MÊME MODE DE LIMITATION DANS L ÉTAT HYPNOTIQUE
et passant au voisinage de l'ombilic. — Le mode de délimitation de Tanesthésie, chez Le Log..., reproduit, au contraire, exactement la disposition correspondante qui s'observe chez une hystérique hémianesthésique hypnotisée^ lorsque, dans la période somnambulique on détermine chez elle, par suggestion, la paralysie totale du membre inférieur répondant au côté non aneslhésié {fig. 86 et 87;.
La présence des stigmates classiques et d'attaques, à la vérité, rudimentaires, mais suffisamment caractérisées, permet d'établir péremptoirement Texislence, chez le malade, du fonds hystérique. Mais on peut aller plus loin et montrer, en outre, que la paraplégie elle-même offre chez lui tous les caractères des paralysies hystériques psychiques ou mentales, comme on voudra les appeler. A Tappui de cette thèse, il convient de rappeler tout d'abord le mode de délimitation de Tanesthésie des membres inférieurs du côté de l'abdomen. En avant comme on l'a dit, la limite en question est marquée par une ligne qui passe parle pli de l'aine, réservant les organes génitaux et remontant jusqu'à l'épine iliaque, tandis qu'en arrière la ligne frontière suit l'insertion des muscles fessiers, réservant, au centre, une figure en V qui répond à la face postérieure du sacrum (/îy. 84 et 85).
Cette disposition si originale est bien différente, on le voit, de celle qui s'observe quand Tanesthésie des membres inférieurs est la conséquence d'une lésion organique en foyer siégant, par exemple, vers le milieu de la région dorsale et intéressant plus ou moins profondément la substance grise centrale. Alors, en effet, l'anesthésîe des membres inférieurs s'étendrait sur la partie inférieure de l'abdomen où elle se limiterait du côté des parties saines, par une ligne perpendiculaire à l'axe dU;iàronc, passant au voisinage de l'ombilic.
D'un autre côté, le mode de limitation de Tanesthésie, chez notre malade, reproduit, au contraire, exactement la disposition qui, — ainsi que cela résulte des nombreuses recherches
Charcot. Œuvres complètes, t. m. Système nerveux. S9
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faites par M. Charcot à ce sujet, — s'observe chez les hystériques hémianesthésiques hypnotisables, lorsque, dans la période somnambulique, ou vient k déterminer chez elles, par voie de suggestion, la paralysie motrice et sensitive totale da membre inférieur, répondant au côlé anesthésié ^ Il faut ajouter que chez Lelog..., comme chez les hystériques en question, Taneslhésie s'étend jusqu'aux parties profondes, que toutes les notions relatives au sens musculaire sont abolies et que l'impuissance motrice se montre en même temps très accentuée.
Donc, en ce qui concerne la paralysie, le cas de Lelog... ne difiière cliniquement, par aucun caractère essentiel, des cas où, :bez les hystériques hémianesthésiques hypnotisables, la paralysie des membres inférieurs a été provoquée par voie de suggestion. Cela déjà rend très vraisemblable que, dans les deux ordres de faits, le mécanisme de la production, tant de Timpuissance motrice que de lanesthésie, est le même. Or, quand chez le sujet somnambulisé on suggère par la parole Tidée d'impuissance motrice d'un membre et qu'on voit cette idée se réaliser effectivement sous la forme spéciale de paralysie qui vient d'être décrite, on ne peut guère, dans l'état actuel de la science, se refuser d'admettre que cela dépend d'une lésion dynamique aCTectant celles des zones motrices et sensitives de l'écorce grise cérébrale qui, à l'état normal, président au fonctionnement volontaire du membre. En conséquence, on est, du
1. Ainsi qu'on l'a vu pour le membre supérieur (Voir la Leçon XXI, pages 328, 340^ 341 et la Leçon XXII, passim), on peut, chez les sujets hémianesthésiques hypnotisables, pendant la période somnambulique, déterminer, par suggestion orale, ou par Tapplication d'un coup, la paralysie partielle ou totale d'un membre inférieur. Dans le cas de paralysie partielle des mouvements d'une jointure, hanche, genou, cou-de-pied, etc., l'impuissance motrice de cetle jointure entraine avec elle, à peu près nécessairement — ainsi que cela a lieu dans le membre supérieur, — l'anestbésie cutanée et profonde d'un segment correspondant du membre. Les limites qui séparent les diverses zones d'anesthésie ainsi produites, sont représentées également par dos lignes circulaires déterminant un plan fictif perpendiculaire au grand axe du membre (fig. 85, A et b).