tù quand il falloit parler, on parle quand il fout se taire et que tout ce qu'on peut dire n'est plus bon à rien.

L'aflFection que J'aurai toujours pour nui patrie me fait désirer sincèrement que tout ceci, qui s'est fait contre mon gré, n'ait aucunesuite, et je lai écrit i mes amis. Hajs ne m'ayant ni défendu dans mon malheur, ni consulté dans leur démarche, auront-ils plus d'égard à mes représentations, qu'ils n'en eurent à mes intérêts lorsqu'ils n'étoient que ceux des lois et les leurs? Dans le doui^ de mon crédit sur leur esprit, j*ai pris le dernier parti que je devois prendre, en leur déclarant que, quoi qu'il arrivât, et quoi quMls fiaient, je ne reprendrois jamais le titra de leur citoyen (*) , et ne rentrerois jamais dans leurs macs. C'est a quoi je suis

(') ... de leur citoyen. Gooromie an teste de t'éditkm donnée pir Du Peyroo en 17S0. où cette lettre a été Imprimée pour ta première fols, et où par errenr taoe donte on a mli citoyen onrtond/iiTM. M. P.

aussi très-déterminé, et c*est le seul moyen ouï me resitoit d*assoupir toute cette affaire, autant du moins que mon intérêt y peut influer. Ce seroit, j'en conviens, me donner une importance bien ridicule, si on ne l'eût rendue nécessaire , et dont je ne saurois d'ailleurs être fort vain, puisque je ne la dois qu'à mes malheurs. Ainsi, rien ne manque à mes sacrifices. Puissent-ils être aussi utiles que je les fais de bon cœur, quoique déchiré 1

Ce qui m'afflige le plus dans cette résolution est l'impossibilité où elle me met d'embrasser jamais mes amis à Genève, ni vous par conséquent qui êtes le plus ancien de tous. Faut-il donc renoncer pour toujours à cet espoir? Cher papa, j'espère que votre sanlé raffermie ne vous rend plus les bains d'Âix nécessaires; mais jadis c'étoit pour vous un voyage de plaisir plus que de besoin. S'il pouvoit l'être encore , quelle consolation ce seroit pour moi d'aller vous y voir I Je crois que je monrrois de joie en vous serrant dans mes bras. Je traverserois le lac, le Chablais, le Faucigny,^our vous aller joindre. L'amitié me donneroit des forces ; la peine ne me coùteroit rien.

On dit que les jongleurs ont acheté Marc Chappuis avec votre emploi. Je les trouve bien prodigues dans leurs emplettes. Il est vrai que celle-là se fait à vos dépens, et c'est tout ce qui m'en fâche. Assurément , si je n'ai pas une belle statue , ce ne sera pas la faute des jongleurs ; ils se tourmentent furieusement pour en élever le piédestal. Donnez-moi de vos nouvelles. Je vous embrasse de tout mon cœur.

A M. OSTEU, PROTESSECR A ZURICH.

Sur le chapitre fin dn dernier livre éa Coutbât social.

HoUert, le 15 Juillet 1763.

Quelque excédé que je sois de disputes et d'objections, et quelque répugnance que j'aie d'employer à ces petites guerres le précieux commerce de l'amitié, je continue à répondre à vos difficultés, puisque vous l'exigez ainsi. Je vous dirai donc, avec ma franchise ordinaire t que vous ne me paroissez pas avoir bien saisi l'état de la question. La grande société, la société humaine en général, est fondée sur Thu*

4JtO

gorrespondancf:.

inanité, sur la bienfaiisanco uniyenelle. le dis, et j'ai toujours dit que le christianisme est favorable à celle-là.

Mais les sociétés particulières, les sociétés politiques et civiles ont un tout autre principe ; ce sont des établissemens purement humains, dont par conséquent le vrai christianisme nous détache comme de tout ce qui n*est44U9 terrestre. Il n'y a que les vices des bommés qui rendent CCS établissemens nécessaire » et il n*y a que les passions humaines, qui les conservent. Otez tous les vices à vos chrétiens, ils n'auront plus besoin de magistrats ni de lois; Atez-leur toutes les passions humaines, le lien civil perd à rinstant tout son ressort , plus d'émulation, plus de gloire, plus d'ardeur pour les pré-t féreoces. L'intérêt particulier est détruit; et faute d'un soutien convenable, l'état politique tombe en langueur.

Votre supposition d'une teciété politique et rigoureuse de chrétiens, tous parfaits à la ri-* gueur, est donc contradictoire ; elle est encore outrée quand vous n'y voulez pas admettre un seul homme injuste , pas on seul usw*^ pateur. Sera-t-elie plus parfaite que celle des apôtres? et cependant il s'y trouva un Judas... Sera-t-elle plus parfaite que celle des anges? et le diable, ditpon, en est sorti. Mon cher ami, vous oubliez que vos chrétiens seront des hommes, et que la perfection que je leur suppose est celle que peut comporter l'humanité. Mon livre n'est pas fait pour les dieux.

Ce n'est pas tout. Vous donnez à vos citoyens un uct moral, une finesse exquise : et pourquoi? parce qu'ils sont bons chrétiens. Gomment 1 nul ne peut être bon chrétien à votre compte sans être un I^a Rochefoucauld, un La Bruyère? A quoi pensoit donc notre maître, quand il bénissoit les pauvres en esprit? Celte assertlon-lày premièrement, n'est pas raisonnable , puisque la finesse du tact moral ne s'acquiert qu'à force de comparaisons, et s'exerce même infiniment mieux sur les vices que l'on cache que sur les vertus qu'on ne cache point. Secondement , cette même assertion est contraire à toute expérience, et Ton voit constamment que c'est dans les plus grandes villes, cnez les peuples les plus corrompus, qu'on apprend à mieux pénétrer dans les cœurs, à mieux observer les hommes, à mieux interpré-

ter leurs discours par leurs sentimens, à nrieox distinguer la réalité de Tapparence. Nieres« vous qu'il n'y ait d'infiniment meilleurs obaer-vateurs moraux à Paris qu'en Suisse? ou conclurez-vous de là qu'on vit plus vertneusemenC à Paris que chez vous?

Vous dites que vos citoyens seroient infiniment dioqués de la pvemîère injustice. Je le crois; mais quand ils la verroient, il ne seroit plus temps d'y pourvoir, el d'autant mieux qi^ila ne se permetlroient pas aiiément de mal penser de leur prochain^ ni de donner une mauvaise interprétation à ce qui pourroit en avoir une bonne. Cela seroit trop contraire à hi charité. Vous n'ignorez pas que les ambitieux adrQîts se gardent bien de commencer par des injustices ; au contraire , ils n'épargnent rien pour ^gner d'abord la confiance et l'estime publique par la pratique extérieure de la vertu ; ils ne jettent le masque et ne frappent les grands coups que quand leur partie est bien liée, et qu'on n'en peut plus revenir. Cromwell ne fut connu pour un tyran qu'après avoir passé quinze ans pour le vengeur des lois et le défenseur de la religion. •

Pour conserver votre république chrétienne» vous rendrez ses voisins aussi justes qu'elfe : à la bonne heure. Je conviens qu'elle se défendra toujours assez bien pourvu qu'elle no soit point attaquée. A l'égard du courage que vous donnez à ses soldats, par le simple amour de la conservation, c'est celui qui ne manque à personnel Je lui ai donné un motif encore plus puissant sur des chrétiens; savoir, l'amour du devoir. Là-dessus, je crois pouvoir, pour toute réponse, vous renvoyer à mon livre 9 où ce point est bien discuté. Coomient ne voyez^ vous pas qu'il n'y a que de grandes passions qui fassent de grandes choses? Qui n'a d'autre passion que celle de son salut *ne fera jamais rien de grand dans le temporel. Si Mutins Scœvola n'«ftt élé qu'un saint, croyez-vous qu'il eût fait lever le siège de Rome 7 Vous me oitM^z peut-être la magnanime Judith. Mais nos ebré* tiennes hypothétiques, moins barbarement coquettes, n'iront pas, je crois, sédoire leurs ennemis, et puis coucher avec eux pour /es massacrer durant leur sommeil.

Mon cher ami, je n'aspire pas à vous convaincre. Je sais qu'il n'y a pas deux têtes orfpk-

BÎaies de mèmd» bt qu'aprèt bi^ des disputes, bien des objeetioDs» biw des éclaireissemens, cbacuB finit toujoars par rester dans son sen-> liment comme auparayant. D'ailleurs, quelque philosophe que vous puissiez être, je sens qu'il iant toujoars un peu tenir à Téiat. Encore une fois, je vous réponds parce que vous le voulez ; mais je ne vous en estimerai pas moins pour ne pas penser comme moi. J*ai dit mon avis au publie» et j'ai ern le devoir dire, en choses importantes et qui intéressent rhumanité* Au r6sle# je puis m'ètre trompé toujours, et je me suis trompé souvent sans doute. J'ai dit mes raisons; c'est an public, c*est à vous à les peser, à les juger, à choisir. Pour moi, je n'en sais pas davanuge, et je trouve très-bon que. ceux qui ont d*antres sentimens les gardent, pourvu qu'ils me laissent ep paix dans le mien.

A M. F. n. ROCSSKÀO.

itolltat ITSS.

Une absence de quehiues jours m'a empêché, mon très-cher cousin, de répondre phis -tôt à votre lettre, et de vous marquer mon regret sur la perte de mon cousin votre père. U a vécu en homme d'honneur, il a supporté la vieillesse avec couragCi et il est mort en chrétien. Une carrière ainsi passée est digne d'envie : puissions^nous, mon cher cousin, vivre et mourir comme lui 1

Quant à ce que vous me marquez des représentations qui ont été faites à mon sujet, et «uqoelles vonaavea concouru, je reconnois, mon cher cousin, dans cette démarche le zèle d'an bon parent et d'un digne citoyen; mais j'ajouterai qu'ayant été faites à mon insu, et dans un temps où elles ne pouvoient plus produire aucun effet utile, il eût peut-être été mieux qu'elles n'eussent point été faites, ou que mes amis et parents n'y eussent point acquiescé, l'avoue que l'affront reçu par le Conseil est pleinement réparé par le désaveu authentique de la plus saine partie de l'état : mais comme il peut naître de cette démarche des semences de mésintelligence, auxquelles, même après ma retraite, je serois au désespoir d'avoir donné lieu, je vous prie, mon cher cousin, vous et tous ceux qui daignent s'intéresser à moi, de

vouloir bien, du moins pour ce qui me regarde, renoncer à la poursuite de cette affaire, et vous retirer du nombre des représentans. Pour moi, content d'avoir foit en toute occasion mon devoir envers ma patrie, autant qu'il a dépendu de moi, j'y renonce pour toujours, avec douleur, mais sans balancer; et afin que le désir de mon rétablissement n'y trouble jamais la paix publique, je déclare que, quoi qu'il arrive, je ne reprendrai de mes jours le titre de citoyen de Genève, ni ne rentrerai dans ses murs. Croyez que mon attachement pour mon pays ne tient ni aux droits, ni au séjour, ni au titre, mais a des nœuds que rien ne sauroit briser; croyez aussi, mon très-cher cousin, qu'en cessant d'être votre concitoyenne n*en reste pas moins pour la vie votre bon parent et véritable ami.

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