‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 13 sur 166 · II. C'en est assez sur les contractures spasmodiques et sur · texte numérisé non relu

II. C'en est assez sur les contractures spasmodiques et sur

Fig. 10. — Attitude vieimue volontaire rappelant le type d'extension du rhumatiame

chronique. — Dessin de M. P. Richer.

les amyotrophies de cause articulaire. Maintenant je vais vous

Fiç . H. — Attitude vicieuse volontaire rappelant le type d'extension du rhumatisme

chronique. — Dessin de U. P. Richer.

montrer un malade dont l'affection est d*un ordre tout à fait différent.

SaJpétrière peut également produire à volonté la même déformation (fig. 11). Ces faits montrent bien que la déviation se produit exclusivettiéht »ou8 rinflucDcede Tactioa musculaire.

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Il est atteint de paralysie générale progressive, et si nous considérons chez lui seulement Tétat actuel, nous reconnaissons qu'il s*agit d*un cas vulgaire, des plus classiques, et dont le diagnostic est malheureusement des plus faciles à établir.

M. L..., professeur d'histoire, venu en France pour étudier le droit, est &gé de 35 ans ; il offre actuellement les phénomènes suivants : embarras spécial de la parole qui est presque inintelligible, tremblement fibrillaire de la langue, tremblement spécial des mains, ensemble de phénomènes intellectuels et moraux qu'on peut grouper sous la rubrique démence paralytique.

Rien de plus classique, je le répète, que ce cas, aujourd'hui que l'on sait qu'il existe une forme de paralysie générale où le délire ambitieux ne figure pas, désignée sous le nom de forme paralytique^ ou de paralysie générale sans aliénation.

Mais ce qui fait l'intérêt du cas, c'est le récit des phénomènes du début, fait d'une façon très intelligente, par la jeune femme du malade.

Je vous rappellerai que, d'après M. Jules Falret *, on admet que la paralysie générale qui, parvenue à son complet développement, affecte un appareil symptomatique à peu près uniforme, se présente à ses débuts sous des aspects très divers, mais qui peuvent être ramenés à quatre types ou variétés.

1* Variété expanstvey avec délire ambitieux, satisfaction de soi-même et de son entourage, etc. Ces malades gagnent des millions, ont des prétentions à la poésie, etc. Ce délire ambi-

i. J. FalreU — Recherches sur ia folié paralyti^MM, —Thèse de Parin, <8S3.

MIGRAINE OPHTHALMIQUB 73

lieux prend d'emblée les caractères de la démence (Falret). Ces idées sont mobiles, contradictoires, absurdes, bien diflërente de celle des monomanes ambitieux, qui sont logiques. Ces troubles psychiques s'accompagnent d*une certaine difâenlté d'articulation de sons, d'inégalité pupillaire, de tremblementy d'incertitude des mouvements.

2"* Variété mélancolique en contraste frappant avec la précédente.

a) Délire mélancolique, les malades se croient ruinés, déshonorés, etc.

b) Quelquefois, il y a association d'idées hypochondriaques ; crainte de mourir, ils s'imaginent qu'ils ont des maladies qui n'existent pas, en réalité, disent qu'ils ne peuvent ni avaler, ni uriner, que leurs conduits sont bouchés, etc. Ces troubles peuvent marquer le début, mais il y a bientôt de l'embarras de la parole, de l'inégalité pupillaire, etc.

3** Variété paralytique, caractérisée par l'absence d'idées délirantes ; alors seulement des modiûcations profondes du caractère, emportements et attendrissements sans motif, aCTaiblissement de la mémoire. Il y a, dans cette forme, prédominance des troubles moteurs, embarras de la parole, tremblement des mains et de la langue qui est animée de mouvements fibrillaires, incertitude de la marche, titubation. C'est la paralysie générale sans aliénation. Ces malades ont conscience de leur décadence, ils peuvent encore remplir jusqu'à un certain point leurs devoirs sociaux, bien que leur intelligence soit affaiblie.

4** Variété congestive; dans cette forme on observe des se-

74 MIGRAINE OPHTHALMIQUE

ries d'âtlaques dites congestives, séparées par des intervalles à peu près libres et se répétant un nombre varié de fois avant que les caractères de la paralysie générale ne s'établissent décidément à Tétat permanent.

tes attaques dites congestives sont variées dans leur forme ; ainsi, tantôt c'est une attaque apoplectiforme suivie d'une hémiplégie temporaire ; tantôt c'est une attaque épileptiforme ; enfin, un cas assez fréquent est celui oîi, sans perte absolue de conscience, survient un engourdissement d'une main, des lèvres, un embarras temporaire de la parole et des idées, une aphasie transitoire, etc.

C'est cette variété congestive au début qui s'est produite chez notre malade, et chez lui, les diverses formes d'attaques se sont succédées en quelque sorte.

MaLs le point sur lequel je veux surtout appeler voire attention, c'est que^ chez lui, la plupart de ces accès ont été précédés par un ensemble symptomalique que l'on caractérise habituellement sous le nom de migraine ophthalmique.

Les phénomènes se sont présentés dans les premiers accès de telle façon qu'on eût pu, en les considérant à l'état d'isolement, comme appartenant à une affection le plus souvent bénigne, tandis qu'il s'agissait, ainsi que la suite Ta montré, des débuis d'une affection inexorable.

Je n'entrerai pas aujourd'hui dans l'histoire de la migraine ophlhalmique, c'est un sujet qui nous occupera d'une façon toute spéciale, quelque jour. Je vous rappellerai seulement que, dans un accès vulgaire de migraine oplhalmique, nettement caractérisée, on voit se manifester, dans le champ visuel, une figure lumineuse, d'abord circulaire, puis demicirculaire, en forme de zigzag, ou de dessin de fortification.

mGBAlME OFBTHAUUOUE 7S

agitée d'un mouvement vibratoire très rapide, image tantôt blanche, phosphorescente, tantôt offrant des teintes jaunes, rouges ou bleues plus ou moins accentuées. C'est là ce qu'on appelle le scotome scintillant {Fig. 12).

Le scotome fait place souvent à un défaut temporaire hémianopsique du champ visuel, qui fait que Ton n'aperçoit plus que la moitié des objets.

L'examen campimétrique, très utile en pareil cas, fait reconnaître un défaut hémianopsique, en général homonyme et latéral, qui ne s*étend pas habituellement jusqu^au point de fixation (Fiy. 13).

Tout cela est suivi d'une douleur dans la tempe correspondante au côté où se fait le défaut visuel ou le spectre, et l'œil du même côté est le siège d'une douleur de tension qui rappelle quelquefois ce qu'on éprouve dans le glaucome aigu ^ Des vomissements terminent la scène, et tout rentre dans Tordre.

Telle est la marche ordinaire des phénomènes, dans la migraine ophthalmique simple. Dans d'autres cas de migraine, dite accompagnée, on voit s'ajouter d'autres troubles variés, sur lesquels Piorry a, le premier, appelé l'attention*. C'est, par exemple, un engourdissement de la main ou d'un côté de la langue, une aphasie, ou un embarras de la parole temporaire, des attaques épileptiformes, etc. '.

Or, même dans ces formes plus graves, la migraine peut s'établir à l'état de moladie, ou mieux d'indisposition habituelle, et même avec des retours fréquents, n'être suivie, après 10, 42, 43 ans, d'aucune conséquence grave. Mais n'al-

i. Dianoux. — Scotome scintillant ou amaurose partielle temporaire. Thèse de Paris, 1875.

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