‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot. t.1- (volume 2)Chapitre 131 sur 166 · Observation recueillie par M. Berbèz, interne du service · texte numérisé non relu

Observation recueillie par M. Berbèz, interne du service

ii42 APPENDICE

bras à laquelle il s*altelail, tandis que le ûU de sa patronne, jeune Conr..., l'aidait en poussant par derrière.

C'est en revenant de Saint-Gloud, dans ces conditions-là, que le 21 octobre 1885, vers 6 heures du soir, survint Taccident qui Ta mis dans Tétat où nous le voyons aujourd'hui. Ce soir-là, sur le cours la Reine, Le Log... suivait, traînant sa voiture, la voie d'aller du tramway entre la voie de retour et le trottoir qui longe la Seine ; il faisait à peu près nuit. Il était parvenu à la hauteur da pont des Invalides, lorsque tout à coup vint fondre sur lui, courant à fond de train, une lourde voiture de blanchisseur très •chargée, conduite par des gens ivres. La roue de la voiture à bras fut accrochée et Le Log... violemment projeté sur le trottoir <l*où il a été relevé absolument sans connaissance. Le cheval de la voilure du blanchisseur n'a pas touché Le Log... et les roues de <;etle voiture ne lui ont pas passé sur le corps. Il ne portait pas de plaie apparente ; il n'y a pas eu de sang répandu. Placé dans sa propre voiture c^ bras. Le Log... fut conduit chez un pharmacien d'abord, où il est resté environ 20 minutes, et, de là, toujours sans connaissance à l'hôpital Beaujon.

Les détails qui précédent ont été donnés par le jeune Conr..., et confirmés d'ailleurs par un nommé L..., gardien de la paix du poste du palais de l'Industrie, présent au moment où Taccident €sl survenu. Ce récit est bien différent de celui que donne Le Log.., lui-même, quand on l'interroge à ce sujet. // s^est fait sur la façon dont C accident a eu lieu une légende à laquelle il croit fermement et dont toutes les circonstances se présentent de temps en temps dans ses rêves. La voiture du blanchisseur arrive de loin avec un grand fracas ; le cheval fond droit sur lui et lui donne de la tête daiisla poitrine. Il tombe, sentsa tête heurter le sol et enfin, la lourde voiture lui passe sur le corps^ au niveau de la partie supérieure des cuisses, — En général, à ce moment du rêve, le malade se réveille en sursaut et poussant des cris. A riIôtel-Diea et ici même, à la Salpôtrière, on l'a plusieurs fois entendu s'écrier : « Arrêtez, ne fouettez pas le cheval, if va m'écraser. »

En réalité, le malade a complètement perdu la mémoire d<s tout ce qui s'est passé au moment de l'accident, sur le cours la

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